Vendredi 4 septembre 2009

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~> CHALLENGE ABC 2009, lettre M - 19ème livre lu <~

Quatrième de couverture : Usbek, un grand seigneur persan intelligent et désabusé, accompagné de son jeune ami Rica, plus malléable et enthousiaste, vient à Paris afin de découvrir les secrets et l'art de vivre du monde occidental. Les mœurs, les caractères, les types sociaux, le décor et la vie - tout les surprend et les pousse au parallèle avec leur propre monde. Puis, une fois surmonté le premier désarroi, cette société nouvelle révèle peu à peu ses fondements et ses lois, mais également ses drames. L'étranger d'abord étonné devient observateur politique, philosophe et quasi-sociologue avant l'heure : " Comment peut-on être persan ? " Si dès leur parution en 1721, les Lettres persanes rencontrent un considérable succès, c'est qu'au-delà du roman par lettres ce livre étrange et neuf est une chronique politique en même temps qu'un journal de voyage. C'est aussi un essai de morale, mais convenons qu'en Montesquieu le moraliste est gai, et que le ton de ses lettres est volontiers narquois. Voltaire, ainsi, a pu juger que, dans cet " ouvrage de plaisanterie ", " plein de traits annoncent un esprit plus solide que son livre ". En réalité, le livre est aussi solide que l'esprit car la leçon du roman est que l'impertinence est libératrice : l'écrivain accepte le monde où il vit, mais refuse d'en être la dupe.


Mon avis : difficile de juger cette lecture en la réduisant à une seule impression : autant certaines lettres m'ont beaucoup touchée, intéressée, fait sourire, autant d'autres m'ont laissée froide, je ne pense pas non plus les avoir toutes comprises ! Disons qu'en général, j'ai préféré les lettres parlant des femmes, des défauts des hommes, de la société en général, à celles traitant de politique et de religion ; j'ai admiré les arguments qu'a exposé l'auteur, notamment au sujet de la liberté des femmes ; jusqu'ici je n'avais réussi à envisager des arguments positifs justifiant la séquestrations de femmes dans des sérails, et même si je juge encore maintenant cette pratique assez ignoble, je me rends compte qu'il y a bien des façons différentes de voir les choses, au cours de ma lecture j'ai maintes fois été étonnée ; toutes les lettres parlant du sérail m'ont vraiment passionnée, en fait ! Il y a 150 lettres en tout, qui restent brèves (rarement plus de deux-trois pages, celles qui sont plus longues contiennent des histoires, des anecdotes la plupart du temps légères et divertissantes) ; on passe d'un sujet à l'autre sans transition, c'est donc très varié, il y a pas mal de destinataires différents, vers la fin je peinais un peu, finissant par trouver tout cela un peu décousu, étant lassée par certains sujets ; je pense que je relirai les Lettres Persanes quand j'aurai fini mes études, en étalant cette lecture sur plus longtemps, pour mieux savourer chaque lettre et ne pas avoir une impression de "saturation" vers la fin.

Samedi 5 septembre 2009

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Quatrième de couverture :
Un homme rattrapé par l'âge s'inquiète de ce qui lui reste d'aptitude au plaisir. Lors d'un voyage dans la région de Naples, jadis fameusement vouée aux délices (l'amour, le vin, la poésie...), il rencontre un couple dont la liberté le fascine - même s'il doit s'avouer que le fascine surtout la jeune femme, double à ses yeux des belles voluptueuses que l'on peut contempler sur les fresques des villas romaines d'alentour. Amusés - et troublés - par le désir hors saison de ce passant tardif, ces deux-là l'ont baptisé le Faune...
Alternent pages du Journal que tient le vieil homme et épisodes de la vie du couple avec lequel il finira par se lier. Eros accompagne ce trio. mais comme en sourdine: les esprits, quoi qu'on dise, se parlent plus vite que les corps... Qui est vieux ? Qui est pervers. innocent ? Qui est sincère, on rusé ? Et surtout: est-il sage de renoncer à ce qui n'est plus pour nous et qui passé certaine limite de la vie (mais quelle limite ?), semble perdu d'avance ? Poccioni se garde bien de répondre à ces questions. L'essentiel pour lui est dans la façon de les poser: loin de tout discours univoque. entre tristesse et enchantement. Où il rejoint Rilke. autre voyageur émerveillé par la beauté de ce qui n'est plus et, plus loin encore, par la richesse que ne cesse de nous apporter tout ce qui nous manqué.


Mon avis : un roman avec une atmosphère bien particulière, pleine de nostalgie (un peu trop de vin à mon goût, mais bon), le personnage du héros est bien sympathique, on s'attache à lui, on assiste, d'un côté à son progressif renoncement, son acceptation de sa vieillesse, et de l'autre, à ses sursauts de vie, ses désirs de rencontres, et surtout de sexe. J'ai préféré la partie "journal" du roman, ce que le vieil homme dit de son journal correspond assez bien au rôle que j'attribue moi-même à un journal intime. Mais j'ai été un peu déçue, je pensais que le voyage à Naples occuperait une bien plus grande partie du roman...  j'ai eu un peu l'impression d'attendre tout le long quelque chose qui n'est jamais arrivé, le couple m'a paru plus banal que ce que le laissait présager la quatrième de couverture... un récit finalement plutôt doux, qui m'a laissé une sensation de tristesse, et je ne sais que penser de la fin, je ne m'attendais pas du tout à ça !  Et bien sûr, cela m'a fait un peu bizarre de lire ce roman, car l'auteur a été mon professeur de français, et professeur principal au collège, et, j'ai trouvé une certaine cohérence entre sa personnalité telle que je la connais et sa façon de raconter, impression que j'avais déjà eu en lisant Un garçon en ville, une autre de ses œuvres.

Extrait : "Il faut obligatoirement commencer un journal intime par une confession compromettante. C'est un baptême, un passage initiatique qui donnera d'emblée à la démarche sa valeur. Il faut se prouver qu'on est prêt à poser sur la page des souvenirs ambigus, des faits dont nulle fierté ne vient dorer les contours, enjoliver le résultat final."

Dimanche 6 septembre 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/refletsdansunoeildor.jpgQuatrième de couverture : Au début du siècle dernier, dans une garnison isolée du sud des Etats-Unis, le hasard tisse entre deux femmes et trois hommes des relations singulières. Rapports d'autorité, problèmes et conflits sexuels sont au cœur de l'intrigue que Carson Mc Cullers développe avec cette exquise subtilité qui lui est propre. Coloré tour à tour de lyrisme, de suspense et d'humour, ce roman bref et dense dévoile les modalités d'un drame imputable moins au hasard des situations qu'à la psychologie des personnages et aux ressorts inconscients qui inspirent souvent notre conduite à tous.

Mon avis : un livre étonnant et captivant, on a l'impression de connaître à fond ces personnages, d'être un peu les voyeurs de leurs actes les plus secrets et les plus incompréhensibles, impossible de comprendre véritablement leurs motivations, leurs pensées, et pourtant loin de me désintéresser de cette drôle d'histoire, j'ai été scotchée, parce que je me demandais vraiment ce qui allait survenir de tout cela, et pourquoi.
Chacun de ces personnages a sa place bien définie dans la société, une société bien particulière d'ailleurs, close et avec une hérarchie parfaitement établie (puisqu'il s'agit d'une garnison) : et on voit qu'au milieu de tout ce cadre qui pourrait être bien lisse et sans aventures notables, les personnalités humaines se détachent, agissent selon leur propres intérêts, qu'ils ne comprennent parfois pas eux-mêmes ; on voit toute l'hypocrisie déployée pour que ces gens parviennent à vivre ensemble malgré leurs profondes divergence, et, à l'inverse, les mystérieuses attirances entre des personnes qui n'auraient a priori rien à faire ensemble.
On voit alors la folie ordinaire de chacun, et jusqu'où elle peut mener quand chacun sort du rôle qui lui est défini... et le tout est raconté de façon si naturelle et à la fois brillante ! J'avais déjà lu Frankie Addams du même auteur, que j'avais beaucoup aimé, et j'ai vraiment envie de ne pas m'arrêter là dans mon exploration des oeuvres de Carson McCullers !

Lundi 7 septembre 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/venuserotica.jpg/!\ POUR LECTEURS AVERTIS /!\

~> CHALLENGE ABC 2009, lettre N - 20ème livre lu <~

Quatrième de couverture : Les lecteurs français du tome III du célèbres Journal d'Anaïs Nin savent qu'en 1940, sur l'instigation d'un mystérieux collectionneur, Henry Miller et Anaïs Nin écrivirent des "érotiques". Ce fut à la fois un défi, un exercice de style, un jeu ; et un moyen de gagner de l'argent dans une période où les amis d'Anaïs étaient à court. L'exigeant collectionneur demandait que l'on insiste sur le sexe, au détriment de toute poésie, ce qui choquait profondément les convictions d'Anaïs Nin, mais ne l'empêcha pas de fournir de nombreuses pagesinspirées par des lectures, des discussions, des confessions et des expériences réelles.
Longtemps, ces textes furent mis en sommeil.
"En les relisant, bien des années plus tard, je m'aperçois que ma propre voix n'a pas été complètement étouffée. Dans de nombreux passages, de façon intuitive, j'ai utilisé le langage d'une femme, décrivant les rapports sexuels comme les vit une femme. J'ai finalement décidé de publier ces textes érotiques, parce qu'ils représentent les premiers efforts d'une femme pour parler d'un domaine qui avait été jusqu'alors réservé aux hommes."
Depuis sa publication aux Etats-Unis, ce livre n'a cessé de figuré sur la liste des best-sellers et la critique a accueilli avec enthousiasme ces textes particulièrement révélateurs du talent romanesque d'Anaïs Nin.

Mon avis :  Ce livre se présente comme un recueil de nouvelles, et dans plusieurs nouvelles, on retrouve les mêmes personnages. Je pense que certaines personnes pourraient être choquées, voire même dégoûtées, car le lexique utilisé est bien évidemment très cru, les descriptions des actes sexuels occupent une grande place et dans certaines histoires il est explicitement question d'inceste, de pédophilie et de nécrophilie ; cependant, j'ai apprécié la variété de ces nouvelles, et l'humanité des personnages, et de leurs relations ; contrairement à ce que demandait le "collectionneur" qui a commandé l'écriture de ces nouvelles (et heureusement), la poésie n'est pas absente, les seniments non plus, les rapports sexuels décrits se passent souvent dans une relative tendresse, ce qui est loin d'être la norme dans la littérature érotique (je pense au marquis de Sade par exemple). Même si je n'ai pas adoré toutes les nouvelles, ça a été pour moi une lecture très troublante, et pas désagréable.

Mercredi 9 septembre 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/leroisemeurt.jpg~> CHALLENGE ABC 2009, lettre I - 21ème livre lu <~

Quatrième de couverture : Dès le lever du rideau, le Roi apprend qu'il va mourir. Avant qu'il n'accepte son sort, le spectateur rit, tremble, et pleure. Ionesco cherche à montrer l'homme ramené à sa condition fondamentale, c'est-à-dire l'homme face à l'angoisse de la mort. Le roi se meurt n'est pourtant pas une pièce triste. D'abord, parce que l'humour n'y est pas absent. Ensuite, et surtout, parce que Ionesco propose les remèdes pour sortir de la crise. Cette grande œuvre classique est une leçon de dignité devant le destin.

Mon avis : une pièce dans un style simple et fort, qui nous remet en tête le problème de la mort de différentes façons (je n'y pense pas tous les jours moi...), et le fait qu'il s'agisse de l'agonie d'un roi décrit comme tout-puissant donne un accent encore plus tragique à la pièce... au fur et à mesure de la pièce, on voit le roi dépérir en même temps que le reste du monde, on assiste à ses différentes réactions, et également aux réactions des deux reines si opposées. Dans cette pièce Ionesco nous montre l'absurdité de la vie causée par la mort, tout en montrant paradoxalement sa valeur... en ce qui concerne la forme, la pièce donne une impression de cohérence, elle est donc sans doute plus compréhensible que certaines de ses autres pièces (La Cantatrice Chauve par exemple) ; seuls quelques passages sont véritablement absurdes, et ils correspondent en général aux délires du roi.

Citation : "Pourquoi suis-je né si ce n'était pas pour toujours ?"

Vendredi 11 septembre 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/001.jpgRésumé : Un pasteur marié d'un petit pays du Jura tient un journal. Il recueille chez lui la jeune Gertrude, aveugle de naissance et idiote. Pendant plusieurs années, le pasteur fait au mieux pour élever cette pauvre jeune fille. Jusqu'au jour où il comprend qu'il est amoureux d'elle. Jacques, son fils, a deviné les sentiments de son père à l'égard de Gertrude. Le problème : il est lui-même amoureux de la jeune fille. Un roman d'amour et de raison.

Mon avis : je n'ai pas réussi tout de suite à m'immerger dans ce roman, au début ce pasteur m'a semblé un peu trop sage, trop sérieux, trop plein de bons sentiments, et le style, très soigné, manquait de fluidité à mon goût, je trouvais ça un peu sec, un peu raide ; je n'ai commencé à apprécier vraiment ma lecture qu'à partir du moment où il parvient à communiquer avec Gertrude, ce personnage m'a beaucoup plu, sa vision partielle du monde et l'évolution des sentiments des différents personnages m'a intéressée, si bien que la fin est arrivée trop vite, j'aurais bien aimé que certaines choses soient un peu plus développées ! Un bon roman, mais après un démarrage un peu décevant, j'ai eu la sensation de rester un peu sur ma faim ; cependant j'aimerais lire d'autres livres de cet auteur, et j'aimerais bien voir le film réalisé à partir de ce roman.

Mardi 15 septembre 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/onzehistoiresdesolitude.jpgQuatrième de couverture : Dans ce recueil de nouvelles, Richard Yates nous offre onze variations sur un même thème : la solitude. Solitude de l'enfant à l'école (Docteur jeu de quilles) ; de l'homme à l'armée (Quand Jimmy reverra sa brune) ; solitude à deux du couple (Tout le bonheur du monde) ; solitude des vieillards malades (Fini l'an'ieux, 'ive l'an neuf). Autant de visages de ce mal moderne, autant d'aspects du talent si divers de Richard Yates.

Mon avis : J'aime, j'aime, j'aime ! Un recueil qui raconte des histoires qui pourraient être banales, si elles ne mettaient pas en lumière les failles de ces individus de façon si brillante... dans chacune de ses nouvelles, il y a un petit truc cruel qui fait que, pour diverses raisons, un personnage ne rentre pas "dans le moule", et à cause de cela il se détache de tous les autres, l'auteur nous montre avec subtilité sa différence (la solitude de chacun de ses personnages n'est pas toujours évidente, on ne la comprend parfois qu'à la fin de la nouvelle), c'est souvent cruel, souvent triste, mais c'est très juste, c'est tout à fait le genre de bouquin qui nous rend plus humain, qui nous donne envie d'être plus attentif aux autres, à leur fragilité. J'ai retrouvé dans ce recueil ce regard qui m'avait tant frappée dans La Fenêtre Panoramique.... la tonalité de ces nouvelles m'a aussi un peu fait penser au recueil de David Lodge que j'ai lu récemment, l'Homme qui ne voulait plus se lever (mais pour le coup ma préférence va à Yates !) J'ai très envie de lire tous les autres livres de cet auteur dont j'apprécie grandement la plume et la sensibilité ! (sauf qu'apparemment seuls les deux livres que j'ai lus ont été traduits en français pour le moment... -_-)

Vendredi 18 septembre 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/quandjavais5ansjemaitue.jpgQuatrième de couverture : Un roman d'amour. Raconté par un garçon de huit ans, qui dérange et boulerverse... Gil, victime de la bêtise des adultes qui transforment ses rêves en symptômes cliniques, et son amour en attentat. A cause de ce qu'il a fait à Jessica, il se retrouve à la Résidence Home d'Enfants « les Pâquerettes ». Une histoire à rire et à pleurer, dans une langue merveilleusement préservée.

Mon avis : Un livre très touchant qui nous immerge complètement dans le monde du petit Gil, monde parfois merveilleux, parfois absurde... j'adore ces livres au style si particulier où on a vraiment le point de vue d'un enfant, comme dans La vie devant soi par exemple.  L'imagination débordante du héros m'a vraiment fait retomber en enfance le temps de ma lecture, on arrête pour un moment de regarder les choses avec nos yeux d'adultes, pour preuve les fautes de Gil, au lieu de m'agacer, créent un style unique et plein de charme qui m'a aidé à me mettre à sa place et  ! En grandissant, on a tendance à oublier qui nous étions, et on ne comprend plus forcément la façon de voir le monde d'un enfant, et là, ça m'a remis certaines choses en tête, et voir l'incompréhension hostile des adultes, leur autorité arbitraire, est glaçant... chapeau à l'auteur, on sent vraiment son amour et son respect de l'enfance à travers ce livre !

Une citation qui m'a frappée : (phrase d'un adulte plus compréhensif que les autres) : "Figurez-vous qu'il s'agit d'un être humain habillé en enfant."

Lundi 21 septembre 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/woodyallen.jpgQuatrième de couverture : " Ce que je sais, en physique, c'est que pour un homme se tenant sur la berge, le temps passe plus vite que pour celui qui se trouve en bateau -surtout si ce dernier est avec sa femme. "
Dans l'erreur est humaine, Woddy Allen renoue avec un sens du décalage, de la dérision et de l'absurde qui rappelle l'esprit de ses premiers films. Avec, comme toujours, des dialogues à hurler de rire.

Mon avis : Ohlàlà, grosse déception, j'ai eu un mal fou à le finir ! Je crois que je ne suis tout simplement pas réceptive à ce genre d'humour, ce recueil m'a agacée pour de multiples raisons ; Il s'agit toujours plus ou moins du même sujet : des individus riches (ou pauvres mais persuadés qu'ils feront fortune car convaincus de leur talent) se laissent embarquer dans des histoires rocambolesques et, à cause de leur bêtise, finissent ruinés ou échappent de peu à une catastrophe ; bien sûr il ne faut pas prendre tout cela au premier degré, Woody Allen se moque clairement des personnes superficielles obsédées par l'argent, la réputation... mais c'est un milieu qui a tendance à m'indifférer (pour ne pas dire m'ennuyer) profondément. Toutes ces nouvelles sont vraiment trop répétitives, et le style, souvent alambiqué pour donner un côté pédant risible, a fini par m'incommoder, ça manque vraiment de naturel, et j'ai trouvé ça très lourd ! A de multiples reprises, l'auteur évoque des oeuvres qui n'existent pas et nous en livre de longs extraits, des scénarios notamment, mais chacune d'entre elle m'a semblé une digression trop longue, et ce n'est parfois qu'à la fin de la nouvelle que je m'apercevais qu'il s'agissait en effet de son véritable sujet.

Les seules nouvelles que j'ai vraiment appréciées sont celles qui sortent un peu du lot, comme "Ainsi mangeait Zarathoustra", et "Sans foi ni matelas", dont j'ai savouré le côté absurde très poussé, mais globalement mon impression sur ce recueil est très négative...

Extrait : "A minuit ce soir-là, sur la route d'Amarillo, Texas, deux personnes roulaient à grande vitesse à bord d'une Ford rouge. De loin, les plaques d'immatriculation paraissaient authentiques, mais à y regarder de plus près on voyait bien qu'elles étaient en pâte d'amandes. Le chauffeur avait sur l'avant-bras droit un tatouage "PAIX, AMOUR, DECENCE". Lorsqu'il remontait sa manche gauche, un autre tatouage apparaissait : "Erreur d'impression - Ne pas tenir compte de l'avant-bras droit."

Vendredi 25 septembre 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/hesitation.jpgQuatrième de couverture : " Deux futurs, deux âmes sœurs... C'était trop pour une seule personne. Je compris que ce n'était pas Edward et Jacob que j'avais essayé de réconcilier, c'étaient les deux parts de moi-même, la Bella d'Edward et la Bella de Jacob. Malheureusement, elles ne pouvaient coexister et j'avais eu tort de tenter de les y contraindre. A présent, je ne doute pas de ce que je désire, ni de ce dont j'ai besoin... ni de ce que je vais faire, là, maintenant. "

Mon avis : un tome que j'ai trouvé plus distrayant, plus amusant à lire que les précédents, malgré quelques longueurs : la perfection d'Edward (qui est sa principale caractéristique), est trop peu crédible à mes yeux pour être l'objet de mes fantasmes... en fait le fameux Edward est à mon avis le personnage le plus terne, le plus prévisible de l'histoire, et paradoxalement l'auteur s'obstine à nous infliger encore et toujours des descriptions énamourées de son buste marmoréen ou de ses prunelles d'or fondu... mais bon, cela m'a moins agacée que dans les tomes précédents, parce que, même s'il y a peu d'action, des informations sur les côtés fantastiques des personnages viennent donner un peu de profondeur à tout ça, et des obstacles viennent corser la relation de Bella et d'Edward (et heureusement sinon on s'ennuierait ferme !). Comme toujours, chaque réaction de Bella est sublimée, qu'il s'agisse de ses joies ou de ses peurs, et je ne partage guère le regard très complaisant de l'auteur sur son héroïne, que j'ai bien du mal à comprendre parfois... notamment en ce qui concerne ses réticences vis-à-vis d'une chose très importante qu'Edward lui demande.

J'aime bien la façon dont évolue Jacob, il est probablement le personnage qui m'émeut le plus, sa situation fait écho à certains de mes sentiments personnels... donc malgré tous les défauts que je viens de citer - je pense surtout que je ne serai jamais conquise par le style qui me fait souvent lever les yeux au ciel -, mon intérêt pour la saga s'accroît, cette lecture m'a bien divertie et je pense que je vais lire le quatrième et dernier tome rapidement !

Vendredi 25 septembre 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/commetouslesapresmidi.jpgQuatrième de couverture : Alieh, Rowshanak ou Raheleb sont souvent à leur fenêtre. Entre le riz pilaf aux lentilles et les pétunias, le voile et une paire de bas, le mari, les enfants, les aïeuls ou les voisines, elles guettent ce qui va venir conforter ou bousculer leurs habitudes. Au fil des saisons et des générations de femmes, flotte sur Comme tous les après-midi un parfum de mystère étrange et pénétrant. Par touches légères, prégnantes, se dessine en filigrane, parfois à la lisière du fantastique, un portrait discret mais audacieux de la femme iranienne. Par la simplicité et la sobriété de son style, Zoyâ Pirzâd épingle comme un papillon rare la fuite du temps et déjoue d'un regard incisif les pièges de la vie quotidienne.

Mon avis : toutes ces nouvelles sont très courtes, et écrites dans un style simple. J'ai vraiment apprécié cette lecture pour l'impression de sérénité qui s'en dégage... les préoccupations de ces femmes tournent le plus souvent autour de leur famille - leur mari en particulier -, leur maison, leur jardin, leur voisinage, et les tâches domestiques : a priori, cela paraît assez ennuyeux et médiocre, mais ce recueil nous aide justement à démonter ces préjugés en décrivant ce petit monde avec subtilité, en nous montrant son charme  ! Cet univers clos et calme est vivant, plein de petites anecdotes, d'amour souvent, et même de fantaisie. En nous racontant des instants de vie concrets, l'auteur nous incite à reconsidérer les choses (la vie de femme au foyer par exemple) sous un autre angle que notre point de vue occidental habituel, et j'ai trouvé ça enrichissant, et dépaysant... une très belle lecture pour moi !

Dimanche 27 septembre 2009

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Programme fixé le 24 septembre
Objectif : lire ces 31 livres avant la fin de l'année !

(j'ai conscience que je ne tiendrai peut-être pas 
j'aurais du mal à ne pas emprunter ou acheter d'autres livres !
mais bon, le but est de piocher le plus possible dans ma PAL,
qui grandit toujours plus qu'elle ne diminue...)


Actuellement : 9/31 livres (au 17 nov.)


Edit du 26 novembre : Je n'arrive pas à lire en entier les bouquins pour les cours, je n'arrive pas à m'empêcher d'emprunter des livres imprévus : j'abandonne donc ce programme de lecture, qui ne devient qu'indicatif, mais certains des titres ci-dessous alimenteront peut-être mon Challenge ABC 2010 ! ^^

PAL orléanaise :

- Nouvelles sous extasy, de Frédéric Beigbeder ¤
- Les enfants terribles, de Cocteau
- Le K, de Dino Buzzati
- Les enfants de l'aube, de Patrick Poivre d'Arvor ¤
- Chroniques martiennes, de Ray Bradbury
- L'orange mécanique, d'Anthony Burgess
- Demian, d'Hermann Hesse
- Les Diaboliques, de Barbey d'Aurevilly
- Expiation, de Ian McEwan
- Les caprices de Marianne, de Musset
- On ne badine pas avec l'amour, de Musset
- Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell
- Les oiseaux se cachent pour mourir, de Colleen McCullough

Réussir le challenge ABC :
- Le vagabond des étoiles, de Jack London ¤
- Anna Karénine, de Tolstoï
- Tess d'Urberville, de Thomas Hardy
- Le bruit et la fureur, de Faulkner (à emprunter)
- Au bonheur des dames, de Zola

Réussir le Défi Blog-o-Trésors :
- Le matou, d'Yves Beauchemin ¤
- Rebecca, de Daphné Du Maurier

Lire empruntés, réservés :
- Hésitation, de Stephenie Meyer ¤
- Révélation, de Stephenie Meyer ¤
- Comme tous les après-midis, de Zoyâ Pirzâd ¤
- Crise d'asthme, d'Etgar Keret ¤
- Petit déjeuner chez Tiffany, de Truman Capote ¤
- Entretien avec un vampire, d'Anne Rice (n'a pas été rendu à la bibliothèque :s)

Livres pour les cours :
- Maximes et sentences morales, de La Rochefoucauld
- Point de lendemain, de Vivant Denon ¤
- Correspondance, de Flaubert
- Feuilles d'herbe, de Walt Whitman
- Chant général, de Pablo Neruda
- Vents, de Saint-John Perse

Lundi 28 septembre 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/nouvellessousecstasy.jpgQuatrième de couverture : "Dans les années 1980, une nouvelle drogue fit son apparition dans les milieux noctambules : le MDMA, dit "ecstasy". Cette "pilule de l'amour" procurait d'étranges sensations : bouffées de chaleur, envie de danser toute la nuit sur de la techno, besoin de caresser les gens, grincements de dents, déshydratation accélérée, angoisse existentielle, tentatives de suicide, demandes en mariage. C'était une drogue dure avec une montée et une descente, comme dans les montagnes russes ou les nouvelles de certains écrivains américains. L'auteur de ce livre n'en consomme plus et déconseille au lecteur d'essayer : non seulement l'ecstasy est illégal, mais en plus il abîme le cerveau, comme le prouve ce recueil de textes écrits sous son influence. Et puis, avons-nous besoin d'une pilule pour raconter notre vie à des inconnus ? Alors qu'il y a la littérature pour ça ?" F.D.

Mon avis : Mouais. L'ensemble de ce recueil est amusant à lire, et surtout, vite lu. Les 4 premières nouvelles surtout m'ont plu : "Spleen à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle", "un texte démodé", "le jour où j'ai plu aux filles" (pour sa chute rigolote) et "la première gorgée d'ecstasy". Les titres font référence à des œuvres célèbres, et le style est plein d'aphorismes.... c'est distrayant au début mais il y en a justement un peu trop parfois, et certains sont plutôt faciles ! Je n'aime non plus la façon dont Beigbeder parle de sexe, problème, il en parle beaucoup, et malgré la brièveté du recueil (100 pages), j'ai vite trouvé ça lourd. Et au final toutes ces nouvelles sont plutôt répétitives : tout le temps plus ou moins dans le même milieu (débauche de riches), un milieu qui, comme je l'ai déjà dit de nombreuses fois, ne m'intéresse pas, et que je n'ai pas envie de plaindre.
Comme avec 99 francs, j'ai eu l'impression que l'auteur crache dans la soupe : il dénonce plus ou moins un système dont il profite complètement... prendrait-il un peu ses lecteurs pour des cons ? Une lecture sympa (pour les 4 premières nouvelles ! :p) mais tout juste, étant donné que j'ai été agacée par de nombreux aspects de ce recueil.

Extrait : "Aucun souvenir de la veille, aucun projet pour le soir. Pour le moment, il suffira d'écouter de la musique classique en se reflétant dans la télévision éteinte. Ou de fixer le plafond en pensant à des images pornographiques trop compliquées à retranscrire ici. Bon sang, que peut-on faire pour retrouver le mouvement ? Se retenir de gerber ne prouve rien. Attendre que le siècle s'achève. Il meurt de mort lente." (in "texte démodé")

Lundi 28 septembre 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/002.jpgQuatrième de couverture : Holly Golightly, sorte de femme-enfant venue du Texas, mène un vie légère, s'attirant les faveurs d'hommes protecteurs. Elle aime flâner chez Tiffany, où tout est beau pour elle. Mais derrière cette frivolité apparente, se cache un femme blessée, condamnée à la solitude. Une des oeuvres maîtresses de Truman Capote.

Mon avis : je ne connaissais cet auteur que de nom (et encore, ça ne fait pas longtemps), et j'ai commencé ce livre sans savoir de quoi il parlait. Le titre me faisait m'attendre à une histoire frivole mettant en scène des personnages de la haute société... je ne m'attendais donc pas à une telle rencontre ! Car j'ai eu un véritable coup de foudre pour Holly, cette jeune fille paumée irrésistible, qui sera désormais l'une de mes héroïnes préférées, au même titre que Lolita, Catherine Earnshaw ou Sophie (celle de Styron)... sa relation avec son voisin (le narrateur de ce roman) m'a captivée, et ce roman a réussi à me surprendre, à me remuer... J'ai eu du mal à retenir mes larmes à certains passages... le style aussi m'a enchantée, tout à fait le genre d'écriture qui me tient en haleine, me donne envie de relire des passages... Un livre qui je pense, me marquera beaucoup, voir le mot "fin" m'a fait un choc, mon plus gros coup de coeur depuis Reflets dans un oeil d'or de McCullers ! (je pense que vous avez compris que j'ai adoré ^^)

Film : je sais qu'il y a eu une adaptation avec Audrey Hepburn dans le rôle de Holly, je la verrai sûrement un jour mais j'ai peur d'être déçue... pour le moment je n'imagine pas du tout Audrey Hepburn - dont je ne connais que quelques photos, soit dit en passant - dans le rôle de Holly.

Mercredi 30 septembre 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/revelation.jpg

Quatrième de couverture :
"N'aie pas peur, murmurai-je. Nous sommes faits l'un pour l'autre."
L'instant était si parfait, si juste qu'il était impossible d'en douter.
Ses bras se refermèrent autour de moi, me pressant contre lui...
 "A jamais", renchérit-il.
Bella a fait son choix, et plus rien ne semble pouvoir l'empêcher de vivre ses rêves. Mais si ce choix s'avérait bien plus dangereux qu'il n'y paraît ? Et si Bella risquait d'y perdre la vie ?


Mon avis : une très très agréable surprise ! J'avais peur de m'ennuyer, de trouver la fin vraiment trop mièvre (déjà, quand on voit la quatrième de couverture, ça fait peur je trouve -_-), ou trop prévisible.  Etant donné la fin du tome précédent, je ne voyais pas l'utilité d'un quatrième tome si long, je m'attendais à un long happy end, mais hum, il fallait bien qu'un rebondissement spectaculaire vienne justifier ces 760 pages ! Et en effet, sur ce point j'ai été pleinement satisfaite... je ne pourrais pas trop le commenter sans spoiler, et je ne voudrais pas gâcher la surprise des futurs lecteurs de ce tome, mais pour ma part j'ai été extrêmement étonnée de ce qui arrive, au début j'ai pensé ouhlàlà mais dans quoi l'auteur s'embarque là ! Mais en fait, j'ai rapidement été enchantée. Si enchantée par cette péripétie inattendue, que j'ai été complètement captivée par le reste du tome !

Je ne me souviens même pas avoir tellement sourcillé face aux descriptions casse-pieds du bel Edward, de leur amour magnifique et tout le toutim... l'auteur a continué à m'agacer prodigieusement avec sa vision de Bella bien sûr, je la trouve toujours aussi fatigante, à nous dire sans aucune subtilité " plaignez et admirez la pauvre Bella qui n'a toujours pas confiance en elle alors qu'en fait elle est super-balèze etcaetera..." mais tout cela m'a paru très secondaire, comparé à mon inquiétude au sujet de ce qui pourrait bien arriver... 

A aucun moment je n'ai deviné ce qui allait se produire, tellement j'étais collée au bouquin, et puis c'est sûr qu'en le lisant en deux jours, on n'a pas le temps de prendre beaucoup de recul... ^^ et je vous donne mon avis à chaud, je suis complètement enthousiaste, je suppose que les effets de cette lecture vont se dissiper rapidement, comme la plupart des bouquins pleins d'aventures merveilleuses qui nous scotchent sur le coup, et je suis persuadée que si je le relisais, il ne me ferait pas du tout le même effet, connaissant la fin le suspense serait moindre, et je serais plus attentive à ce qui m'exaspère dans le style, par exemple. Mais en attendant, ça a juste été pour moi une lecture anesthésiante (pile poil ce dont j'ai besoin en ce moment), et délicieuse... Ce tome est indubitablement mon préféré de la saga, car c'est celui qui m'a le plus surprise, et celui où la façon particulière d'envisager l'amour de Stephenie Meyer m'a le moins dérangée  !

/!\ Pas mal de spoilers dans les commentaires, ne les lisez pas si vous n'avez pas encore lu ce tome !

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"Lire, c'est boire et manger. L'esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas." Victor Hugo

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