Vendredi 1er février 2008

Quatrième de couverture : Octave est le maître du monde. Octave exerce en effet la profession lucrative de rédacteur publicitaire : il décide aujourd'hui ce que vous allez vouloir demain. Octave est un mort-vivant, couvert d'argent, de filles et de cocaïne. Un jour, il se rebelle. Le doué Octave déjante. La cliente idéale ? " Une mongolienne de moins de cinquante ans. " Les nababs de la publicité ? " Ils mènent la troisième guerre mondiale. " De l'île de la Jatte où négocient les patrons d'agence à Miami où l'on tourne un spot sous amphétamines, d'un séminaire en Afrique à Saint-Germain-des-Prés, de l'enfer du sexe à la pureté perdue, Frédéric Beigbeder, entre fiction et pamphlet, écrit la confession d'un enfant du millénaire. En riant, il dénonce le mercantilisme universel. En quelque sorte, un livre moral. Pour 99 francs, seulement.

Mon avis : un livre dont je ne sais pas trop quoi penser... j'ai beaucoup aimé le début, immédiatement le ton est très cynique, c'est une lecture jouissive... mais ça ne dure pas, et toute cette dénonciation de la société de consommation finit par nous donner envie de nous flinguer. S'ajoutent à cela quelques passages inutiles et vulgaires (où le narrateur rêve d'être sur une île déserte avec des putes) et quelques passages, où le narrateur est dans son agence de pub, qui sont assez chiants à la longue. Et je n'ai pas trop aimé la fin, si on peut appeler ça une fin d'ailleurs. Malgré ces défauts j'ai été bizarrement captivée par ce bouquin, qui est très lucide et nous permet de voir un certain nombre de choses d'une manière différente, même si au fond il est totalement ancré dans ce monde de merde capitaliste qu'il rejette. Un livre intéressant dont je suis sortie profondément déprimée, même si j'hésite à prendre tout à fait la démarche de son auteur au sérieux.

Infos : ce livre a été adapté au ciné avec Jean Dujardin dans le rôle d'Octave. Le livre a été réédité récemment et renommé 14,99 euros.

Mardi 5 février 2008

Quatrième de couverture : "Peut-être l'occasion de trouver le prince charmant... » Erin et Darcy estimaient plutôt amusant de répondre aux petites annonces de la rubrique « Rencontres » pour aider une amie à préparer un reportage télévisé. Beau sujet de reportage, en effet : il y a toutes sortes de gens derrière l'anonymat des annonces...Et la romancière de La Nuit du renard, Grand Prix de littérature policière 1980, experte en pathologie criminelle, nous entraîne, sur les pas de ses héroïnes, dans un suspense de cauchemar.

Mon avis : bof, déçue. On m'avait présenté ce livre comme un bouquin renversant, et je me retrouve face à un policier à l'image de tous les téléfilms dont la téloche nous gave. L'idée de départ est bonne, le livre se laisse lire facilement et est plutôt distrayant ; et au moins je n'ai pas deviné qui était l'assassin (l'auteur s'amuse à nous envoyer sur une fausse piste, mis les faux indices qu'elle laisse sont si énormes qu'on se doute bien que le coupable est quelqu'un d'autre, sans quoi le bouquin n'aurait aucun intérêt !)
Mais tout cela est tellement conventionnel, c'est agaçant : l'agent du FBI qui tombe amoureux d'une proche de la victime pendant l'enquête, le personnage un peu foldingue, coupable idéal, mais qui est innocent, les coïncidences invraisemblables qui font suspecter tout le monde... et, clou du spectacle, l'héroïne toute parfaite qui se retrouve prise au piège avec le meurtrier qu'elle prenait pour un ami, mais qui bien sûr est sauvée in extremis par celui qui deviendra son amoureux ! Et bien entendu tous les personnages sont des riches new-yorkais (le lecteur est censé les envier je crois) C'est du vu et revu 1000 fois, même pour moi qui ne connait rien aux policiers (hypothèse : serait-ce Mary Higgins Clark qui aurait inventé ces topos et aurait été par la suite allègrement copiée ?)
J'ai trouvé le style dans l'ensemble assez fade, voire maladroit (c'est dû je pense à des faiblesses de la traduction) Bref si ce livre est représentatif de la bibliographie de Mary Higgins Clark, je n'ai pas envie de persévérer dans cette voie ! Qu'en pensez-vous ?

Mardi 5 février 2008

Quatrième de couverture : Au début des années 1990, la narratrice est embauchée par Yumimoto, une puissante firme japonaise. Elle va découvrir à ses dépens l'implacable rigueur de l'autorité d'entreprise, en même temps que les codes de conduite, incompréhensibles au profane, qui gouvernent la vie sociale au pays du Soleil levant.
D'erreurs en maladresses et en échecs, commence alors pour elle, comme dans un mauvais rêve, la descente inexorable dans les degrés de la hiérarchie, jusqu'au rang de surveillante des toilettes, celui de l'humiliation dernière. Une course absurde vers l'abîme – image de la vie –, où l'humour percutant d'Amélie Nothomb fait mouche à chaque ligne.
Entre le rire et l'angoisse, cette satire des nouveaux despotismes aux échos kafkaïens a conquis un immense public et valu à l'auteur d'Hygiène de l'assassin le Grand Prix du roman de l'Académie française en 1999.

Mon avis : un Nothomb peut-être moins profond que certains autres (Biographie de la Faim, Cosmétique de l'ennemi...) mais terriblement drôle et bien écrit. La lecture de ce livre constitue un moment jouissif, on est amusé par la détermination d'Amélie en même temps qu'effrayé de la vision japonaise du travail et de la vie en général... très bon !

Mardi 5 février 2008

Quatrième de couverture : L'image dans le tapis est, des nouvelles de Henry James, l'une des plus singulières, celle qui souligne le mieux cette critique à la fois acerbe et mélancolique que l'auteur de Washington Square, Le Tour d'Ecrou, Les Ailes de la colombe adresse au public qui n'entre dans le jeu de la création que par des biais superficiels.
Henry James nous entraîne, de personnage en personnage, délicieusement campés, dans une sorte de quète initiatique. Un petit chef d'½uvre d'humour, distingué, feutré d'un chic très anglo-saxon.

Mon avis : une nouvelle passionnante, on se retrouve pris dans cette histoire étrange de deux critiques littéraires qui cherchent à découvrir le secret d'un écrivain, c'est très bien écrit, la fin est terrible et le style ne manque pas d'humour. Superbe.

Mercredi 13 février 2008

Résumé (alapage) : La mort à Venise est le récit de la passion folle et fatale qui saisit un écrivain d'âge mûr à l'apparition d'un gracieux adolescent d'une extraordinaire beauté. C'est peut-être dans ses nouvelles que Thomas Mann, le plus célèbre écrivain allemand de ce siècle, a mis le meilleur de sa verve ironique et de sa sensibilité musicale, de son émotion discrète et dominée, qui se drape volontiers d'un sarcasme.

Mon avis : une nouvelle pas forcément évidente à lire, beaucoup de références mythologiques peuvent empêcher de comprendre toujours très clairement ce que l'auteur veut dire, mais le style est très particulier, on a une réflexion sur le travail de l'écrivain, son inspiration, le récit a un côté fantastique et sensuel et la fin en fait une histoire très intense. J'ai beaucoup aimé !

Dimanche 17 février 2008

Quatrième de couverture : " Soyez de même extrêmement libre avec les hommes ; affichez avec eux l'irréligion et l'impudence : loin de vous effrayer des libertés qu'ils prendront, accordez-leur mystérieusement tout ce qui peut les amuser sans vous compromettre ; laissez-vous manier par eux (...) ; mais, puisque l'honneur chimérique des femmes tient à leurs prémices antérieures, rendez-vous plus difficile sur cela ; une fois mariée, prenez des laquais, point d'amant, ou payez quelques gens sûrs : de ce moment tout est à couvert ; plus d'atteinte à votre réputation, et sans qu'on ait jamais pu vous suspecter, vous avez trouvé l'art de faire tout ce qui vous a plu."

" Pour qui veut aller au fond de ce que signifie l'homme, la lecture de Sade est non seulement recommandable, mais nécessaire. "
Georges Bataille

Mon avis : j'ai été assez agréablement surprise par ce livre où l'on trouve de très nombreuses scènes de sexe (le début fait très "cours d'éducation sexuelle" c'est assez marrant mais ça se dégrade et à la fin c'est vraiment pervers, trash et tout ce que vous voulez....) mais qui ne se limite pas seulement à ça, les libertins exposent véritablement quelle est leur vision de la vie, il y a un long passage (de 50 pages) argumentatif où Sade défend de façon très persuasive (c'en est même assez effrayant !) des tas de choses infâmes comme l'adultère, l'inceste, le vol, le meurtre, le viol... c'est en même temps une grande apologie de la liberté. Sade, plus qu'un obsédé sexuel, était vraiment un écrivain, et cette ½uvre porte bien son titre.

Vendredi 22 février 2008

Quatrième de couverture : Ce livre est écrit sous la forme d'un dialogue entre Nathalie Sarraute et son double qui, par ses mises en garde, ses scrupules, ses interrogations, son insistance, l'aide à faire surgir " quelques moments, quelques mouvements encore intacts, assez forts pour se dégager de cette couche protectrice qui les conserve, de ces épaisseurs (...) ouatées qui se défont et disparaissent avec l'enfance ". Enfance passée entre Paris, Ivanovo, en Russie, la Suisse, Pétersbourg et de nouveau Paris. Un livre où l'on peut voir se dessiner déjà le futur grand écrivain qui donnera plus tard une ½uvre dont la sonorité est unique à notre époque.

Mon avis : Au début j'ai eu beaucoup de mal à accrocher, j'ai relu les premières pages plusieurs fois, je ne sais pas trop pourquoi... mais une fois dedans impossible de m'en détacher, j'ai vraiment beaucoup aimé, on sent bien l'évolution de la personnalité de l'enfant, le récit est un peu décousu mais justement ça lui donne un charme particulier, la présence du "double" qui l'amène à réfléchir, à se remettre en question, à interpréter des évènements passés, est très intéressante, et c'est en fait tout à fait réaliste, nous avons tous ce genre de "petite voix" avec qui on dialogue sans cesse ! Enfin j'ai beaucoup aimé le style. J'ai hâte de lire d'autres livres de cet auteur.

Samedi 23 février 2008

Quatrième de couverture / extrait : [i]"Les hallucinations commencent. Les objets extérieurs prennent des apparences monstrueuses. Ils se révèlent à vous sous des formes inconnues jusque-là. Puis ils se déforment, se transforment, et enfin ils entrent dans votre être, ou bien vous entrez en eux. Les équivoques les plus singulières, les transpositions d'idées les plus inexplicables ont lieu. Les sons ont une couleur, les couleurs ont une musique... Vous êtes assis et vous fumez ; vous croyez être assis dans votre pipe, et c'est vous que votre pipe fume ; c'est vous qui vous exhalez sous la forme de nuages bleuâtres."

Mon avis : Un style incomparable mais assez compliqué, j'ai beaucoup aimé les desciptions des effets des drogues (haschich et opium) qui sont très poétiques, la première partie, "le poème du haschisch" m'a bien plu ; je ne peux pas en dire tout à fait autant de l'analyse approfondie que fait Baudelaire de l'ouvrage de De Quincey, peut-être parce que je n'ai pas encore lu cette dernière ½uvre... mais ça ne saurait tarder. Les Paradis artificiels est un livre plutôt complexe, je suis contente de l'étudier en cours, je pense que ça me permettra d'y voir plus clair car certains passages demeurent assez flous à mes yeux.

Vendredi 29 février 2008

Quatrième de couverture : La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l'âge d'or de la peinture hollandaise. Griet s'occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s'efforçant d'amadouer l'épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse de ses prérogatives.
Au fil du temps, la douceur, la sensibilité et la vivacité de la jeune fille émeuvent le maître qui l'introduit dans son univers. À mesure que s'affirme leur intimité, le scandale se propage dans la ville... Un roman envoûtant sur la corruption de l'innocence, l'histoire d'un c½ur simple sacrifié au bûcher du génie.

Mon avis : une jolie histoire, dépaysante, et l'époque est bien reconstituée (j'ai bien aimé la description de la vie de la Griet, de ses activités de servante, de même les rapports "hiérarchiques" entre les personnages sont bien rendus) mais j'ai quand même été un peu déçue - il faut dire que j'avais entendu énormément de bien de ce livre alors je m'attendais vraiment à quelque chose de formidable. Etant donné l'époque abordée, j'aurais préféré un style plus caractéristique, moins contemporain, je l'ai trouvé un peu trop simple. Je trouve aussi que l'auteur aurait pu approfondir plus la psychologie des personnages, j'ai été un peu frustrée qu'on ne connaisse pas plus que ça les pensées de Vermeer, on reste un peu dans le flou quant à ses véritables intentions. Vu les circonstances il aurait pu se passer plus de choses.

Le film : les acteurs jouent très bien et sont bien choisis, décors et costumes sont réussis et il y a vraiment une atmosphère spéciale et plaisante mais certains passages ont été coupés (aucune allusion à la soeur ni au frère de Griet !) et le personnage de Vermeer est édulcoré, la fin surtout n'est pas fidèle et m'a agacée...

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"Lire, c'est voyager ; voyager, c'est lire." Victor Hugo

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