Vendredi 4 septembre 2009

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~> CHALLENGE ABC 2009, lettre M - 19ème livre lu <~

Quatrième de couverture : Usbek, un grand seigneur persan intelligent et désabusé, accompagné de son jeune ami Rica, plus malléable et enthousiaste, vient à Paris afin de découvrir les secrets et l'art de vivre du monde occidental. Les mœurs, les caractères, les types sociaux, le décor et la vie - tout les surprend et les pousse au parallèle avec leur propre monde. Puis, une fois surmonté le premier désarroi, cette société nouvelle révèle peu à peu ses fondements et ses lois, mais également ses drames. L'étranger d'abord étonné devient observateur politique, philosophe et quasi-sociologue avant l'heure : " Comment peut-on être persan ? " Si dès leur parution en 1721, les Lettres persanes rencontrent un considérable succès, c'est qu'au-delà du roman par lettres ce livre étrange et neuf est une chronique politique en même temps qu'un journal de voyage. C'est aussi un essai de morale, mais convenons qu'en Montesquieu le moraliste est gai, et que le ton de ses lettres est volontiers narquois. Voltaire, ainsi, a pu juger que, dans cet " ouvrage de plaisanterie ", " plein de traits annoncent un esprit plus solide que son livre ". En réalité, le livre est aussi solide que l'esprit car la leçon du roman est que l'impertinence est libératrice : l'écrivain accepte le monde où il vit, mais refuse d'en être la dupe.


Mon avis : difficile de juger cette lecture en la réduisant à une seule impression : autant certaines lettres m'ont beaucoup touchée, intéressée, fait sourire, autant d'autres m'ont laissée froide, je ne pense pas non plus les avoir toutes comprises ! Disons qu'en général, j'ai préféré les lettres parlant des femmes, des défauts des hommes, de la société en général, à celles traitant de politique et de religion ; j'ai admiré les arguments qu'a exposé l'auteur, notamment au sujet de la liberté des femmes ; jusqu'ici je n'avais réussi à envisager des arguments positifs justifiant la séquestrations de femmes dans des sérails, et même si je juge encore maintenant cette pratique assez ignoble, je me rends compte qu'il y a bien des façons différentes de voir les choses, au cours de ma lecture j'ai maintes fois été étonnée ; toutes les lettres parlant du sérail m'ont vraiment passionnée, en fait ! Il y a 150 lettres en tout, qui restent brèves (rarement plus de deux-trois pages, celles qui sont plus longues contiennent des histoires, des anecdotes la plupart du temps légères et divertissantes) ; on passe d'un sujet à l'autre sans transition, c'est donc très varié, il y a pas mal de destinataires différents, vers la fin je peinais un peu, finissant par trouver tout cela un peu décousu, étant lassée par certains sujets ; je pense que je relirai les Lettres Persanes quand j'aurai fini mes études, en étalant cette lecture sur plus longtemps, pour mieux savourer chaque lettre et ne pas avoir une impression de "saturation" vers la fin.

Samedi 5 septembre 2009

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Quatrième de couverture :
Un homme rattrapé par l'âge s'inquiète de ce qui lui reste d'aptitude au plaisir. Lors d'un voyage dans la région de Naples, jadis fameusement vouée aux délices (l'amour, le vin, la poésie...), il rencontre un couple dont la liberté le fascine - même s'il doit s'avouer que le fascine surtout la jeune femme, double à ses yeux des belles voluptueuses que l'on peut contempler sur les fresques des villas romaines d'alentour. Amusés - et troublés - par le désir hors saison de ce passant tardif, ces deux-là l'ont baptisé le Faune...
Alternent pages du Journal que tient le vieil homme et épisodes de la vie du couple avec lequel il finira par se lier. Eros accompagne ce trio. mais comme en sourdine: les esprits, quoi qu'on dise, se parlent plus vite que les corps... Qui est vieux ? Qui est pervers. innocent ? Qui est sincère, on rusé ? Et surtout: est-il sage de renoncer à ce qui n'est plus pour nous et qui passé certaine limite de la vie (mais quelle limite ?), semble perdu d'avance ? Poccioni se garde bien de répondre à ces questions. L'essentiel pour lui est dans la façon de les poser: loin de tout discours univoque. entre tristesse et enchantement. Où il rejoint Rilke. autre voyageur émerveillé par la beauté de ce qui n'est plus et, plus loin encore, par la richesse que ne cesse de nous apporter tout ce qui nous manqué.


Mon avis : un roman avec une atmosphère bien particulière, pleine de nostalgie (un peu trop de vin à mon goût, mais bon), le personnage du héros est bien sympathique, on s'attache à lui, on assiste, d'un côté à son progressif renoncement, son acceptation de sa vieillesse, et de l'autre, à ses sursauts de vie, ses désirs de rencontres, et surtout de sexe. J'ai préféré la partie "journal" du roman, ce que le vieil homme dit de son journal correspond assez bien au rôle que j'attribue moi-même à un journal intime. Mais j'ai été un peu déçue, je pensais que le voyage à Naples occuperait une bien plus grande partie du roman...  j'ai eu un peu l'impression d'attendre tout le long quelque chose qui n'est jamais arrivé, le couple m'a paru plus banal que ce que le laissait présager la quatrième de couverture... un récit finalement plutôt doux, qui m'a laissé une sensation de tristesse, et je ne sais que penser de la fin, je ne m'attendais pas du tout à ça !  Et bien sûr, cela m'a fait un peu bizarre de lire ce roman, car l'auteur a été mon professeur de français, et professeur principal au collège, et, j'ai trouvé une certaine cohérence entre sa personnalité telle que je la connais et sa façon de raconter, impression que j'avais déjà eu en lisant Un garçon en ville, une autre de ses œuvres.

Extrait : "Il faut obligatoirement commencer un journal intime par une confession compromettante. C'est un baptême, un passage initiatique qui donnera d'emblée à la démarche sa valeur. Il faut se prouver qu'on est prêt à poser sur la page des souvenirs ambigus, des faits dont nulle fierté ne vient dorer les contours, enjoliver le résultat final."

Dimanche 6 septembre 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/refletsdansunoeildor.jpgQuatrième de couverture : Au début du siècle dernier, dans une garnison isolée du sud des Etats-Unis, le hasard tisse entre deux femmes et trois hommes des relations singulières. Rapports d'autorité, problèmes et conflits sexuels sont au cœur de l'intrigue que Carson Mc Cullers développe avec cette exquise subtilité qui lui est propre. Coloré tour à tour de lyrisme, de suspense et d'humour, ce roman bref et dense dévoile les modalités d'un drame imputable moins au hasard des situations qu'à la psychologie des personnages et aux ressorts inconscients qui inspirent souvent notre conduite à tous.

Mon avis : un livre étonnant et captivant, on a l'impression de connaître à fond ces personnages, d'être un peu les voyeurs de leurs actes les plus secrets et les plus incompréhensibles, impossible de comprendre véritablement leurs motivations, leurs pensées, et pourtant loin de me désintéresser de cette drôle d'histoire, j'ai été scotchée, parce que je me demandais vraiment ce qui allait survenir de tout cela, et pourquoi.
Chacun de ces personnages a sa place bien définie dans la société, une société bien particulière d'ailleurs, close et avec une hérarchie parfaitement établie (puisqu'il s'agit d'une garnison) : et on voit qu'au milieu de tout ce cadre qui pourrait être bien lisse et sans aventures notables, les personnalités humaines se détachent, agissent selon leur propres intérêts, qu'ils ne comprennent parfois pas eux-mêmes ; on voit toute l'hypocrisie déployée pour que ces gens parviennent à vivre ensemble malgré leurs profondes divergence, et, à l'inverse, les mystérieuses attirances entre des personnes qui n'auraient a priori rien à faire ensemble.
On voit alors la folie ordinaire de chacun, et jusqu'où elle peut mener quand chacun sort du rôle qui lui est défini... et le tout est raconté de façon si naturelle et à la fois brillante ! J'avais déjà lu Frankie Addams du même auteur, que j'avais beaucoup aimé, et j'ai vraiment envie de ne pas m'arrêter là dans mon exploration des oeuvres de Carson McCullers !

Lundi 7 septembre 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/venuserotica.jpg/!\ POUR LECTEURS AVERTIS /!\

~> CHALLENGE ABC 2009, lettre N - 20ème livre lu <~

Quatrième de couverture : Les lecteurs français du tome III du célèbres Journal d'Anaïs Nin savent qu'en 1940, sur l'instigation d'un mystérieux collectionneur, Henry Miller et Anaïs Nin écrivirent des "érotiques". Ce fut à la fois un défi, un exercice de style, un jeu ; et un moyen de gagner de l'argent dans une période où les amis d'Anaïs étaient à court. L'exigeant collectionneur demandait que l'on insiste sur le sexe, au détriment de toute poésie, ce qui choquait profondément les convictions d'Anaïs Nin, mais ne l'empêcha pas de fournir de nombreuses pagesinspirées par des lectures, des discussions, des confessions et des expériences réelles.
Longtemps, ces textes furent mis en sommeil.
"En les relisant, bien des années plus tard, je m'aperçois que ma propre voix n'a pas été complètement étouffée. Dans de nombreux passages, de façon intuitive, j'ai utilisé le langage d'une femme, décrivant les rapports sexuels comme les vit une femme. J'ai finalement décidé de publier ces textes érotiques, parce qu'ils représentent les premiers efforts d'une femme pour parler d'un domaine qui avait été jusqu'alors réservé aux hommes."
Depuis sa publication aux Etats-Unis, ce livre n'a cessé de figuré sur la liste des best-sellers et la critique a accueilli avec enthousiasme ces textes particulièrement révélateurs du talent romanesque d'Anaïs Nin.

Mon avis :  Ce livre se présente comme un recueil de nouvelles, et dans plusieurs nouvelles, on retrouve les mêmes personnages. Je pense que certaines personnes pourraient être choquées, voire même dégoûtées, car le lexique utilisé est bien évidemment très cru, les descriptions des actes sexuels occupent une grande place et dans certaines histoires il est explicitement question d'inceste, de pédophilie et de nécrophilie ; cependant, j'ai apprécié la variété de ces nouvelles, et l'humanité des personnages, et de leurs relations ; contrairement à ce que demandait le "collectionneur" qui a commandé l'écriture de ces nouvelles (et heureusement), la poésie n'est pas absente, les seniments non plus, les rapports sexuels décrits se passent souvent dans une relative tendresse, ce qui est loin d'être la norme dans la littérature érotique (je pense au marquis de Sade par exemple). Même si je n'ai pas adoré toutes les nouvelles, ça a été pour moi une lecture très troublante, et pas désagréable.

Mercredi 9 septembre 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/leroisemeurt.jpg~> CHALLENGE ABC 2009, lettre I - 21ème livre lu <~

Quatrième de couverture : Dès le lever du rideau, le Roi apprend qu'il va mourir. Avant qu'il n'accepte son sort, le spectateur rit, tremble, et pleure. Ionesco cherche à montrer l'homme ramené à sa condition fondamentale, c'est-à-dire l'homme face à l'angoisse de la mort. Le roi se meurt n'est pourtant pas une pièce triste. D'abord, parce que l'humour n'y est pas absent. Ensuite, et surtout, parce que Ionesco propose les remèdes pour sortir de la crise. Cette grande œuvre classique est une leçon de dignité devant le destin.

Mon avis : une pièce dans un style simple et fort, qui nous remet en tête le problème de la mort de différentes façons (je n'y pense pas tous les jours moi...), et le fait qu'il s'agisse de l'agonie d'un roi décrit comme tout-puissant donne un accent encore plus tragique à la pièce... au fur et à mesure de la pièce, on voit le roi dépérir en même temps que le reste du monde, on assiste à ses différentes réactions, et également aux réactions des deux reines si opposées. Dans cette pièce Ionesco nous montre l'absurdité de la vie causée par la mort, tout en montrant paradoxalement sa valeur... en ce qui concerne la forme, la pièce donne une impression de cohérence, elle est donc sans doute plus compréhensible que certaines de ses autres pièces (La Cantatrice Chauve par exemple) ; seuls quelques passages sont véritablement absurdes, et ils correspondent en général aux délires du roi.

Citation : "Pourquoi suis-je né si ce n'était pas pour toujours ?"

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"La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas." Fernando Pessoa

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