Vendredi 2 juillet 2010

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http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/lecosmonaute.jpgQuatrième de couverture : « J’ai rencontré Pimprenelle vers la fin du xxe siècle… La femme la plus légère de la création, la plus seule, portée par la grâce, la plus instable, la plus étrange, la plus candide et la plus cinglante, la plus bizarrement habillée, une fille irrésistible avec des yeux gris et des cheveux fins. »
Et si la première impression n’était pas la bonne ? Que se passe-t-il quand on s’endort près d’un ange de douceur et qu’on s’éveille dans les bras d’une névrosée, maniaque et misanthrope ? Qu’est-ce qu’une vie réduite aux mètres carrés d’un appartement parisien, à la violence domestique, à la jalousie morbide ? Et la liberté, serait-ce alors de partir, seul dans l’espace, sans attaches dans la ville, tel un cosmonaute ?
Dès son premier livre, Le Chameau sauvage, il y a eu un style Jaenada : la douleur et le rire, la comédie et la tragédie, l’autodérision et la tendresse lucide.

Mon avis : J'ignorais tout de cet auteur, et je ne regrette pas de m'être inscrite au Challenge Caprice  car ce livre a été pour moi une très belle découverte !  L'Ogresse (qui a choisi de me faire lire ce livre donc, suivez un peu) m'avait prévenue, pour lire ce livre il faut "aimer les parenthèses" Je n'avais pas tellement d'a priori contre les parenthèses (j'ai moi-même tendance à en utiliser un peu trop :D), j'espérais juste que cela n'entraverait pas trop la lecture, qu'on pourrait suivre le fil de l'intrigue sans difficultés... et je n'ai pas été déçue : le style est très fluide sans être du tout simpliste, le ton du narrateur et héros, Hector, est tel que je me suis illico sentie très proche de lui, j'ai été scotchée par son histoire du début à la fin !

Les parenthèses (parlons-en) qui en effet reviennent très souvent apportent indéniablement un plus : il s'agit de commentaires d'Hector, le plus souvent humoristiques, ils sont plein d'autodérision, et d'une sincérité désarmante. Ce style assez oral, qui suit de manière fidèle et enjouée les pensées de notre héros, m'a fait songer au ton si agréable qui anime souvent des billets bloguesques, si bien que j'ai été frustrée à plusieurs reprises (riez !) de ne pas pouvoir stopper ma lecture pour laisser un commentaire au héros et ainsi mettre mon grain de sel pour le réconforter et l'aider ; l'extrême sympathie que j'ai ressentie pour lui tout au long de ma lecture est sûrement ce qui explique pourquoi j'ai tant aimé ce livre ; il se passe plein de choses et j'ai été reconnaissante envers Hector (je vous préviens, je suis incapable de prendre de la distance vis-à-vis de ce personnage ! ^^) de tout nous raconter, et dans le détail.

On commence très fort, avec le récit (du point de vue affolé d'Hector qui s'apprête à être père) de la fin de l'accouchement de Pimprenelle, qui se passe très mal. On a ensuite un immense flash-back, pas linéaire et tant mieux, on suit toujours les pensées d'Hector, j'ai été trop collée à l'action (et j'ai peut-être lu trop vite, emportée dans mon élan ? il faudra vraiment que je le relise) pour vous présenter de façon précise toute la structure du roman, sachez juste qu'on saura tout, les circonstances précises de sa rencontre avec Pimprenelle, l'évolution de leur relation au cours du temps... avant de revenir de nouveau à l'accouchement, de façon bien plus détaillée cette fois-ci. Ce fort long passage m'a d'ailleurs bien "dégoûtée", pas dans le sens où j'avais envie de stopper ma lecture, non, mais.... ne me parlez pas de faire un enfant maintenant, je pense qu'il va falloir un certain temps pour que les images gores qui m'ont traversé l'esprit et l'angoisse liée à cet évènement se dissipent !

Dans la deuxième partie du roman (paradoxalement intiulée "l'indépendance"), on a un autre très long passage - très mais pas trop, j'ai admiré qu'on puisse connaître la situation dans toute son ampleur et ses détails terrifiants ! - qui nous montre à quel point Pimprenelle est maniaque... mon amitié pour Hector s'est encore accrue, le pauvre se retrouve prisonnier d'une véritable tyrannie domestique, qui par contraste m'a fait savourer ma liberté actuelle, le fait simplement de pouvoir lire tranquillement sans être ennuyée par quiconque (bon, il y avait bien une télé parasite dans mon environnement mais j'étais assez concentrée pour qu'elle ne me dérange pas !) m'a semblé être un bonheur inestimable. Je ne vais pas continuer à commenter les émotions diverses qui m'ont parcourue pendant cette lecture rapide (deux jours) mais intense et intensive, mais rien que d'évoquer ce livre me donne l'impression de le revivre encore une fois, et c'est un plaisir. La fin m'a frustrée, car elle est ouverte, effrayante, et surtout, c'était la fin (MeL, reine des tautologies ahah, et quand je commence à parler de moi à la troisième personne c'est qu'il est temps que j'aille dormir), j'ai été triste de quitter cet univers bourré de digressions anecdotiques sensationnelles et délirantes, et d'analyses psychologiques qui démontrent d'une façon éblouissante comment une histoire d'amour merveilleuse peut virer progressivement au cauchemar complet.

Un livre qui a donc été pour moi très très agréable (ouais je mets en gras parce que vous serez peu à tout lire, je suis bien trop bavarde), je me considère désormais comme la meilleure pote d'Hector, et, en donnant une image négative de la vie de couple (même si....), ce roman a flatté la vision idyllique que je m'efforce d'avoir du célibat, j'ai donc bien envie de dire que c'est tout pile ce qu'il me fallait actuellement ! XD Alors que les situations décrites sont le plus souvent dramatiques (dans le sens, pas gaies et beaucoup de pression !), on sourit beaucoup et on est de tout cœur avec le personnage. J'adore *_* Merci à l'Ogresse d'avoir choisi ce livre !

Extraits :

"Depuis cette rencontre avec le chameau sauvage*, j'étais donc devenu un vrai costaud. Plus personne ne pouvait me faire du mal (ou du moins je m'en remettais vite), plus rien ne pouvait sérieusement m'atteindre, il suffisait que je me couche mentalement sur le sol, me déclarant ainsi le plus fort, et mes adversaires ne comptaient plus, mentalement (la plupart du temps ils ne s'en rendaient pas compte et me balançaient sur le crâne tout ce qu'ils avaient à portée de la main, mais dans mon esprit, ils s'en allaient tête basse en maugréant qu'ils étaient nuls). Donc j'étais invincible."

"J'allais pénétrer dans une enceinte interdite, moi qui suis si timide (depuis que j'ai une voiture, par exemple, j'attends pour la porter à réparer d'y être indiscutablement obligé (quand elle ne roule plus du tout), car je n'ose pas entrer dans un garage et demander au mécanicien d'y jeter un oeil, j'ai l'impression d'entrer chez des inconnus sans sonner, d'aller trouver la maîtresse de maison dans son salon et de lui demander de me donner un coup de brosse dans les cheveux (or les garagistes ne sont jamais surpris ni outrés qu'on leur apporte une voiture à réviser (et le pire, c'est que je le sais))), mais je n'avais plus le choix. Je ne pouvais pas laisser Pimprenelle là-bas. A toi de jouer, Orphée."


*cette allusion à un "chameau sauvage" m'a fait me demander si Le Cosmonaute n'était pas la suite du premier livre de l'auteur (si vous ne comprenez pas cette phrase, (re)lisez la quatrième de couverture ;)), mais apparemment non ce sont deux livres indépendants.
Par L'Ogresse le Vendredi 2 juillet 2010
Oh, que je suis contente ! En plus j'adore ton billet ! Et tu as survecu aux parentheses !
Les romans de Jaenada sont en general plus ou moins autobiographiques. Le cosmonaute est le 3e je crois de la serie. Je pense lire bientot le chameau sauvage - c'est son premier.
Par Raison-et-sentiments le Vendredi 2 juillet 2010
Moi j'ai tout lu (toute fière :D) et on peut dire que tu donnes envie de le lire ! Je note afin de voir s'il se trouve à la bibliothèque et que je puisse le feuilleter ^^
Par Raison-et-sentiments le Vendredi 2 juillet 2010
PS / j'adore comment ton article est mis en forme *_*
Par Ludo le Vendredi 2 juillet 2010
Moi aussi, j'ai tout lu. :p Et, effectivement, ton article - et les extraits - donnent très envie de lire. Je note. :)
Par Exlibris le Jeudi 8 juillet 2010
Ah ouais! Parenthèses dans les parenthèses, c'est pas mal!! On dirait presque toi dis donc! Je vais y venir, à cet auteur, un jour! Tu m'en met l'eau à la bouche!
Ca te dit pas de lire le chameau sauvage?
 

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