Jeudi 1er janvier 2009

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Je souhaite à tous les visiteurs de ce blog une année pleine de bonheur, de beauté... et de bouquins bien entendu !

Ma résolution livresque pour 2009 : retrouver ces moments bénis de lecture au lit avant de dormir. Ces doux moments constituaient un rituel pendant toute mon enfance, rituel qui s'est peu à peu perdu au cours de mon adolescence... et maintenant que je suis (censée être) adulte, je ne lis presque plus le soir au calme... alors que c'était tellement bien ! C'est donc une habitude que j'aimerais reprendre ! =D

Et vous ?
Des bonnes résolutions pour 2009 ?


Autre bonne résolution : réussir le challenge ABC bien sûr ! ^^

Lundi 5 janvier 2009

Quatrième de couverture / extrait :
"- Oh ! Vous êtes donc tout à fait lâché, Ferdinand ! Vous êtes répugnant comme un rat...
- Oui, tout à fait lâche, Lola, je refuse la guerre et tout ce qu'il y a dedans... Je ne la déplore pas moi... Je ne me résigne pas moi... Je ne pleurniche pas dessus moi... Je la refuse tout net, avec tous les hommes qu'elle contient, je ne veux rien avoir à faire avec eux, avec elle. Seraient-ils neuf cent quatre-vingt-quinze millions et moi tout seul, c'est eux qui ont tort, Lola, et c'est moi qui ai raison, parce que je suis le seul à savoir ce que je veux : je ne veux plus mourir."


Mon avis : je maudis la personne qui a possédé ce livre avant moi et qui a cru utile d'annoter sur la première page son propre commentaire : "très démodé et médiocre", car cette critique lapidaire est tout à fait opposée à ce que j'ai ressenti à la lecture de ce chef d'½uvre ! C'est intense, riche, long comme une vie, c'est plein d'une rage violente, un peu dure à supporter parfois c'est vrai, il y a bien des passages où je me suis sentie submergée, où j'ai pensé avec effroi : "mais comment peut-on écrire ça ?" tout en admettant en même temps qu'on pouvait trouver de la vérité dans toutes ces pensées, toutes ces sensations crachées à la gueule du lecteur, sans pudeur. Le héros de ce livre, Bardamu, se distingue particulièrement... par son absence d'héroïsme, sa lâcheté, sa passivité face à ce monde horrible qu'il met face à nous. J'ai bien envie de dire qu'il sait voir la merde partout, je me souviens notamment avoir été surprise par certains détails, qui pourraient sembler insignifiants mais que j'ai trouvé au contraire très significatifs, comme cette minuscule anecdote du chien qui pisse sur le kiosque à journaux sans être vu de personne d'autre que le narrateur... narrateur qu'on suit dans toutes ses aventures, qui sont nombreuses et imprévues : en France pendant la première Guerre Mondiale, en Afrique, aux Etats-Unis, en banlieue parisienne, à Toulouse... et partout c'est la même horreur, la même "nuit", même si elle est traversée de temps à autre par quelques rayons de soleils furtifs... et quel style surtout, quel ton, personnel, rebelle, fou, génial !!!! J'ai adoré ce livre, et pourtant j'ai dû prendre des notes tout le long de ma lecture (je dois faire une dissertation dessus, ça m'épouvante), ce qui est assez contraignant. Lisez-le !

Mardi 6 janvier 2009

Recueil étudié à la fac en Littérature française du XVIe siècle, que je n'ai pas lu en entier. Le français du 16ème siècle qui diffère du français moderne par la syntaxe, l'orthographe et le vocabulaire, m'a un peu fait l'effet d'une barrière linguistique, moult tournures ne sont pas du tout évidentes à comprendre... heureusement que Marot est un poète au style plus simple et clair que certains de ses contemporains ! J'ai cependant bien apprécié les rondeaux, les épitaphes (les formes poétiques les plus brèves quoi ^^), certaines épîtres aussi, certaines chansons,... une fois qu'on a compris bien à fond un poème, alors on est plus susceptible de l'apprécier et sans la fac je n'aurais peut-être jamais approché ce recueil, qui est pourtant intéressant, certains poèmes m'ont beaucoup plu, comme ce rondeau que nous avons dû expliquer en partiel :
A ses amis, auxquels on rapporta qu'il était prisonnier

Il n'en est rien, de ce qu'on vous révèle.
Ceux qui l'ont dit, ont faute de cervelle.
Car en mon cas il n'y a méprison,
Et par-dedans ne vis jamais prison :
Doncques amis, l'ennui qu'avez, ôtez-le.

Et vous causeurs pleins d'envie immortelle,
Qui voudriez bien que la chose fût telle,
Crevez de deuil, de dépit, ou poison :
Il n'en est rien.

Je ris, je chante en joie solennelle,
Je sers ma dame, et me console en elle,
Je rime en prose (et peut-être en raison)
Je sors dehors, je rentre en la maison :
Ne croyez pas doncques l'autre nouvelle,
Il n'en est rien.

Mardi 6 janvier 2009

Un autre livre étudié récemment en littérature du XVIe, que j'ai lu encore plus partiellement que l'Adolescence clémentine =(... encore plus difficile à lire que Marot, car on est ici face à une prose développée, et qui développe justement des choses pas forcément évidentes, dans un style ne nous est décidément pas familier... et pourtant il lui arrive de dire des choses qui peuvent nous intéresser ce Montaigne, si si ! J'ai en général bien apprécié les extraits qu'on a étudiés en TD... mais je n'aurais certes guère pu les apprécier seule, sans le décryptage préalable du prof je crois bien :x J'ai lu le premier chapitre en entier, puis j'ai seulement lu les passages qu'on a étudiés en cours... mais je m'y remettrai, un jour... en commençant par la lecture du livre I déjà ! Ah oui, et si vous le lisez, je vous conseille de lire une version à l'orthographe modernisée (càd l'édition du Livre de Poche ci-contre), personnellement j'ai vraiment beaucoup de mal avec l'orthographe du 16ème siècle, même si ce n'est sans doute qu'une question d'habitude !

Jeudi 8 janvier 2009

Eh oui, à croire que je n'ai pas assez du Challenge ABC, puisque je n'ai pas pu m'empêcher de participer également au défi Blog-o-trésors, organisé par la demoiselle créatrice de ce blog => jai-lu.blogspot.com
Principe de ce défi : Il a été demandé aux blogueurs d'élaborer la liste de leurs 10 livres favoris... ce qui a fait un tas de petites listes, qui a été compilée et a donné une méga-liste... ensuite, chaque blogueur choisit 4 livres parmi cette méga-liste, qu'il s'engage à lire d'ici la fin de l'année.

Voici la mienne : (je pense qu'elle va faire plaisir à oh-des-livres et à Maxence ^^) :


- L'Histoire sans fin, de Michael Ende => LU

- Le Matou, d'Yves Beauchemin => LU

- Rebecca, de Daphné Du Maurier => LU

-
La Confusion des sentiments, de Stephan Zweig => LU


[ 29 décembre 2009 ] Bilan de ce défi : réussi ! J'ai été très déçue par le Matou mais j'ai beaucoup aimé les autres !

Samedi 24 janvier 2009

Quatrième de couverture : Que savons-nous du texte ? La théorie, ces derniers temps, a commencé de répondre. Reste une question : que jouissons-nous du texte ? Cette question, il faut la poser, ne serait-ce que pour une raison tactique : il faut affirmer le plaisir du texte contre les indifférences de la science et le puritanisme de l'analyse idéologique; il faut affirmer la jouissance du texte contre l'aplatissement de la littérature à son simple agrément. Comment poser cette question? Il se trouve que le propre de la jouissance, c'est de ne pouvoir être dite. Il a donc fallu s'en remettre à une succession inordonnée de fragments facettes, touches, bulles, phylactères d'un dessin invisible : simple mise en scène de la question, rejeton hors-science de l'analyse textuelle.

Mon avis : un essai court, pas aussi facile à lire que le prétendait mon prof, mais je m'y attendais, quelques passages m'ont paru un peu opaques mais j'ai pris des notes et je vais tâcher de me renseigner pour éclaircir certains points. L'ensemble est cependant intéressant et agréable à lire.

Citations : "L'ennui n'est pas loin de la jouissance : il est la jouissance vue des rives du plaisir."

"Inter-texte : impossibilité de vivre hors du livre infini"


Mon extrait préféré : "Plaisir du texte. Classiques. Culture (plus il y aura de culture, plus le plaisir sera grand, divers). Intelligence. Ironie. Délicatesse. Euphorie. Maîtrise. Sécurité : art de vivre. Le plaisir du texte peut se définir par une pratique (sans aucun risque de répression) : lieu et temps de lecture : maison, province, repas proche, lampe, famille là où il faut, c'est-à-dire au loin et non loin (Proust dans le cabinet aux senteurs d'iris), etc. Extraordinaire renforcement du moi (par le fantasme) ; inconscient ouaté."

Samedi 24 janvier 2009

~> CHALLENGE ABC 2009, lettre K - 1er livre lu <~


Quatrième de couverture / Extrait : "King lécha le visage de Patricia et me tendit son mufle que je grattai entre les yeux. Le plus étroit, le plus effilé me sembla, plus que jamais, cligner amicalement. Puis le lion s'étendit sur un flanc et souleva une de ses pattes de devant afin que la petite fille prît contre lui sa place accoutumée."

Mon avis : Comme le dit aussi la quatrième de couverture, ce livre raconte "l'histoire d'un amour fou entre une petite fille et un lion". Présentée comme ça, l'intrigue m'a laissée perplexe, je me demandais bien ce qu'on pouvait développer à partir d'un tel sujet, et au départ ce livre ne m'attirait pas plus que ça. Mais bon, c'est le livre préféré de mon père (qui pourtant ne lit jamais, c'est important de le préciser !), ça méritait bien que je fasse un effort. Et je n'ai pas été déçue ! Ce roman nous plonge dans une atmosphère africaine délicieuse, à la fois mystérieuse, débordante de gaieté, douce, mais aussi violente... deux mondes coexistent dans ce livre, le monde sauvage, où les bêtes et Patricia vivent en harmonie, et notre monde civilisé, effrayé par la toute-puissance de la Nature, monde incarné notamment par la mère de Patricia... l'arrivée du narrateur va bouleverser cet univers, il va en effet être immédiatement fasciné par Patricia, tout en comprenant en même temps les intérêts de sa mère... un livre très beau et dépaysant, la relation entre Patricia et King est extraordinairement bien décrite, et la fin est vraiment émouvante, mais je ne vous en dis pas plus ! Je vous le conseille car c'est un très bon livre qui peut, je pense, plaire à un large public !

Film : réalisé par José Pinheiro, avec Alain Delon dans le rôle du narrateur, je devrais avoir bientôt l'occasion de le voir.

Samedi 24 janvier 2009

Quatrième de couverture : «Répugneriez-vous beaucoup à me céder cette ombre ?» Telle est la surprenante requête qu'un homme en gris adresse au jeune Peter Schlemihl. Désargenté, celui-ci accepte en échange d'une bourse inépuisable. Mais il ne tarde pas à se rendre compte qu'il a fait un marché de dupes...

Mon avis : Miamm, un conte fantastique avec un beauuu style ancien comme j'en raffole, une histoire délectable mêlant pacte avec le diable, amour, aventures, voyage, réflexion... même si la réaction des gens face au problème du héros me surprend quelque peu...une autre chose me surprend, c'est que ce livre soit si peu connu, avant que Lucie ne me le prête je n'en avais jamais entendu parler, et je crois bien qu'elle-même ne le connaissait pas avant qu'il en lui soit offert par Mme Risterucci d'amour ?... (notre super-prof de littérature comparée ^^) Bref grâce à moi vous le connaissez maintenant, profitez-en pour ne par perdre une occasion de le lire !

Samedi 31 janvier 2009

Présentation : (trouvée sur evene) 1981 : à 18 ans, le Vénitien Roberto Succo est emprisonné pour avoir assassiné ses parents, meurtre soudain et incompréhensible. Il s'évade 5 ans plus tard et défie pendant 2 ans les polices française, suisse et italienne dans une cavale ponctuée de crimes en série. Frappé par le visage de Succo placardé sur un avis de recherche dans le métro, Koltès, en 1988, en retrace l'histoire à travers cette pièce qui est aussi sa dernière.

Mon avis : un pièce contemporaine agréable à lire, vite lue, nous allons l'étudier en cours, cela fait plus d'une semaine que je l'ai lue mais je ne sais pas pourquoi, j'ai du mal à donner mon avis à son sujet, elle me laisse perplexe, me colle le bourdon. Ce n'est pas à proprement parler du théâtre de l'absurde, mais les comportements des personnages me paraissent étranges, ils font froid dans le dos... surtout celui de la dame élégante (sa réaction après ce qui arrive à son enfant est pour le moins surprenante !)

Samedi 31 janvier 2009

Quatrième de couverture : "Elle avait l'air si jeune. En même temps il m'avait semblé qu'elle connaissait vraiment la vie, ou plutôt qu'elle connaissait de la vie quelque chose qui faisait peur."
Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d'amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes.
Jusqu'au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu'elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l'errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin.

Mon avis : ce n'est pas de la "grande littérature" (et plus le temps passe, plus je culpabilise lorsque je prends le temps de lire un livre qui n'est pas considéré comme un "classique" ^^) mais j'ai cependant adoré ce livre, que j'ai lu d'une traite, le style traduit très bien les pensées des personnages, ce qui fait que le livre est très prenant. J'ai eu un véritable coup de c½ur pour les deux personnages principaux, Lou et No, si différentes, mais en même temps complémentaires, et qui sont toutes les deux terriblement attachantes. Ce livre est plein d'humanité, ça fait du bien de lire des livres comme cela de temps en temps, on y retrouve un peu l'esprit d'Ensemble c'est tout, d'Anna Gavalda. Il m'a vraiment énormément touchée, je vous le recommande avec chaleur !

Samedi 31 janvier 2009


~> CHALLENGE ABC 2009, lettre E - 2ème livre lu <~


Quatrième de couverture : Depuis leur parution aux Etats-Unis en 1998, Les Monologues du vagin ont déclenché un véritable phénomène culturel : rarement pièce de théâtre aura été jouée tant de fois, en tant de lieux différents, devant des publics si différents... Mais que sont donc ces Monologues dans lesquels toutes les femmes se reconnaissent ? Il s'agit ni plus ni moins de la célébration touchante et drôle du dernier des tabous : celui de la sexualité féminine. Malicieux et impertinent, tendre et subtil, le chef-d'½uvre d'Eve Ensler donne la parole aux femmes, à leurs fantasmes et craintes les plus intimes. Qui lit ce texte ne regarde plus le corps d'une femme de la même manière.

Mon avis : un livre tendre en effet, et drôle aussi, j'avais un peu peur de ce que j'allais y trouver, et ça a été une très bonne surprise ! Il ne s'agit pas d'une histoire avec des personnages, une intrigue et tout, mais une succession de témoignages, d'anecdotes, articulés, liés par la voix de l'auteur, pour explorer tous les aspects de cette chose si naturelle mais pourtant méconnue et taboue : le vagin. Un livre pour se réconcilier avec son corps et sa féminité, j'ai apprécié la diversité des témoignages, on a vraiment les voix de femmes de tout âge, de tous pays... savoureux, et il y a vraiment des réflexions qui font mouche dans le tas, comme l'extrait ci-dessous qui m'a laissé bouche bée... merci en passant à jailu grâce à qui j'ai découvert cette pièce tout à fait originale !

Extrait : "La vente des vibromasseurs est interdite par la loi dans les Etats suivants : Texas, Georgie, Ohio et Arkansas. Si vous vous faites prendre, vous risquez une amende de 10 000 dollars et un an de travaux forcés. En revanche, dans ces mêmes Etats, la vente des armes est parfaitement légale. Et pourtant, on n'a jamais vu un massacre collectif causé par un vibromasseur"

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"Il est absurde d'avoir une règle rigoureuse sur ce qu'on doit lire ou pas. Plus de la moitié de la culture intellectuelle moderne dépend de ce qu'on ne devrait pas lire." Oscar Wilde

Un livre au hasard

Il ne se passait rien...
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