Lundi 3 août 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/leperegoriot.jpg~> CHALLENGE ABC 2009, lettre B - 14ème livre lu <~

Résumé : Étudiant désargenté, Eugène de Rastignac est monté à Paris pour y faire son droit et y acquérir gloire et pouvoir. Il loge dans une pension miteuse et rencontre le père Goriot. Ancien négociant, il s'est ruiné pour ses filles qui, après leur mariage, ne lui témoignent qu'indifférence et mépris. Rastignac est alors confronté aux calculs sordides et à la noirceur du coeur humain. Il tire de cette expérience un sentiment de fatalité mais aussi une formidable volonté de conquête.

Mon avis : une superbe surprise ! Jusqu'ici, je n'avais lu de Balzac que le Colonel Chabert, oeuvre qui m'avait si peu touchée à l'époque où je l'avais lue (un peu avant la création de ce blog) que je ne l'ai jamais évoquée ici ; et la nouvelle Le Chef d'oeuvre inconnu, qui m'avait plu, mais j'avais trouvé que le style de Balzac rendait la lecture un peu difficile.... mon avis a bien changé à ce sujet à présent ! Les seules descriptions vraiment détaillées et un peu longues se situent au début, et elles sont bien utiles, puisqu'elles nous présentent tous les personnages de la Maison-Vauquer... ensuite, je ne me suis plus du tout demandé si les descriptions étaient longues ou pas, tellement j'ai été emportée par cette histoire terrible ! Dans ce roman, Balzac nous montre à la fois tout l'amour (paternel, en l'occurrence), dont un homme peut être capable, et toute la cruauté de la société parisienne... et de l'âme humaine en général. Je n'ai pas pu lire ce livre d'une traite, et tout le temps où je suis restée sans lire, j'y pensais et j'avais hâte de reprendre ma lecture ! Un roman qui m'a vraiment bouleversée, qui m'a réconciliée avec Balzac, et pour vous donner une idée, dites-vous qu'il m'a fait à peu près le même effet que l'Assommoir  que j'ai lu l'été dernier... bref, je vous le conseille absolument !

Lundi 3 août 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/407758630Ljpg.gifQuatrième de couverture : À la fin du XVIIIe siècle, un vallon ensommeillé sur les bords de l'Hudson où vit une paisible communauté d'origine hollandaise... La légende qui s'y colporte d'un fantômatique cavalier furieux vient à menacer la quiétude de ses habitants. On raconte qu'il décapite dans sa course folle tous ceux qu'il rencontre, et lui-même serait sans tête...
Sur un ton parodique, Washington Irving (1783-1859) brocarde un rêve américain qui tourne rapidement au cauchemar. La Légende du Cavalier sans tête constitue une surprenant mélange d'enchantement et de fantastique.
Tim Burton s'est approprié cet univers pour en donner une version très noire dans son film, Sleepy Hollow.


Mon avis : J'adore le film de Tim Burton et j'ai donc lu cette nouvelle de 70 pages par curiosité, pour voir quelles sont les différences entre le livre et le film, et j'ai été bien étonnée ! Le fait d'illustrer cette nouvelle avec une image du film n'a pas beaucoup de sens tant les deux oeuvres sont différentes ! Les personnages, tout comme l'intrigue, n'ont rien en commun ou presque : il n'y aucun meurtre, le Cavalier sans Tête a peu d'importance dans la nouvelle, Ichabod Crane n'est en aucun cas un détective moderne venu de New York, il n'est qu'un instituteur peureux vivant à Sleepy Hollow (qui est appelé "le Val Dormant"), Katrina n'est pas amoureuse de lui, etc. Je ne peux donc que saluer l'extrême inventivité de Tim Burton et des scénaristes !

Pour autant, loin de moi l'idée de déprécier la nouvelle de Washington Irving, qui a son intérêt, mais il est assez inutile d'essayer de la juger exclusivement sur la base d'une comparaison avec le film... autant l'univers de Burton est noir, autant la nouvelle nous laisse voir un univers, certes un peu étrange, mais surtout très pittoresque, avec une narration plutôt légère (l'auteur porte un regard assez ironique sur Ichabod lorsque celui-ci se met en tête de séduire Katrina...), et des descriptions savoureuses de paysages, de bons petits plats... et si la fin est assez sombre et nous laisse perplexe, la tonalité générale de la nouvelle est plutôt bucolique, avec ici et là quelques touches de merveilleux. Un style intéressant, j'aimerais lire d'autres œuvres de cet auteur que je ne connaissais absolument pas.

Lundi 3 août 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/51PXE1DCB5LSS500.jpg~> CHALLENGE ABC 2009, lettre O - 15ème livre lu <~
[ Matilda's Contest ]

Quatrième de couverture : Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Boule de Neige et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement :
" Tout ce qui est sur deux jambes est un ennemi. Tout ce qui est sur quatre jambes ou possède des ailes est un ami. Aucun animal ne portera de vêtements. Aucun animal ne dormira dans un lit. Aucun animal ne boira d'alcool. Aucun animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux. " Le temps passe. La pluie efface les commandements. L'âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer :
" Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d'autres. "

Mon avis : Un livre tout simplement... effrayant ! Les animaux, ne supportant plus le joug des hommes, font la révolution, mais le nouveau régime, idéal au départ, devient progressivement une dictature, et tout cela est si crédible, si facilement transposable au monde des humains... mi-fable mi-science-fiction, ce livre, tout en étant divertissant et facile à lire, nous livre un message pessimiste et très frappant ! Court et culte, je le conseille à tous.... (j'ai même envie d'inciter mon petit frère de 13 ans à le lire, c'est dire...)

Samedi 8 août 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/hadrien.jpg
~> CHALLENGE ABC 2009, lettre Y - 16ème livre lu <~

Quatrième couverture : Marguerite Yourcenar trouva un jour cette phrase, dans la Correspondance de Flaubert : "Les dieux n'étant plus, et le Christ n'étant pas encore, il y a eu, de Cicéron à Marc, Aurèle, un moment unique où l'homme seul a été." Et l'auteur de Mémoires d'Hadrien ajoute : "Une grande partie de ma vie allait se passer à essayer de définir, puis à peindre, cet homme seul et d'ailleurs relié à tout." Traduit dans seize langues, salué par la presse du monde entier, Mémoires d'Hadrien n'a jamais cessé, depuis sa publication en 1951, d'entraîner de nouveaux lecteurs vers cet empereur du IIe siècle, "cet homme presque sage" qui fut, en même temps qu'un initiateur des temps nouveaux, l'un des derniers libres esprits de l'Antiquité.

Mon avis : J'ai mis du temps à le lire car les passages traitant strictement de la politique romaine ne m'ont que moyennement intéressée ; l'évocation du début du règne d'Hadrien m'a même franchement barbée... mais d'autres aspects de cette œuvre ont finalement largement compensé ce moment d'ennui ! L'illusion autobiographique est parfaite, et j'ai dû plusieurs fois me raisonner pour me souvenir qu'Hadrien n'est pas l'auteur de ce livre... J'ai apprécié la personnalité de cet empereur, son héllénisme, son humanisme, et sa lucidité. Et toutes les pages où il est question de son amour pour Antinoüs m'ont bouleversée, elles sont magnifiques !!! Je pense que c'est cet aspect qui me marquera le plus, personnellement... je vous conseille ce livre, quitte à sauter les passages les plus "historiques" qui peuvent ne pas plaire à tout le monde.


Citations : "Qu'est la volupté elle même, sinon un moment d'attention passionnée au corps ?"

"Notre grande erreur est d'essayer d'obtenir de chacun en particulier les vertus qu'il n'a pas, et de négliger de cultiver celles qu'il possède."

Lundi 10 août 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/lamiretrouve.jpg~> CHALLENGE ABC 2009, lettre U - 17ème livre lu <~

Quatrième de couverture : Agé de seize ans, Hans Schwarz, fils unique d'un médecin juif, fréquente le lycée le plus renommé de Stuttgart. Il est encore seul et sans ami véritable lorsque l'arrivée dans sa classe d'un garçon d'une famille protestante d'illustre ascendance lui permet de réaliser son exigent idéal de l'amitié, tel que le lui fait concevoir l'exaltation romantique qui est souvent le propre de l'adolescence.
C'est en 1932 qu'a lieu cette rencontre, qui sera de courte durée, les troubles déclenchés par le vanue de Hitler ayant fini par gagner la paisible ville de Stuttgart. Les parents de Hans, qui soupçonnent les vexations que subit le jeune homme au lycée, décident de l'envoyer en Amérique, où il fera sa carrière et s'efforcera de rayer de sa vie et d'oublier l'enfer de son passé. Ce passé qui se rappellera un jour à lui de façon tragique.

Mon avis : J'ai apprécié la relation d'amitié qui unit Hans et Conrad, elle m'a rappelé celle, tout aussi touchante, qui est décrite dans Aliocha de Henri Troyat. Même si la dénonciation des horreurs de la Seconde Guerre Mondiale est au coeur du récit, elle reste à l'arrière-plan de la vie des protagonistes, c'est pourquoi ces personnages semblent si naturels, si réalistes : les deux amis ont leur univers à eux, peuplé de collections de pièces de monnaie,  de discussions littéraires enthousiastes... on sent bien que la politique ne fait pas partie de leurs préoccupations majeures ! Et ce n'est que très progressivement qu'on voit l'Histoire entrer dans leur vie pour tout détruire sur son passage... la fin m'a beaucoup touchée.

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"La lecture, une porte ouverte sur un monde enchanté." François Mauriac

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