Mercredi 28 juillet 2010


Quatrième de couverture : Dans l'Angleterre du XIIème siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent chacun à leur manière pour s'assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l'amour, ou simplement de quoi survivre. Les batailles sont féroces, les hasards prodigieux, la nature cruelle. Les fresques se peignent à coups d'épée, les destins se taillent à coups de hache et les cathédrales se bâtissent à coups de miracles... et de saintes ruses. La haine règne, mais l'amour aussi, malmené constamment, blessé parfois, mais vainqueur enfin quand un Dieu, à la vérité souvent trop distrait, consent à se laisser toucher par la foi des hommes.

Mon avis :
Un roman historique que Maxence me conseille depuis trois ans, et qui est dans ma PAL depuis au moins deux, la taille de la bête (1050 pages dans mon édition) me faisait un peu peur, je dois l'avouer. Peur pour rien (comme d'hab') puisque ce pavé se lit vite et bien !

Le roman commence de façon un peu abrupte par le récit d'une pendaison, à la fin de laquelle la jeune femme enceinte du condamné maudit publiquement les notables responsables de cette exécution ; entrée en matière brutale mais qui nous plonge directement en plein Moyen Age ; le premier point fort de ce gros roman est à mon avis qu'il restitue bien les moeurs de l'époque ; attention, quand je dis qu'il "restitue bien", je ne suis pas historienne, je ne peux pas vous le garantir, mais j'aurais tendance à faire confiance à la quatrième de couverture qui nous assure que l'auteur "s'appuie sur un extraordinaire travail d'historien.' Ce que je veux dire, c'est qu'on sent bien qu'il ne s'agit pas d'une histoire qui aurait pu être contemporaine qui aurait été implantée à cette époque pour faire joli ou original, non : les mentalités des personnages sont souvent bien différentes des nôtres, et la plupart des évènements découlent directement de l'époque où ils se déroulent, rien de tel ne pourrait se passer aujourd'hui (en Angleterre, en tout cas).

Les personnages les plus faibles sont à la merci des tyrans qui ont le pouvoir, mais rien de vraiment pathétique ni pessimiste puisqu'on les voit se battre pendant des années, d'abord pour survivre, ensuite pour mener à bien leur propres projets. A peu près tous les personnages se retrouvent confrontés à de gros ennuis à un moment ou à un autre, et même les plus puissants se retrouvent parfois en difficulté ! Aucun des personnages n'est vraiment à l'abri d'un coup du sort, et cette précarité constante rend possible des rebondissements phénoménaux, laisse de l'espoir dans les situations désespérées... misère comme gloire sont tour à tour extrêmes, et il s'agit donc d'une lecture riche en émotions. (j'ai retenu mes larmes suite à un évènement particulier qui m'a atterrée).

On apprend bien vite à suivre sans se perdre les destinées des personnages principaux : Tom le bâtisseur, Ellen la femme indépendante, Philip le prieur juste et énergique, Jack, Aliéna... ce roman est constitué de deux grandes parties (qui constituent des tomes séparés dans certaines éditions), intitulées "Ellen" et "Aliéna", qui contiennent chacune trois parties. A l'intérieur de chacune des parties, on suit en alternance (je ne pense pas que ces alternances soient tout à fait régulières, mais tout cela est soigneusement construit, cela ne fait aucun doute) la vie des différents personnages ; cette narration complexe (mais pas compliquée à suivre) permet au lecteur d'avoir une connaissance complète des personnalités des personnages et des évènements qui les concernent, et le changement fréquent de point de vue empêche toute lassitude. Le tout est très fluide, tout s'enchaîne très bien, et même si les personnages sont relativement nombreux, il est très facile de les repérer et de s'y retrouver vu qu'ils sont liés de façon logique : j'applaudis vraiment le talent de conteur de Ken Follet !

Que de louanges n'est-ce pas... et pourtant, même si j'ai grandement apprécié ma lecture, ce n'est pas un véritable coup de cœur pour moi (comment ça, je suis très exigeante ?). Si le style avait été une perle rare, un joyau d'originalité et de poésie, j'aurais pu véritablement adorer ce pavé. Mais, ce n'est pas vraiment le cas : certes, comme je l'ai dit c'est fluide, ça se lit bien, je n'ai pas à reprocher à l'auteur de grosses maladresses stylistiques, mais quand même, j'ai quelques réserves. Quand on est emporté dans l'action, pas de problème, tout va bien ; mais dans les moments de "pause", et je pense surtout aux scènes d'amour (sentimentales comme sexuelles), aïe aïe aïe. L'auteur n'hésite pas à nous asséner des métaphores éculées, et quand certaines expressions déjà vues se répètent, ça coince un peu pour moi, on tombe vite dans le mièvre et le banal !

Exemple qui m'a un peu navrée : "Elle l'aimait parce qu'il l'avait ramenée à la vie. Elle était comme une chenille dans un cocon et lui l'en avait tirée pour lui apprendre qu'elle était papillon.", et ça continue pendant encore un bon paragraphe comme ça.... Si ce genre de phrase ne vous choque pas, alors le style ne vous causera vraisemblablement pas de problème, mais perso ça m'a un plutôt gênée parfois... Je pense que si l'auteur avait passé une dizaine d'années de plus à la rédaction de cette œuvre pour fignoler chaque phrase, éviter tous les clichés etc, on aurait vraiment pu se retrouver face à un chef d'œuvre incontournable !

Autres réserve du même genre : certains personnages se ressemblent un peu trop ; si j'admire certaines analyses psychologiques en actes plutôt fouillées comme celle que Ken Follett fait au sujet de William Hamleigh, jeune homme frustré et amoureux qui devient au fil du temps un homme sanguinaire et sadique, j'ai été déçue de constater que les personnages d'Ellen et d'Aliéna étaient très similaires, j'aurais aimé qu'ils creusent leurs différences au lieu de se répéter ainsi....

=> En un mot, je suis un peu déçue par le style qui n'a pas été aussi travaillé que la structure, la narration du roman qui est elle très réussie, et pour cette raison je ne pense pas que je lirai la suite, Un monde sans fin (ou alors seulement dans plusieurs années) ; mais cette lecture restera un excellent souvenir pour moi malgré tout, car à travers une fiction elle nous apprend beaucoup de choses sur la vie au Moyen Age, et les ressorts romanesques sont très bien exploités pour nous offrir de longues heures d'évasion !

 
Lecture terminée le 20 juillet,
billet publié le 28 car c'est une Lecture Commune :
vous pouvez donc également allez voir les avis de
Frankie, Véro, Mlle Pointillés, Mam'zellebulle, Leyla...
En cliquant sur la couverture vous aurez accès à encore plus de chroniques ;)
Par Dame-Meli le Mercredi 28 juillet 2010
J'attends d'avoir terminé ma lecture (j'en suis qu'à la page 369.... hhhmmmm hhhhmmm...) pour lire ton avis en entier ! :)
Mais à première vue, il t'a plu, c'est le principal ! :)
Par Frankie le Mercredi 28 juillet 2010
J'ai vraiment adoré cette lecture. Les faiblesses dont tu parles ne m'ont pas du tout gênée. Mais c'est vrai que les deux femmes se ressemblent pas mal.
Par louisemiches le Mercredi 28 juillet 2010
Ton avis rejoint le mien (de la première fournée de LC), je me sens un peu moins seule !
Par cocola le Mercredi 28 juillet 2010
Alors, je suis d'accord avec tous tes commentaires négatifs... et beaucoup, beaucoup moins convaincue que toi !!! mais j'ai l'impression d'être la seule :(
Par Dame-Meli le Jeudi 19 août 2010
Quelques réserves, comme toi : quelques longueurs et répétitions. Mais tout de même une excellente lecture qui est bien mieux passée que j'aurais pu le penser au vu de l'épaisseur du bouquin ! Comme quoi, ne jamais se fier au nombre de pages ! ^^
Par nanet le Samedi 28 août 2010
Salut.

Je suis contente de trouver quelqu'un qui soit aussi gêné par certaines scènes ! j'avais la sensation d'être la seule... perso, ce sont des passages plus "érotique" qui m'ont perturbés, pas que je sois prude, mais, je ne sais pas, cela ne m'a pas semblé très utile de les décrire, a moins que ce ne soit le style ? Toutefois cela reste une très bonne lecture.

Biz, nanet
Par isallysun le Vendredi 24 février 2012
Je me demande si le fait qu'Ellen soit quasi-absente la fait davantage rassembler à Aliena! Et oui, tu relèves d'excellents petits défauts, mais qui ne gênent pas la lecture à mon avis!
 

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