Vendredi 5 février 2010

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/lepeupledutapis2.jpgQuatrième de couverture : Sur tout le Tapis règne la paix de l'Empire Dumii. Aux marges de la civilisation, la tribu des Munrungues coule sous les poils une existence paisible. Mais un jour un terrible cataclysme frappe à proximité du village. Une ville Dumiie est broyée par l'ancien monstre des légendes : le grand Découdre est de retour!
Dans son sillage, des créatures féroces parachèvent son oeuvre de destruction. Cernés, les Munrungues s'engagent dans un périple à travers les poils, sous la conduite des frères Orkson.
Un voyage qui les conduit à la découverte des merveilles de leur monde et changera pour toujours la vie des Fils de la poussière...

Mon avis : alors que ce livre fait 188 pages seulement, j'ai mis énormément de temps à le lire. je n'ai pas vraiment réussi à entrer dans l'histoire, je ne sais pas trop pourquoi.... je ne me suis pas vraiment ennuyée pourtant, mais je ne me suis pas senti proche des personnages, je crois que j'aurais aimé plus de descriptions, cela m'aurait peut-être permis de mieux me représenter cet univers ? Je pense cependant que c'est un bon livre, qui réunit pas mal d'ingrédients positifs.

Le Tapis a bien des points communs avec notre monde, cette métaphore est une bonne idée, à travers cette histoire on a une critique ludique de la guerre, de la violence, de divers régimes politiques. Il y a une bonne dose d'humour aussi, le côté héroïque des personnages est détourné, certains sont lâches ou ont une intelligence limitée, cela change des héros ordinaires (même si ma connaissance des héros ordinaires de fantasy est assez limitée, mais si je compare ces personnages à certains guerriers du Seigneur des Anneaux par exemple, la différence est visible). C'est une oeuvre que j'aimerais bien voir adaptée en dessin animé, je pense que ça pourrait donner quelque chose de bien.

Et si malgré tous ces bons points je n'ai pas été transportée par cette lecture, je pense que ça vient surtout de ma fatigue (au début j'ai eu du mal à me souvenir de qui était qui, alors qu'en fait ce n'est pas bien compliqué), et du fait que ce n'était pas le genre de livre dont j'avais besoin à ce moment-là, j'avais envie de quelque chose qui s'attache plus en profondeur à la psychologie des personnages peut-être....

Vendredi 5 février 2010

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/monsieurteste.jpgQuatrième de couverture : Dans La Soirée avec Monsieur Teste, Valéry explique pourquoi, à la recherche du succès littéraire, auquel il aurait pu légitimement aspirer suivant le voeu de ses amis, il a préféré autre chose. La recherche du succès entraîne nécessairement une perte de temps : " Chaque esprit qu'on trouve puissant commence par la faute qui le fait connaître. En échange du pourboire public, il donne le temps qu'il faut pour se rendre perceptible... "
M. Teste est un homme qui a mieux employé son temps : " J'ai fini par croire que M. Teste était arrivé à découvrir des lois de l'esprit que nous ignorons. Sûrement, il avait dû consacrer des années à cette recherche : plus sûrement, des années encore, et beaucoup d'autres années avaient été disposées pour mûrir ses inventions et pour en faire ses instincts. Trouver n'est rien. Le difficile est de s'ajouter ce que l'on trouve. "
Tel était bien sans doute le programme ambitieux que s'était assigné Valéry lui-même à l'époque où il rédigeait cette fameuse Soirée avec Monsieur Teste.  Cet ouvrage a paru pour la première fois en 1896 dans la Revue Centaure.

Mon avis : Un de mes profs nous a parlé de ce livre, en nous disant que c'était la seule œuvre de Paul Valéry, qui par ailleurs n'aime pas ce genre ; il en avait parlé de telle sorte qu'il m'avait donné envie de me pencher dessus ; selon sa description ce Monsieur Teste me faisait un petit peu penser à mon cher Homme qui dort (un de mes livres fétiches, de Perec), puisqu'il s'agit d'un homme qui se retire du monde en quelque sorte, il a un esprit génial mais ne veut pas l'exploiter pour en faire des œuvres effectives... mais cette lecture a été en fait  difficile et pas aussi agréable que mon prof nous la présentait, cela fait plus penser à un essai plutôt philosophique qu'à un roman. Je n'ai pas l'impression d'avoir tout saisi ; j'ai bien compris que Monsieur Teste avait un esprit fort particulier, mais je n'ai pas compris toutes ses méditations, la majorité m'a semblé bien obscure, il passe son temps à penser certes, mais à quoi exactement, je ne saurais le dire.... 

Ce livre se compose de plusieurs textes différents, tous courts : La Soirée avec Monsieur Teste, qui constitue la première version du texte. La Lettre de madame Emilie Teste complète ce premier texte. Selon mon prof cette partie est moins intéressante puisqu'au lieu de nous livrer le point de vue de Monsieur Teste, elle nous livre celui de sa femme, qui vit auprès de lui tout en étant incapable de le comprendre réellement à cause de la singularité de son esprit. C'est pourtant cette partie-là qui m'a le plus plue, à moi, elle m'a parue bien plus compréhensible... les autres textes, je ne les ai pas vraiments lus, tout juste parcourus : il y a les extraits du Log-Book de Monsieur Teste, Pour un portrait de Monsieur Teste, Quelques pensées de Monsieur Teste (certaines m'ont interpellée tout de même, leur brièveté les rend un peu plus accessibles).... je pense que je reprendrai ce livre plus tard, peut-être qu'une seconde lecture m'éclairera plus, je dois aussi préciser qu'un état de fatigue et des maux de tête que j'ai eus cette semaine ne m'ont pas aidée à apprécier cette lecture pas vraiment faite pour se détendre...

Extraits :

"Je ne suis pas tourné du côté du monde. J'ai le visage vers le MUR. Pas un rien de la surface du mur qui me soit inconnu."

"Il faut entrer en soi-même armé jusqu'aux dents."

(extrait de la lettre de madame Emilie Teste)
"Il n'y a pas de femme au monde nommé comme moi. Vous savez quels noms ridicules échangent les amants : quelles appellations de chiens et de perruches sont les fruits naturels des intimités charnelles. Les paroles du cœur sont enfantines. Les voix de la chair sont élémentaires. M. Teste, d'ailleurs, pense que l'amour consiste à pouvoir être bête ensemble - toute licence de niaiserie et de bestialié. Aussi m'appelle-t-il à sa façon. Il me désigne presque toujours selon ce qu'il veut de moi. A soi seul, le nom qu'il me donne me fait entendre d'un mot ce à quoi je m'attends, ou ce qu'il faut que je fasse. Quand ce n'est rien de particulier qu'il désire, il me dit : Être, ou Chose. Et parfois il m'appelle Oasis, ce qui me plaît.
Mais il ne me dit jamais que je suis bête - ce qui me touche bien profondément."

 
Lire Monsieur Teste en ligne ICI.

Dimanche 7 février 2010

http://4.bp.blogspot.com/_G9-Db4dQvE8/S3x0_4iK-hI/AAAAAAAAAMs/i0iukepbFqw/s320/challenge+caprice.JPG

J'ai découvert il y a quelque temps sur le blog de
Cocola qu'un nouveau challenge se préparait : le Challenge Caprice. Je m'y suis inscrite, mais avais oublié d'en parler ici, je répare donc mon oubli à présent.

Le concept : chaque participant(e) aura une challengée et une challengeuse.
La challengeuse choisit un seul roman, que la challengée devra lire avant la fin 2010. Ce sera le challenge Caprice, car il faudra donc se plier aux désirs les plus fous de votre challengeuse ! Et en tant que challengeuse, vous pouvez être conciliante et imposer un titre qui intéresse déjà votre challengée, pédagogue en l'invitant à découvrir un de vos coups de cœur, ou cruelle en l'obligeant à lire un livre terrible ! Votre seule obligation : cela doit être un livre que votre challengée n'a jamais lu.

Il s'agit donc de faire lire un livre de notre choix à une blogueuse, et inversement, de lire un livre choisi pour nous par quelqu'un d'autre...

Les inscriptions se terminent le 15 février, si vous êtes intéressée, il donc est encore temps !
Pour vous inscrire rendez-vous
ici !



[Edit du 19 février] C'est parti, la liste qui permet de savoir qui va torturer qui est à présent en ligne
ici ! J'ai donc découvert que l'Ogresse (que j'ai déjà croisé sur Livraddict) sera ma challengeuse, et Elizabeth-Bennet ma challengée !
J'ignore encore quel livre l'Ogresse va m'imposer, j'espère que malgré son pseudo son choix ne sera pas trop terrible... ;) Pour ma part je propose à Elizabeth-Bennet de lire La Vie devant soi de Romain Gary, qui a été un de mes gros coups de cœur de l'an dernier ! :D




[Edit du 21 février]
L'Ogresse m'impose de lire Le Cosmonaute, de Philippe Jaenada, un livre qui m'est totalement inconnu mais qui a priori ne me rebute pas, on dirait que j'ai de la chance :)




[Edit du 2 juillet]
Voilà, j'ai lu Le Cosmonaute de Philippe Jaenada, challenge réussi ! Et un gros coup de coeur pour moi, donc vraiment contente ! :p (mon article
ici)

Samedi 13 février 2010

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/lescontesduchatperche.jpgQuatrième de couverture : "Et comme le loup protestait de ses bonnes intentions, elle lui jeta par le nez :
- Et l'agneau, alors ?... Oui, l'agneau que vous avez mangé ?
Le loup n'en fut pas démonté.
- L'agneau que j'ai mangé, dit-il. Lequel ?
- Comment, vous en avez donc mangé plusieurs ! s'écria Delphine. Eh bien ! C'est du joli !
- Mais naturellement que j'en ai mangé plusieurs. Je ne vois pas où est le mal... Vous en mangez bien, vous !"

Mon avis : (hum, j'avais écrit mon avis sur un cahier que j'ai oublié loin de chez moi, je suis contrariée !) J'ai lu ce recueil, qui rassemble les Contes Bleus et Les Contes Rouges du Chat Perché, pour mon cours de littérature pour la jeunesse. J'avais lu certains de ces contes quand j'étais gamine, mais je ne m'en souvenais quasiment plus. Comme tous ces contes se situent dans le cadre d'une ferme, j'avais peur que les intrigues soient triviales, banales, et il est vrai que je préfère le merveilleux caractéristique des contes de fées traditionnels, mais ceux-ci sont quand même très bien faits, l'auteur a réussi à créer un imaginaire rural qui lui est particulier, où les animaux parlent ; ils sont solidaires des deux petites filles, les aident à réparer leurs bêtises afin qu'elles échappent aux punitions des parents, qui ne sont pas du tout individualisés et incarnent une autorité maussade et qui confine parfois à la cruauté... (le conte "l'Âne et le Cheval" surtout m'a frappée, les parents y sont carrément odieux !) !

Les intrigues sont assez bien ficelées pour qu'on ne devine pas la fin dès le début, même si on s'aperçoit vite que les mêmes schémas se retrouvent plus ou moins d'un conte à l'autre (il y a pas mal de métamorphoses qui s'annulent au dernier moment par exemple...) L'humour est aussi très présent dans ces contes, et il n'est peut-être pas complètement perceptible par les enfants, c'est peut-être cet aspect qui leur donne un charme supplémentaire, et qui en fait une lecture aussi agréable pour les adultes.

Lundi 15 février 2010

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/deuxjoursatuer.jpgChallenge ABC 2010, 6ème livre lu ♦

Quatrième de couverture :
Rien à dire sur la vie d'Antoine Méliot. Il a une femme ravissante, trois enfants magnifiques, des amis fidèles, une maison dans les Yvelines meublée avec goût, une cuisine équipée et un métier bien payé. Tout ça vous pose un quadragénaire en début de quarantaine. Rien à dire sur la vie d'Antoine Méliot, sinon qu'en ce mois d'octobre, il s'est donné un week-end pour saboter son bonheur : non seulement l'amour fou qui l'unit à sa femme et à ses enfants, mais aussi les liens sacrés qu'il entretient de longue date avec ses meilleurs amis. Deux jours, en vérité, pour détruire une existence. On se demande quelle part peut avoir Marion, ancien amour de lycée, dans ce comportement dément; quelle part, aussi, revient à "l'araignée noire" qu'il nourrit en lui depuis l'enfance et dont il sait qu'un choc violent peut la réveiller.

Ce roman dérangeant, au style aiguisé, brosse avec lucidité le portrait d'un homme qui va au bout de ce qu'il est.

Mon avis : Au début, je n'étais pas très convaincue par le style, je trouvais que l'auteur s'attardait un peu trop sur certains passages (le moment où il rentre chez lui par exemple, quand il n'ose pas encore parler à sa femme), qu'on s'apitoyait un peu trop sur le narrateur... on sent que quelque chose de terrible couve, on ne sait pas encore exactement quoi, on attend que tout explose, et ça met un peu de temps à venir à mon goût. L'explosion survient, et s'étire, la majeure partie du livre est bien flippante, on se demande jusqu'où il va aller, comment ça va finir, comme les autres personnages, nous sommes les spectateurs impuissants de la violence déchaînée du héros, physique et verbale. Les spectateurs, et les victimes aussi, on se sent agressé, il y a une atmosphère malsaine, qui inspire le dégoût, et qui rappelle au lecteur les mauvais moments de ce genre qu'il a pu vivre, vous savez bien, ces moments où des relations s'écroulent, à cause de disputes violentes et imprévisibles, et qui vous laissent exsangues. Et le pire c'est qu'au bout d'un moment, la première surprise passée, on en vient à prendre goût à ce déferlement de haine, à trouver ça jouissif, de voir un homme succomber à toutes ses pulsions, aller trop loin, commettre l'irréparable... on se demande si toute cette cruauté est complètement gratuite, s'il pense tout ce qu'il dit, ou si quelque chose d'inconnu et de plus profond se cache derrière ce comportement incompréhensible.

Le livre est presque fini, le paroxysme du mal a eu lieu, on s'attend à une résolution quelconque, à ce moment-là de ma lecture je ne savais plus trop ce que je pensais du héros : avais-je envie de le maudire, comme je le ferais si j'étais à la place d'un de ses proches dans la réalité, ou d'applaudir la grandeur de son geste ignoble, en me mettant à sa place ? Pas le temps de méditer ces questions, car la fin brutale remet tout en question ; pour essayer de démêler les fils, il faudrait tout relire, tout relire d'un autre œil. Ce que je n'ai ni le temps, ni l'envie de faire pour le moment ; cette fin est peut-être une trouvaille, elle choque le lecteur alors même qu'il pensait ne plus pouvoir être choqué, après tout ce qui s'est passé, et pourtant je crois qu'elle m'a un petit peu déçue, essayer d'expliquer de façon si claire tout le déroulement du week-end, me semble vain. Je ne peux accepter sans la discuter la solution proposée par l'auteur, j'aurais peut-être préféré une fin plus ouverte, ici le dénouement s'impose de telle façon qu'il nous donne l'impression que toute notre lecture a été fausse, et cela me semble un peu facile, et peu crédible, de dire d'un coup qu'on s'est simplement "fait avoir". La réaction de Cécile (sa femme) à la dernière page est cependant à la hauteur du livre, absurde, et elle permet de clore le livre en nous laissant un peu dans le flou, un flou qui me semble plus logique que l'explication rationnelle apportée au moment du dénouement...

(mon avis est peut-être un peu confus, mais la fin m'a vraiment déstabilisée et ce n'est pas évident de la commenter sans la dire...)

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"Le grand inconvénient des livres nouveaux est de nous empêcher de lire les anciens." Joseph Joubert

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