Mardi 10 novembre 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/pauline.jpgQuatrième de couverture : "Pauline était vêtue de brun avec une petite collerette d'un blanc scrupuleux et d'une égalité de plis vraiment monastique. Ses beaux cheveux châtains étaient lissés sur ses tempes avec un soin affecté ; elle se livrait à un ouvrage classique, ennuyeux, odieux à toute organisation pensante : elle faisait de très petits points réguliers avec une aiguille imperceptible sur un morceau de batiste dont elle comptait la trame fil à fil. La vie de la grande moitié des femmes se consume, en France, à cette solennelle occupation."

Mon avis : mmmh, je reste perplexe. Un roman qui montre qu'on ne peut pas se fier aux apparences, que celles qui semblent les plus honnêtes et les plus vertueuses au départ peuvent être manipulées et se montrer injustes, que leur orgueil détestable peut être caché par un masque d'humilité et de vertu, masque qui peut très bien tromper les autres et les tromper elles-mêmes. Un roman assez différent des autres oeuvres de George Sand que j'ai lues jusqu'ici : dans la petite Fadette et la Mare au Diable, les personnages sont simples, plein de bons sentiments, l'histoire, assez prévisible, était mignonne, bucolique, désuète ; je n'ai pas eu cette impression avec ce roman-ci : difficile de savoir comment tout cela va finir, difficile de voir clair au milieu de cette amitié faussée... mais ce contraste entre les différentes oeuvres de George Sand est en fait cohérent : si on y réfléchit : à la campagne, les moeurs seraient plus pures et simples qu'en ville, lieu d'intrigues où ne peut s'épanouir Pauline, jeune provinciale douce  et exemplaire au début, jetée dans le monde, sa véritable nature se révèle alors, et au final on est incapable de la juger tant la situation trouble semble dure à gérer...

Je me suis sentie parfois aussi perdue que les personnages l'étaient eux-mêmes. Une histoire intéressante d'un point de vue psychologique, mais je trouve que le tout manque un peu de clarté, surtout à la fin où les évènements et revirements de situations se sont enchaînés peut-être un peu trop vites pour moi...

Samedi 14 novembre 2009

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~> CHALLENGE ABC 2009, lettre L - 22ème livre lu <~


 
Quatrième de couverture : Un condamné à mort attend son heure derrière les barreaux, et s'évade par la pensée en revivant ses "vies antérieures" ...
Légionnaire romain dans la Palestine de Jésus, pirate à bord d'un vaisseau viking, bourgeois de Paris sous Louis XIII, époux d'une princesse coréenne, gamin assistant au massacre d'une caravane de pionniers, naufragé sur une île déserte... Dans tous les cas, le héros récurrent se trouve être le témoin privilégié de l'injustice du destin et de la folie des hommes. Ainsi pourra-t-il, à la fin du roman, marcher le sourire aux lèvres vers la corde qui l'attend. La mort qu'on veut lui infliger pour le punir d'avoir "agressé" un maton, il la ressent désormais comme une délivrance...
Une fable violente, toute de bruit et de fureur - mais surtout un hymne aux puissances de l'Imaginaire.
Selon Francis Lacassin, préfacier de la présente édition : le plus grand roman de London avec Martin Eden.
 
 
Mon avis : dans ce roman-mémoires le narrateur ne cesse de s'adresser à son lecteur, et j'ai aimé cette impression d'être impliquée ainsi, cela rend la narration plus vivante, et le héros m'a vraiment paru sympathique. Ce roman est très riche, il offre à la fois une vision très complète de ce que le narrateur subit en prison, vision plutôt pathétique et réaliste, même s'il tourne souvent ses gardiens en ridicule et décrit des trucs atroces avec ironie... et les évocations de ses multiples vies antérieures nous donnent l'impression, au contraire, de se retrouver dans un roman d'aventures, bien loin de son quotidien terrible de détenu. Tout comme Darrell Standing parvient à s'extirper de ses séances de torture en revivant ses autres vies, en lisant ce roman je me suis retrouvée très loin de ma chambre en lisant ses aventures, qu'il s'agisse de sa vie actuelle ou des autres, et je pense que certains épisodes me marqueront...
Seuls deux passages m'ont moins plu : l'épisode où il rencontre Jésus m'a paru un peu long, et vers la fin, quand il parle de ses différentes vies dans des tribus préhistoriques, cela m'a paru un peu trop décousu et répétitif... j'ai aussi trouvé un peu dommage qu'il ne raconte que ses vies d'homme, aucune de ses vies en tant que femme n'est racontée ! Mais à part ces passages que j'ai trouvés moins réussis, je me suis vraiment régalée :p
A partir de ses aventures, le narrateur conclut à une universalité de l'homme, quelles que soient les époques et lieux où il vit, et s'efforce de trouver ce qui unit son Moi en cherchant des points communs entre toutes ses vies... ces réflexions plus philosophiques m'ont intéressée, et elles s'intègrent bien à l'intrigue et, même s'il ne cesse de répéter le sort qui l'attend (la pendaison), le livre se clôt sur une dédramatisation de la mort plutôt optimiste... un livre que j'ai trouvé passionnant, j'ai souffert et voyagé avec le héros, et au final il m'a donné le sourire :)

Dimanche 15 novembre 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/oz.jpgQuatrième de couverture : Il y a eu un cyclone inouï, la petite Dorothée et son chien Toto ont été emportés dans un grand tourbillon, et les voici qui atterrissent... au féerique pays d'Oz ! Dorothée n'a cependant qu'un désir - et Toto aussi : rentrer chez eux, dans leur cher Kansas. Or, ce voeu, seul le Grand Magicien peut l'exaucer, et il demeure loin, très loin, dans la Cité d'Emeraude. Alors ils partent, courageux et confiants, et bientôt ils ont trois compagnons de route et d'espoir : un épouvantail qui aspire à devenir intelligent, un bûcheron-en-fer-blanc qui veut un coeur capable d'aimer, un lion timide qui rêve d'être un héros... Le magicien d'Oz dira-t-il oui à ces requêtes ? D'ici là, que de ravins et de prés maléfiques à traverser avant d'atteindre la Cité d'Emeraude ! Que de sorcières à combattre !

Mon avis : j'ai vu le film de Victor Fleming récemment, et je l'ai bien aimé, au point d'avoir envie de prolonger mon séjour au pays d'Oz en lisant le conte ; j'ai bien fait, le style est certes enfantin (on trouve par exemple le système de répétition propre aux contes) mais je le savais d'avance et ça ne m'a pas du tout dérangé ; les personnages que j'avais trouvés mièvres dans le film m'ont paru plus touchants, et certains épisodes ne sont pas dans le film. Je trouve le tout à la fois mignon et original, cette histoire merveilleuse a un côté décalé, elle ne manque pas d'humour et offre plusieurs degrés de lecture, les personnages ne sont pas si parfaits et gentils que ça... J'ai lu une version illustrée par Kelek, et certaines images m'ont vraiment plu ; cela me donne envie de m'intéresser un peu plus à la littérature jeunesse, c'est un monde que j'ai envie de retrouver en ce moment...

Mercredi 25 novembre 2009

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Dame Meli
et Raison et Sentiments m'ont décernée le Prix de l'Amitié, youhouu ! Perso le nom de ce tag me fait un petit peu rire mais dans un élan de narcissisme et de sociabilité je vais quand même y participer, d'autant plus que les personnes qui m'ont taguée font partie de mes blogueuses VIP, alors ça va ;))

Le but du jeu est de citer 7 choses qu'on aime puis de décerner le prix à 7 autres blogueurs, so let's go :

• J'aime être en vacances. Follement. Parce que je suis une grosse feignasse qui n'aime pas travailler. (les prochaines sont dans 23 jours :D)

• J'aime ma chatte, Junie, parce que comme je le répète toujours, elle est la plus belle créature du monde. Même si elle ne m'aime pas ou peu...

• J'aime dormir, et me souvenir de mes rêves. Même s'ils me dérangent souvent.

• J'aime tenir ce blog, et les blogs en général, je passe beaucoup (trop) de temps dessus !

• J'aime Munch, Kandinsky, Klimt, mais je connais finalement assez peu leurs œuvres, il faudrait que je remédie à ça...

• J'aime d'amour le groupe Debout sur le Zinc !

• J'aime les artichauts et les topinambours, je regrette d'en manger si rarement.

Voilà, tout cela n'apprendra rien à ceux qui me connaissent,
mais je paraîtrai peut-être ainsi plus humaine aux yeux des autres :D
Maintenant je suis censée transmettre ce prix de l'Amitié à 7 blogueurs,
et c'est là que l'affaire se complique puisque la plupart des personnes à qui j'ai envie
de le transmettre ont déjà été taguées, donc ça sert pas à grand-chose mais tant pis !
Je transmets donc ce tag à
Dame Meli, Raison et Sentiments, Nyenna, Oh-des-livres, Lady.Dylan, Plume & Aliquis
(oui pour Aliquis je fais ma rebelle en n'indiquant pas l'adresse de son blog mais que voulez-vous, j'ai mes raisons ;)) !

Mercredi 25 novembre 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/haikussoseki.jpgQuatrième de couverture : Si Sôseki le romancier est de longue date traduit et commenté chez nous, une part plus secrète et à la fois plus familière de son oeuvre nous est encore inconnue. Sôseki a écrit plus de 2500 haikus, de sa jeunesse aux dernières années de sa vie : moments de grâce, libérés de l'étouffante pression de la réalité, où l'esprit fait halte au seuil d'un poème, dans une intense plénitude. Ce livre propose un choix de 135 haikus, illustrés de peintures et calligraphies de l'auteur, précédés d'une préface par l'éditeur de ses Oeuvres complètes.

Mon avis : Je ne connaissais pas du tout cet auteur, j'ai emprunté cette petite anthologie à la bibli complètement au hasard, et ça a été une bonne surprise. Même si certains haïkus ne m'ont pas "parlé", d'autres m'ont au contraire beaucoup plu, j'en ai recopié un certain nombre ; j'ai eu l'impression globable que c'est une poésie assez universelle et accessible : même si les notes de la fin peuvent éclairer certains haïkus (quand ils sont liés directement à un évènement de la vie du poète par exemple), pour la plupart des haïkus ce n'est pas nécessaire, en trois vers une atmosphère surgit, on imagine une situation, un instant, qui fait écho à quelque chose qu'on a pu ressentir ou vivre soi-même, et dans ce cas nul n'est besoin de connaître les circonstances d'écriture. Et pour une fois, j'ai aussi lu la préface,  que j'ai trouvée intéressante : elle donne des informations sur l'auteur, sur le genre des haïkus et analyse quelques haïkus.
C'est sobre, et agréable à lire, ça fait réfléchir, les mêmes thèmes reviennent sans arrêt (la nature, le temps qui passe avec l'alternance des saisons, la séparation sous toutes ses formes, la maladie, et la sérénité malgré tous ces thèmes plutôt sombres) mais ils sont assez bien répartis et les haïkus sont suffisamment différents pour que la lecture ne devienne pas lassante ; les illustrations sont jolies, en accord avec le ton des haïkus et font de ce livre de poche un bel objet.

Quelques haïkus qui m'ont plu :
 
Vent d'automne colore les feuilles
Est-ce lui qui a posé sur ma tête
Le premier cheveu blanc

Dialogue intime et familier
Si nuit d'automne plus longue était
Comme les deux se réjouiraient

La science serait-elle un art
L'art de fabriquer
Les feux d'artifice...

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"Pour savoir écrire, il faut avoir lu, et pour savoir lire, il faut savoir vivre.", Guy Debord

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