Samedi 2 janvier 2010

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/aubonheurdesdames.jpg(Challenge ABC 2009, lettre Z - 24ème livre lu, en retard)

Résumé :
Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s'amoncellent, éblouissants, délicats, de faille ou de soie. Tout ce qu'une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d'enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace. Zola fait de la jeune fille et de son puissant patron amoureux d'elle le symbole du modernisme et des crises qu'il suscite. Zola plonge le lecteur dans un bain de foule érotique. Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie : les fourmillements de la vie.

Mon avis : Emile, je t'aime. C'est ce que j'ai pensé en lisant ce roman. Pourtant, ça n'était pas gagné : certes, j'avais entendu beaucoup de bien de cette œuvre, mais au départ le résumé ne me tentait pas du tout.... les histoires où il est question de commerce, très peu pour moi, me disais-je. Mais j'ai l'impression à présent qu'Emile pourrait me parler d'à peu près n'importe quoi, il arriverait à me captiver ! Ce qui m'a plu au départ, bien plus que le cadre (qui est essentiel), c'est l'histoire de ces trois gamins débarqués à Paris sans le sou : Denise, 20 ans, toute chétive et maternelle, son frère Jean, un bel adolescent, et Pépé, l'adorable petit. Quand on apprend  (au tout début) que Baudu, un des commerçants que Le Bonheur des Dames ruine, est l'oncle de Denise, je me suis dit aïe aïe aïe : il était évident que notre héroïne, qui cherche une place de vendeuse, allait devoir faire son choix, entre les petites boutiques traditionnelles, et le grand magasin.
J'ai eu donc peur pendant un instant que l'auteur nous offre une vision manichéenne du commerce de l'époque, avec le Bonheur des Dames comme grand méchant loup d'un côté, et les petites boutiques au bord de la faillite comme des victimes qu'il faut plaindre, de l'autre. Heureusement, Zola a eu la très bonne idée de nous offrir quelque chose de beaucoup plus subtil ; loin de diaboliser le Bonheur des Dames (qui est cependant plusieurs fois qualifié de "monstre" à cause de son gigantisme), il en décrit le charme à la perfection, et même moi qui ne suis guère une adepte du shopping, je me suis prise à rêver chiffons pendant ma lecture ! On comprend donc bien vite que Denise est du côté du grand magasin, tout en gardant du respect et de la compassion pour le camp adverse, ce qui nous donne un tableau très humain de l'ensemble. Les nombreuses descriptions, loin de m'ennuyer, m'ont séduite, et j'admire le talent de portraitiste de Zola qui est quelques mots parvient à nous présenter un personnage, toujours différent de tous les autres.
Ce roman confirme donc mon amour pour Zola, que j'admirais déjà énormément pour Thérèse Raquin et l'Assommoir (j'avais aussi lu Germinal, je l'avais aimé mais avais eu un peu de mal à le lire quand même, je pense que j'étais trop jeune pour l'apprécier, il faut que je le relise !) J'ai été peut-être un peu moins captivée par la fin, qui est quand même assez prévisible : mais je garderai de ce roman un souvenir enchanté, ne serait-ce que grâce du style de Zola ! Un jour je pense que je reprendrai les Rougon-Macquart dès le début, pour tous les lire, et dans l'ordre :p

Samedi 2 janvier 2010

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Matildacopie1.jpg(pour voir l'article de Raison-et Sentiments qui correspond
à la naissance de ce challenge cliquez sur l'image)


Progression de ce challenge : 9/14 (juillet 2010)

Oui je sais, j'avais dit que je ne m'inscrirais pas à d'autre challenge cette année ; mais celui-ci c'est différent, car il est sans limite de temps ! C'est Mlle Raison-et-Sentiments (qui a pour pseudo Matilda sur Livraddict, comme c'est étrange ! ^^) qui a eu cette charmante initiative ; ce challenge a été inspiré par un extrait du célèbre livre de Roald Dahl, (voir ci-dessous) et en voici les règles :

- Lire Matilda de Roald Dahl.~> LU
- Lire tous les livres de la liste ci-dessous.
- Faire un article sur son blog pour ce challenge.
- Il n'y a pas de limite de temps (de 1 à 99 années)
- Faire si possible un article sur chaque livre lu.
- S'amuser !

Tous les billets des participants sur les livres du challenge sont répertoriés ICI.
Et voici le fameux extrait :


"Au cours des six mois suivants, sous l'œil ému et attentif de Mme Folyot, Matilda lut les livres suivants :

Nicholas Nickelby, de Charles Dickens
Oliver Twist, de Charles Dickens
~> LU
Jane Eyre, de Charlotte Brontë ~> LU
Orgueil et Préjugés, de Jane Austen ~> LU
Tess d'Urberville, de Thomas Hardy ~> LU
Kim, de Rudyard Kipling
L'Homme invisible, de H.G. Wells
~> LU, à relire
Le Vieil Homme et la Mer, d'Ernest Hemingway ~> LU
Le Bruit et la Fureur, de William Faulkner ~> LU
Les Raisins de la colère, de John Steinbeck
Les bons compagnons, de J.B. Pristley
Le rocher de Brighton, de Graham Greeene
La ferme des animaux, de George Orwell
~> LU

C'était une liste impressionnante et Mme Folyot était maintenant au comble de l'émerveillement et de l'excitation, mais sans doute fit-elle bien de ne pas donner libre cours à ses émotions. Tout autre témoin des prouesses littéraires d'une si petite fille se serait sans doute empressé d'en faire toute une histoire et de clamer la nouvelle sur les toits, mais telle n'était pas Mme Folyot."
{Extrait de Matilda de Roald Dahl.}

Samedi 2 janvier 2010

http://a10.idata.over-blog.com/300x451/2/90/59/74//Laurence.jpg(image : photo prise par Laurence, l'une des participantes, pour le Read-A-Thon)

Qu'est-ce que c'est ?

Un défi livresque bien particulier, puisqu'il s'agit d'un marathon de lecture. Les personnes inscrite à ce défi devront lire, lire et lire pendant 12 heures (Mini RAT) ou 24h (Big RAT), tous en même temps - le jour est choisi bien à l'avance.

J'ai manqué la première édition française de ce défi (qui existe déjà depuis un bon moment à l'étranger à ce qu'il paraît), mais la prochaine est le 20 février 2010, et je compte bien y participer !

Le but du jeu est de lire le plus de pages possible, à la fin un classement est fait et les gagnants ont la joie de recevoir un livre (du moins c'est ainsi que cela s'est passé la première fois). J'avoue qu'au départ, je n'étais pas convaincue, c'était surtout le fait qu'il y ait un côté "compétition" puisqu'on compte le nombre de pages qui me gênait. Mais en lisant tout le déroulement du précédent Read-A-Thon, je me suis vite rendu compte que ce n'était pas vraiment l'essentiel pour les participants, le plus important étant surtout de tenir, de jouer le jeu, j'ai apprécié la bonne ambiance qui semble se dégager de tout cela ! Tout au long de cette journée de folie que constitue le Read-A-Thon, les participants ont la possibilité de laisser leurs impressions, de participer à des petits jeux sur le blog du Read-A-Thon (quizz....) et ils sont soutenus par les Cheerladers (des blogueurs qui ne participent pas mais qui encouragent les valeureux "Read-A-Thoniens" ! ^^)


Pour plus d'infos, pour voir le premier Read-A-Thon
et surtout pour vous inscrire, rendez-vous sur le
Blog Officiel du Read-A-Thon !
>
http://readathon.over-blog.com <

Et rendez-vous le 20 février ! :p


http://idata.over-blog.com/2/90/59/74//Photo0067.jpg

Dimanche 3 janvier 2010

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/dubruitdanslesarbres.jpgQuatrième de couverture : "Ils vont sonner et sans leur demander de décliner leur identité je vais ouvrir. Ce sera très bref, je les accueillerai en leur disant que je n'ai rien à dire, que je vais mourir bientôt, qu'il n'est rien dans ma vie que je regrette, aucune action, aucune parole, et là chacun reconnaîtra les siens, et que tout se trouve dans mes livres. Je leur dirai que rien aujourd'hui ne me semble avoir plus d'importance que le bruit du vent dans les arbres, que la seule chose au monde que je regretterai à l'instant où j'en terminerai avec cette comédie de la vie ce sera cela. "
Norwich Restinghale, vieux poète reclus, reçoit un photographe et un critique à l'occasion de la publication d'une nouvelle après presque dix ans de silence. Infréquentable, maniaque, capricieux et misanthrope, l'écrivain connaît ses interlocuteurs puisqu'il fut l'amant de la mère du photographe, qui s'est suicidée après cette tragique relation, et sujet de la thèse avortée du second. Un roman polyphonique drôle et cinglant, sans concession, ni pour l'université, ni pour la critique.

Mon avis : Pour un cours de "théorie littéraire" je suis censée lire plusieurs romans réflexifs, où il est question de littérature, d'écriture, dont celui-ci, et nous devrons faire des exposés à partir de ces livres (j'ignore encore les modalités de ces exposés). Et ma foi pour le moment je ne sais pas trop ce que je vais faire de ce bouquin en lien avec ce cours, certes il est question d'un écrivain, de son œuvre, de ce qu'il choisit d'en dire, de son mépris de la critique et des universitaires, mais cela me semble un peu secondaire, ce n'est pas ça en tout cas qui fait le charme de ce roman à mes yeux.
Ce roman est court (111 pages), et on y retrouve un procédé d'écriture qui en général ne me plaît guère : l'alternance des points de vue, chaque chapitre nous offre successivement le point de vue de Georges, le "thésard avorté", de Paul, "le fils éploré" et de Norwich Restinghale, vers qui tous les regards se tournent. Comme chaque chapitre est court, les différents points de vue s'enchaînent, un peu trop rapidement à mon goût ; j'ai eu l'impression au début surtout, qu'on changeait de narrateur alors même que je commençais à peine à m'habituer au précédent ! Ce qui explique que j'ai eu un peu de mal à apprécier les premiers chapitres, après je me suis habituée, et ça ne m'a plus posé de problème.

La quatrième de couverture nous laisse à penser que la rencontre entre les trois personnages est le centre du roman, alors que ce n'est pas le cas : j'ai attendu un moment cette fameuse rencontre avant de me rendre compte qu'en fait, ce n'était pas ce qui importait : l'essentiel, c'est les circonstances de cette rencontre, et les souvenirs qu'elle fait ressurgir. Paul et Georges revivent mentalement les évènements en lien avec l'auteur, et c'est Norwich Restinghale lui-même qui vient tout démonter en livrant ses propres souvenirs, ses propres pensées sur ces évènements qui, comme il le devine avec raison, préoccupent les deux autres alors qu'ils s'apprêtent à le rencontrer.

J'ai été troublée par les similitudes que j'ai trouvées entre ce roman et Hygiène de l'assassin d'Amélie Nothomb : dans ces deux romans, il est question d'un écrivain misanthrope et énorme, qui vit en ermite depuis longtemps, et qui va enfin être interviewé de façon exceptionnelle ; et dans les deux œuvres, l'écrivain a une sœur aimée, morte trop tôt dans des circonstances mystérieuses. Il faudrait peut-être que je relise Hygiène de l'assassin pour mieux juger de ces ressemblances, mais j'ai quand même du mal à croire à une pure coïncidence, et je ne sais qu'en penser ! Le personnage de Laurie, la petite voisine handicapée plus intelligente qu'il n'y paraît, et que l'écrivain prend en amitié, est un personnage marginal et mystérieux comme Amélie Nothomb les affectionne, et elle serait tout à fait à sa place dans un des romans de cette dernière.

Du bruit dans les arbres est un roman finalement assez riche et plaisant, et que je relirai sûrement (et peut-être bientôt si je le choisis pour mon exposé) ; je ne l'ai pas trouvé "drôle ni cinglant" (ou alors j'ai rien compris ?), je parlerai plutôt d'ironie du sort, parce que cette rencontre entre trois êtres qui ont à la fois tant et si peu en commun est assez improbable et extraordinaire, et la fin m'a laissée méditative, puisqu'elle semble justifier tout le reste, tout en étant étonnante, vu la personnalité de l'écrivain on ne s'attendait pas à ça... ce qui correspond bien toutefois à l'esprit de l'ensemble du roman, tout peut surprendre finalement car les choses sont souvent différentes de ce que l'on croit, et une partie de la réalité reste toujours cachée... la citation suivante m'a frappée et je pense assez bien cette idée : "La réalité des faits est quelque chose d'illusoire, la seule réalité c'est ce qu'on en dit, ou la façon dont on veut bien la considérer."

Mardi 5 janvier 2010

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/gamines.gifChallenge ABC 2010, 1er livre lu ♦

Quatrième de couverture :
- Qu'est-ce que tu faisais dans la chambre de maman ?
- J'ai volé une photo. Une toute petite photo.
- Tu lui ressembles tellement, a dit ma sœur.
J'ai mis la photo dans la poche de mon jean. Je me suis assise dessus pendant trente ans.
- La photo est ressortie de ma poche! j'ai dit à mes sœurs. J'ai vu l'homme de la photo !
- Qui ?
- Celui qui porte le même nom que nous, le même nom que moi. Ce n'est pas une photo, c'est un homme !
J'ai donc un père. Que dois-je faire? Trente ans que je réponds: « Je n'ai pas de père. Je n'ai qu'une photo. » Devant les mines compatissantes, je réponds depuis trente ans : « Je n'ai pas de père, mais je m'en fiche, c'est comme ça. »

Mon avis : Sylvie Testud est une comédienne que j'ai découverte dans Stupeur et tremblements, l'adaptation cinématographique du livre d'Amélie Nothomb réalisé par Alain Corneau, et dans le rôle d'Amélie elle m'a vraiment bluffée, sous son personnage on sent une forte personnalité, pétillante, d'une maladresse attachante, et qui ne mâche pas ses mots. Quand on lit ce roman, et quand on connaît un minimum sa biographie, on s'aperçoit immédiatement qu'il s'agit d'un livre autobiographique. Mais Sylvie joue avec son lecteur puisqu'elle écrit en avertissement : "Cette histoire est une fiction. Elle est librement inspirée de la vie d'une petite fille. Je ne sais pas qui ça peut être. Pas du tout. Toute ressemblance avec des personnes existantes est un peu un hasard." Par jeu, par provocation, par ironie, pour se sentir plus libre de broder ? Sans doute aussi parce qu'elle veut bien montrer qu'il s'agit de littérature et pas du tout d'une de ces confessions sulfureuses que publient sans cesse toutes sortes de people pour faire du fric, on en est très loin ici !

J'ai commencé ma lecture en pensant que c'était réellement une fiction, et j'ai  séduite par le ton employé, tour à tour joyeux et grognon... J'aime beaucoup les styles "enfantins" comme celui-ci, qui dénotent une vision très personnelle et un peu naïve du monde, différente de notre regard adulte un peu formaté par les années, ne serait-ce parce que, contrairement aux enfants, nous utilisons sans y penser un langage "standard" où les expressions imagées ne nous étonnent plus, nous les utilisons sans plus songer à leur sens premier, qui est pourtant savoureux, comme le montre le style de Testud ! Je me suis très vite sentie embarquée dans le quotidien de ses trois sœurs complices tout en se chamaillant, qui vivent seules avec leur mère qu'elles adorent et font tourner en bourrique ! J'ai vraiment trouvé ça drôle, original, plein de fraîcheur, très vivant, un délice !

Premier petit regret : on bascule d'un coup de leur enfance à l'âge adulte, et cela m'a un peu frustrée, j'aurais aimé assister à leur adolescence ! La seconde partie est plus grave, moins rigolote, plus émouvante, puisque nos "gamines" vont enfin essayer de résoudre l'énigme que constitue leur père, ce fameux père objet de tant d'obsessions enfantines, un inconnu absent depuis toujours ou presque, et dont le nom même a toujours été tabou sous le toit maternel. Hélas, cette partie m'a beaucoup moins plue : elle est plus sombre, moins rythmée, et sans doute à l'image de ce qui s'est passé réellement, elle m'a paru décevante. J'ai donc un avis un peu mitigé sur ce roman, mais je vous le conseille tout de même car le récit de leurs enfance est excellent, et la personnalité étonnante de l'actrice, qui transparaît dans tout le roman, offre un style savoureux !

(tiens, mes avis ont tendance à s'allonger ces dernier temps, et je ne sais pas pourquoi !?)

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"C'est presque tout que de savoir lire." Alain

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