Lundi 1er novembre 2010

http://bouquins.cowblog.fr/images/divers/tumblrkum1bp7Iom1qzfwwoo1500large.jpg
... eh oui, Bouquins a 5 ans aujourd'hui ! :D

28 pages se sont ajoutées au blog en 1 an, soit environ
140 articles, soit à peu près 1 article tous les 2-3 jours...
Un certain nombre de livres lus (bilan livresque fin décembre ;))
Pas mal de challenges et de commentaires échangés....
Une MeL toujours ravie d'être sur Cowblog !

Quels évènements notables dans ma vie online depuis l'an dernier ?
Mon inscription sur Livraddict, 1er forum que je n'abandonne pas...
La création de mon blog ciné, Spectatrice....
... je pense que c'est à peu près tout et c'est déjà pas mal !

Merci à tous les gens qui passent ici et me font savoir que les lecteurs
sont quand même toujours super-nombreux, ça fait plaisir !

Un petit sondage pour finir parce que je suis curieuse
et que je ne crois vous avoir jamais posé cette question :


(pour tous ceux qui ne s'étaient jamais préoccupés de l'habillage en se contentant toujours de celui par défaut, vous pouvez, soit m'avouer votre indifférence/ignorance sur le sujet, soit les découvrir - mieux vaut tard que jamais  - dans le menu en bas à gauche ;)

(ne vous fiez pas au sondage qui vous dit bêtement "sélectionnez une réponse avant de voter" alors que vous l'avez fait, votre vote est quand même pris en compte, il faut actualiser la page pour le voir ensuite sur la page des résultats)

Vendredi 5 novembre 2010

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/lareinedesneiges.jpgQuatrième de couverture : Il arrive souvent que le diable qui dispose, comme chacun sait, d'immenses pouvoirs, s'amuse à semer la discorde sur Terre pour le simple plaisir de se réjouir du malheur des hommes. C'est à la suite d'un tour de cette sorte que la pure Gerda va parcourir le vaste monde à la recherche du petit Kay qui a disparu dans le sillage du traîneau de la Reine des Neiges, un soir d'hiver. Au cours d'un long voyage, Gerda interroge les fleurs et les oiseaux, le vent et le soleil qui, peut-être, savent où Kay a été emmené...

Liste des contes de ce recueil : La Reine des neiges / Une histoire dans les dunes / L'histoire d'une mère / Le vieux Ferme-l'oeil / L'homme de neige / Ogier le Danois / Le papillon / Les deux coqs / Une feuille du ciel

Mon avis : un beau recueil qui dans l'ensemble m'a beaucoup plu, même si les deux contes les plus longs, "La Reine des Neiges" (seul conte que je connaissais déjà) et "Une histoire dans les dunes", m'ont un peu déçue. La religion est parfois un peu trop présente à mon goût, et Andersen n'hésite pas à rendre ses personnages pathétiques en leur faisant vivre des choses vraiment terribles, mais plusieurs contes sont cependant tout à fait amusants, Andersen nous montre souvent des points de vue très originaux et des scènes agréables et imaginatives propres à émerveiller les petits et les grands :)

- La Reine des Neiges : on m'avait raconté ce conte quand j'étais petite, mais je ne m'en souvenais plus très bien. Le personnage de la sorcière blanche dans le Monde de Narnia (le 1er film) me rappelait ce personnage, et la visite au Musée de l'Automate de Souillac dans le Lot m'a donnée envie de lire ce conte car j'ai été émerveillée par la scène animée de La Reine des Neiges, j'ai même acheté la carte postale de cette scène et m'en suis servie comme marque-page pour cette lecture ^^
J'adore l'histoire du miroir maléfique, les aventures de Gerda à la recherche de Kay sont chouettes mais j'aurais aimé qu'on voit plus la Reine des Neiges, qu'il y ait un face-à-face, une lutte entre elle et Gerda afin de sauver Kay... la résolution est un peu simple, j'aurais aimé qu'on passe plus de temps dans le palais de la Reine des Neiges ! Pour compenser cette petite frustration j'aimerais voir des illustrations diverses, en consultants des albums comme ceux-ci par exemple.

Ci-dessous, ma carte postale et une photo que j'ai prise de mon automate préféré, qui n'apparaît pas sur la carte (cliquez pour les voir en plus grand) :

http://bouquins.cowblog.fr/images/divers/Lareinedesneigescarte.jpghttp://bouquins.cowblog.fr/images/divers/reinedesneigesours.jpg

- Une histoire dans les dunes : un couple heureux espère l'arrivée d'un enfant, début classique de conte, mais aussi prometteur, mais ça va de mal en pis, le couple décède, (ouhlàlà je spoile, mais il meurt au début donc c'est pas bien grave) en laissant derrière eux un orphelin qui sera recueilli par un couple pauvre, on espère qu'il retrouvera ses origines, et on pense qu'il va lui arriver plein de trucs, mais finalement c'est plutôt triste et décevant qu'autre chose, même si on a droit à quelques descriptions joyeuses qui font chaud au coeur, et surtout à une merveilleuse scène fantastique qui mêle les vivants et les morts dans une église, ce passage m'a d'ailleurs fait penser aux Noces Funèbres de Burton.

- L'histoire d'une mère : l'histoire d'une mère désespérée qui veut reprendre son enfant à la Mort en personne. Sa quête est jalonnée de sacrifices étranges, et la rencontre avec la Mort est très belle, on a une vision très originale de ce personnage ! Un très beau conte même si je n'ai pas trop aimé le message religieux qui reste à peu près le même que dans "Une histoire dans les dunes" : il faut se soumettre à la volonté divine.

- Le Vieux Ferme-l'oeil : un charmant conte onirique ! Une sorte de marchant de sable endort un petit enfant et lui raconte chaque nuit une histoire qui deviendra son rêve. On a donc 7 petites histoires merveilleuses avec des voyages, des fêtes, des jouets animés, des animaux qui parlent... un conte qui reste très positif malgré l'apparition de la Mort et la petite morale finale.

- L'homme de neige : petit conte mignon, mais triste et assez prévisible, avec deux points de vue originaux : celui d'un bonhomme de neige, et celui d'un chien. Conte qui m'a rappelé le poème de Jacques Prévert "le bonhomme de neige".

- Ogier le Danois : est un héros guerrier mort mais prêt à renaître si son pays a besoin de lui. Conte patriotique mais pas désagréable qui explique notamment l'origine du blason danois et vante trois grands hommes que je ne connais pas,

- Le Papillon : conte animalier (qui m'a fait penser aux Fables de La Fontaine) très amusant qui raconte l'histoire d'une papillon qui cherche à épouser une fleur mais se montre trop exigeant. Les comparaisons entre les fleurs et certains caractères humains sont bien trouvées et m'ont fait sourire !

- Les Deux coqs : autre conte animalier humoristique qui fait la comparaison entre un coq de métal qui méprise le monde qu'il regarde de haut, et un coq de basse-cour fanfaron mais plus terre-à-terre... la petite morale est pertinente et drôle, et j'ai particulièrement aimé le troisième personnage de ce conte, tout à fait inattendu : une courge qui rêve d'être mangée par le coq de basse-cour ! Un petit conte que j'ai trouvé très réussi.

- Une feuille du ciel : dernier conte, très bref, et que j'ai trouvé décevant, la présence de cette plante miraculeuse n'est qu'un prétexte pour faire une foi de plus l'apologie de la foi, de l'innocence, j'ai eu l'impression l'évènement pathétique qui survient n'était encore là que pour servir un message religieux fataliste.... un peu dommage pour ma part de finir le recueil sur ce conte-là, qui ne me marquera pas, mais je préfère me souvenir de ceux que j'ai le plus aimés, et ils sont quand même assez nombreux !

Extrait : (du conte de "La Reine des Neiges")
"Un jour, [le Diable] était de bien bonne humeur : il venait de confectionner un miroir qui avait une merveilleuse propriété : le beau, le bien qui s'y réfléchissaient, disparaissaient presque entièrement ; tout ce qui était mauvais ou déplaisant ressortait, au contraire, et prenait des proportions excessives. (....)
Ses débris n'étaient pas plus gros que des grains de sable. Le vent les éparpilla à travers le vaste monde. Bien des gens reçurent de cette funeste poussière dans les yeux. Une fois là, elle y restait et les gens voyaient tout en mal, tout en laid et tout à l'envers. Ils n'apercevaient plus que la tare de chaque créature, que les défectuosités de toute chose ; car chacun des imperceptibles fragments avait la même propriété que le miroir entier. Bien plus, il y eut de ces morceaux qui descendirent jusqu'au cœur de certaines personnes ; alors c'était épouvantable ; le cœur de ces personnes devenait comme un morceau de glace, aussi froid et aussi insensible."

Dimanche 7 novembre 2010

http://26.media.tumblr.com/tumblr_lbdhy8WZoc1qa21u7o1_500.jpg(image sans rapport mais j'ai vu Moulin Rouge cette semaine et ai du mal à m'en remettre alors...)

Pas de tags depuis quelques mois mais en voici un nouveau, que m'a transmis Matilda.
J'ai d'abord hésité à y répondre, j'avais peur qu'il soit redondant par rapport au Tag des Mots dans lequel nous devions citer des auteurs que nous aimions... mais finalement non, ce n'est pas tout à fait pareil (même s'il y aura quand même pas mal de redites), parce que le but du Tag des 15 auteurs est de nommer quinze auteurs qui nous ont marqué et qu'on oubliera jamais. C'est donc une liste plutôt nostalgique, qui vous donne une idée (même s'il n'y a pas tout, j'ai dû laisser des auteurs de côté - du genre, j'ai pas mis Gabriel Garcia Marquez ni Dephine de Vigan alors que je les aime ohlàlà !) des coups de coeurs livresques que j'ai eus tout au long de ma vie... j'ai aujourd'hui changé d'avis sur certains auteurs et Bernard Werber par exemple ne compte plus parmi mes auteurs préférés.... mais je l'ai adoré à une époque et je ne l'oublierai jamais, donc il a sa place dans cette liste, dont l'ordre est dirons-nous... chronologique. Pas besoin de justifications mais je me connais, je vais pas pouvoir m'empêcher de bavarder !

1) La Comtesse de Ségur : parce qu'en CP ma mère me lisait Les Malheurs de Sophie et c'est donc un des premiers livres que j'ai ensuite lus par moi-même, et je l'ai relu de très nombreuses fois !
2) J.K. Rowling (pas besoin d'expliquer pourquoi !)
3) Guy de Maupassant
4) Charlotte de Brönte
5) Emile Zola - pour ces 3 derniers choix, ce sont des lectures de collège et je ne suis pas sortie indemne du Horla, de Jane Eyre et de Thérèse Raquin, ce sont donc ces trois auteurs qui m'ont donné envie de me tourner plus vers les classiques !
6) Oscar Wilde - Le Portrait de Dorian Gray, 1er coup de foudre littéraire de ma vie.
7) Bernard Werber - découvert au lycée et adoré pendant des années. (je garde en haute estime Les Thanatonautes et la Trilogie des Fourmis)
8) Amélie Nothomb - découverte au lycée et mon admiration ne s'est pas encore démentie !
9) Marie Brantôme
10) Stefan Zweig
11) Boris Vian
12) Georges Perec - Un homme qui dort, 2ème coup de foudre littéraire de ma vie.
13) Arthur Schnitzler
14) Jean Tardieu - sujet de mon minimémoire, toujours absent de ce blog et c'est fort injuste !
15) Milan Kundera - L'Insoutenable légèreté de l'être, mon dernier coup de foudre en date.

Je ne tague personne en retour parce que j'ai la flemme (15 personnes c'est beaucoup !) et la plupart des gens que j'aurais aimé taguer l'ont déjà été... mais si ce tag vous intéresse n'hésitez pas à le prendre !

Mercredi 10 novembre 2010

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/laligneverte.jpg
CHALLENGE ABC 2010, 24ème livre lu ♦
 
Quatrième de couverture :
"Ça s'est passé en 1932, quand le pénitencier de l'État se trouvait encore à Cold Mountain. Naturellement, la chaise électrique était là. Ils en blaguaient de la chaise, les détenus, mais comme on blague des choses qui font peur et auxquelles on ne peut échapper. Ils la surnommaient Miss Cent Mille Volts, la Veuve Courant, la Rôtisseuse."

Dans le bloc des condamnés à mort, au bout d'un long couloir que les prisonniers appellent la ligne verte, la chaise électrique attend John Caffey. Le meurtrier des petites jumelles Detterick, jadis découvert en larmes devant leurs cadavres ensanglantés.

Paul Edgecombe, le gardien-chef, l'accueille comme les autres, sans état d'âme. Pourtant, quelque chose se trame... L'air est étouffant, la tension à son comble. Un rouage va lâcher, mais pourquoi ? Les provocations sadiques d'un maton dérangé, la présence d'une souris un peu trop curieuse, l'arrivée d'un autre condamné ?

Aux frontières du roman noir et du fantastique, ce récit est avant tout une brillante réflexion sur l'exécution capitale.

Mon avis : eh bien... c'est mon deuxième Stephen King (il y a un peu plus de deux ans j'ai lu Shining) et pas le dernier je pense ! Quelle œuvre de King me conseillez-vous ensuite ?

J'ai d'abord été étonnée (comme d'hab' je n'avais pas lu la quatrième de couverture, la seule chose que je savais vaguement, c'est qu'il serait question de la peine de mort dans ce roman) que le narrateur soit un gardien de prison, je m'attendais plus à une confession du condamné lui-même, comme dans le Vagabond des étoiles de Jack London. Et j'ai été touchée par l'humanité de ce personnage, par sa compassion. Non pas que j'imaginais que tous les gardiens de prison sont nécessairement des sadiques heureux de faire ce boulot pour maltraiter les détenus qui leurs sont confiés, mais... ouais, je crois que c'est quand même le genre de cliché qui court sur ce métier et je m'attendais plus à un personnage de ce genre-là. Surtout en 1932, les geôliers ne devaient pas avoir de formation psychologique comme ça doit être le cas maintenant ! Mais à travers sa confession (le terme de confessions n'est pas vraiment juste, il ne cherche pas à "confesser" ce qu'il a fait mais plutôt à raconter enfin ce qui s'est vraiment passé cette année-là) Paul nous fait bien sentir que, tout en étant professionnel et en dirigeant les exécutions, il prenait à coeur les destinées de ses "gosses à problèmes" promis à la chaise électrique. Le style est parsemé d'expressions argotiques, et le ton est clair mais chaleureux, le narrateur ne nous cache rien de ses sentiments de l'époque sans perdre pour autant le fil bien tracé de son histoire. Il développe des anecdotes qui nous permettent de bien imaginer la vie au bloc E, tout ce qui concerne leur étonnement joyeux face au curieux personnage de la souris par exemple nous fait plonger complètement dans leur quotidien !

Même si l'histoire de John Caffey est celle que Paul tient le plus à nous raconter, il nous raconte aussi toutes celles qui y sont plus ou moins directement liées : les histoires des autres détenus de la même époque : Delacroix, William Wharton.... ; celles de ses collègues, son patron Hal Moores, l'affreux Percy Wetmore... et la sienne propre, qu'il raconte assez objectivement (je me suis demandée au début pourquoi il insistait tant sur son infection urinaire avant de comprendre l'importance de ce qui n'aurait pu être qu'un détail insignifiant !) Il nous parle aussi de façon assez développée de sa situation au moment où il écrit tout cela, en maison de retraite... on a donc un décalage entre le Paul âgé qui se met à écrire, et le Paul plus jeune au moment des faits, décalage pas si important car il a peu changé (mentalement je veux dire), et le parallèle qu'il fait peu à peu entre la prison et la maison de retraite, et les habitants des deux endroits, est plutôt effrayant et pas incohérent ! (et c'est la pertinence de ce parallèle justement qui le rend effrayant). Tous les personnages au fond sont rapprochés, les détenus condamnés à mort ne sont pas marginalisés ni diabolisés, et les hommes libres et prétendument innocents ne sont pas si blancs que ça !

Ce roman est divisé en 6 épisodes distincts eux-mêmes subdivisés en une dizaine de chapitres chacun. Au début de chaque épisode (l'épisode précédent finissant sur un gros moment de suspense généralement !), on revient au présent et Paul âge évoque sa vie à Georgia Pines (le nom de sa résidence pour personnes âges), récapitule un peu tout et reprend ensuite la fin de l'épisode d'avant. J'ai d'abord trouvé ce procédé redondant avant de me souvenir que La Ligne Verte avait d'abord été publiée en feuilleton (en France, en édition Librio), et que les 6 parties ont donc été à l'origine publiées tout à fait isolément... en gardant cela à l'esprit, j'ai donc pu apprécier l'intérêt de cette brève mais systématique récapitulation au début de chaque épisode, et j'ai pu en profiter moi-même pour rentrer encore plus facilement dans le récit après des pauses forcées (vraiment forcées, j'aurais bien tout lu d'une traite, mais j'ai lu ce roman en trois jours) entre certains épisodes.

Le registre fantastique présent ne nous fait pas oublier le réalisme du reste du récit, réalisme qui domine très largement de toute façon (même s'il fait preuve d'une certaine compréhension, le narrateur ne nous cache pas les vices des détenus à sa charge et ne nous les présente pas comme des agneaux sans défense !), certains passages m'ont vraiment beaucoup émue, et une fois que j'ai fini ce roman, je me suis posée la même question qu'après avoir visionné le film La Dernière Marche (vu une fois il y a des années mais il m'a marquée, j'aimerais le revoir et lire le roman dont il s'inspire) : Comment peut-on être pour la peine de mort quand on réfléchit vraiment concrètement à ce que tuer un homme représente ? (sans parler du risque toujours présent d'exécuter un innocent...) Je pense que l'histoire de Paul Edgecombe et celle de John Caffey risque de me marquer... j'ai le DVD de l'adaptation ciné avec Tom Hanks chez moi, je pense le visionner bientôt !

Lundi 15 novembre 2010

http://bouquins.cowblog.fr/images/divers/readmorebooksthanblogsanalogsoul.jpgCe blog n'est en principe pas du tout le lieu indiqué pour des épanchements personnels, mais la décision que je viens de prendre le concerne un minimum, et puis même si j'ai 2 autres blogs, je considère un peu Bouquins comme mon blog "officiel", ceci explique la présence de cet article ici. (et surtout, parler "en public" de mon envie de me couper un minimum du net me forcera à ne pas oublier aussitôt cette bonne résolution ! ^^)

Allumer l'ordinateur est un réflexe quotidien pour moi. Et chaque jour, je passe des heures devant mon écran. Quelquefois jusqu'à en avoir mal aux yeux, jusqu'à en être abrutie. Ce n'est pas très sain... J'ai déjà essayé plusieurs fois de freiner cette addiction à l'ordi mais jamais de façon vraiment radicale. Depuis quelques semaines surtout, ma lassitude s'accroît, mes errances sur le net m'exaspèrent, sans que je parvienne à être raisonnable et à éteindre mon ordinateur pour autant (j'ai des problèmes d'autodiscipline !).... mais quand je pense à tout ce temps perdu depuis des années ça m'effraie, alors j'ai envie aujourd'hui de mettre un sérieux hola.

N'allez pas imaginer que cet article sonne le glas de Bouquins, il n'en est pas question ! Je continuerai à écrire mes avis sur mes lectures (je dirais que ça fait partie de mon mode de vie maintenant, j'adore toujours autant le faire et je ne vois pas pourquoi je m'en priverais car je prolonge ainsi le plaisir que je prends à lire !), donc il y a de fortes chances pour que ça ne change pas grand-chose ici, je continuerai à publier mes articles à peu près comme d'habitude (mais pas de façon aussi instantanée, je publierai peut-être plusieurs articles d'un coup).

Donc si je ne réponds pas à vos commentaires, et surtout si je semble absente de vos blogs, de Livraddict... pas d'inquiétude, je ne suis pas morte ! Je reviendrai simplement quand j'aurai réussi à me détacher un peu du monde virtuel qui a actuellement bien trop tendance à envahir ma vie.

D'ici là, bonne continuation tout le monde,
bonnes lectures, et à bientôt ! :o)
 
MeL
 
P.S. : Deux articles de blogs sont en partie responsables de cette "prise de conscience" et de la décision que je prends ce soir de m'éloigner du net : cet article (qui disparaîtra dans une semaine), et SURTOUT celui-là, lu il y a quelques mois et qui m'a marquée puisque je vous en recommande encore la lecture aujourd'hui.... (je viens de le relire et vraiment je trouve qu'il vaut le coup !)

http://bouquins.cowblog.fr/images/divers/readinstead.jpg

Mercredi 17 novembre 2010

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/lelivredeschosesperdues.jpgQuatrième de couverture : La Seconde Guerre mondiale gronde. Oppressé par l'atmosphère familiale, le jeune David se réfugie dans les livres. Une nuit, il pénètre dans un univers parallèle peuplé de créatures inquiétantes, hybrides de ses lectures et de ses terreurs. Égoïstes, violentes, elles s'entredéchirent pour la mainmise du royaume. Poursuivi par un mystérieux être malfaisant, David se trouve plongé au cœur d'une terrible lutte de pouvoirs.
 
Mon avis :
Il y a un certain temps (je dirais quelques mois), j’ai lu plusieurs articles très élogieux sur ce livre et l’ai donc inscrit dans ma LAL. Quand il a été proposé en partenariat, je n’ai donc pas hésité avant de postuler et j’ai été très contente d’être sélectionnée, merci beaucoup à Livraddict et à J’ai Lu !
 
Le début m’a fait pas mal penser à L’Ombre du Vent, car le héros est un petit garçon aimant les livres qui perd sa mère dans un contexte de guerre… mais le héros n’est pas vraiment complice avec son père et on se rend compte assez rapidement que la comparaison s’arrête là. L’auteur prend son temps pour nous familiariser avec le personnage du héros, David, il revient assez longuement sur la maladie de la mère, la tristesse du personnage est bien décrite, de même que sa jalousie lorsque son père va refaire sa vie, ses séances avec un psychologue seront aussi évoquées...
On sait à l’avance que David va connaître des aventures merveilleuses, mais ce début ne les annonce pas vraiment,  le seul élément fantastique qui laisse doucement entrevoir la suite (sans qu’on puisse deviner où cela va nous entraîner) est la présence les « voix des livres » que David entend. La situation est telle qu’on comprend que de jeunes lecteurs peuvent y être particulièrement sensibles, mais le style n’est heureusement pas trop enfantin.

Ce début assez « psychologique » nous permet de connaître de façon assez complète la personnalité de ce jeune héros déboussolé qui ne parvient ni à faire son deuil, ni a vraiment s’intégrer à sa famille recomposée, je ne me suis pas ennuyée car ces thèmes, s’ils sont assez banals, sont développés de façon réaliste et touchante ; mais cette partie du roman m’a un peu fichu le cafard et m’a laissée perplexe : je trouvais que cette situation était un point de départ inattendu (et bizarrement long) pour un roman de fantasy en principe bourré d’aventures (car la quatrième de couverture semble bien indiquer que ce roman fait partie de ce genre)…
 
Mais les aventures déferleront dès que notre jeune héros ira faire un tour dans la brèche du jardin creux et en effet, la suite nous emmène bien comme prévu dans un monde parallèle, irréel et peuplé de créatures extraordinaires. J’ai apprécié ce monde et la quête qui s’ensuit ; j’ai déjà reproché aux romans de fantasy de nous infliger à chaque fois un long voyage effectué par un jeune héros sans expérience et un compagnon plus aguerri, et cette fois-ci encore on y a droit…. Mais là je ne me suis pas ennuyée et je n’ai rien à y redire ! Le voyage que va faire David est en effet semé d’embûches (pas de périple monotone à travers un désert ici, ouf), et les rencontres qu’il fait m’ont enthousiasmée, que cela soit dans le camp des alliés ou celui des ennemis.

Trolls, loups, « sires-loups », harpies, nains… le bestiaire semble ne rien avoir d’inédit (ou presque) mais la grande force de ce roman, l’idée de génie de l’auteur a été de réexploiter les personnages merveilleux des contes que nous connaissons tous, en les intégrant dans une histoire originale et en les remaniant à sa sauce ! Rencontrer dans ce roman des personnages de contes célèbres nous donne l’impression de nous retrouver dans un monde imaginaire à la fois familier (et c’est délicieux) et surprenant, car l’auteur nous les fait voir autrement, et on découvre alors que les héroïnes des contes par exemple n’ont pas forcément le beau rôle que les contes leur prête habituellement, qu’il s’agisse de Blanche-Neige, de la Belle au Bois Dormant ou du Petit Chaperon Rouge (qui n’est pas du tout une petite victime ici ^^)… j’ai adoré tous les passages où il est question de ces personnages qui ont bercé mon enfance, ce sont sans aucun doute ceux que j’ai préférés dans ce roman, j’étais à la fois heureuse de les retrouver, et curieuse de ce qui allait se passer, de voir en quoi l’auteur allait s’affranchir des histoires déjà écrites!

Les péripéties sont assez nombreuses, assez imaginatives pour être vraiment divertissantes, et toujours l’ombre menaçante du diablolique Homme Biscornu qui suit David relance l’intrigue et nous fait espérer le pire (et donc le meilleur :p) pour la suite.
Certaines descriptions légèrement sanglantes nous font visualiser les scènes avec pas mal de réalisme, la cruauté de certains des personnages est assez flippante, et le côté noir des contes ressort bien plus dans ce roman plus que le côté naïf et rose bonbon « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » qui en est quasiment absent (je dis quasiment car on a quand même de l’amour dans ce livre, un peu… sans jamais tomber dans la mièvrerie, et d’une façon assez inhabituelle d’ailleurs, j’aime !)
 
La dernière partie du roman m’a un peu moins plu, les révélations concernant l’Homme Biscornu sont pas mal trouvées (et m’ont un peu rappelé Coraline de Neil Gaiman), mais je pense que j’avais été tellement emportée par tout ce qui avait précédé que j’étais du coup trop exigeante et le dénouement m’a paru un peu « simple » en comparaison, la toute fin du roman est assez logique et je ne sais pas, j’aurais peut-être aimé une dernière grosse surprise ? Enfin je ne me plains pas, même si la lecture des toutes dernières pages a été moins haletante, j’ai fermé le livre avec un petit soupir souriant, et en vérité toute cette histoire m’a enchantée !

Un très grand merci donc à Livraddict et aux Editions J’ai Lu qui m’ont permis de savourer ce roman !!!

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(et comme d'habitude, plus d'avis sur ce livre en cliquant sur la couverture)

Extrait :
"Les histoires dans les livres détestent les histoires dans les journaux, disait la mère de David. Les nouvelles des journaux sont comme des poissons qui viennent d'être pêchés : elle sont intéressantes tant qu'elles sont fraîches, c'est-à-dire jamais très longtemps. Elles sont tapageuses et insistantes, comme ces vendeurs à la criée de l'édition du soir, alors que les histoires - les vraies histoires, celles qui sont inventées - ressemblent à des bibliothécaires sévères mais serviables officiant dans des salles de lecture aux rayonnages bien garnis. Les histoires des journaux sont aussi volatiles que la fumée, aussi périssables qu'éphémères. Elles ne s'enracinent nulle part, ce sont de mauvaises herbes proliférant sur le sol, cachant le soleil à des contes autrement plus dignes d'intérêt."

Jeudi 18 novembre 2010

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/lachambredesofficiers.jpgQuatrième de couverture :
"La guerre de 14, je ne l'ai pas connue. Je veux dire, la tranchée boueuse, l'humidité qui traverse les os, les gros rats noirs au pelage d'hiver qui se faufilent entre les détritus informes, les odeurs mélangées de tabac gris et d'excréments mal enterrés, avec, pour couvrir le tout, un ciel métallique uniforme qui se déverse à intervalles réguliers comme si Dieu n'en finissait plus de s'acharner sur le simple soldat. C'est cette guerre-là que je n'ai pas connue."
Dans les premiers jours de 14, Adrien F, lieutenant du génie, est fauché par un éclat d'obus sur les bords de la Meuse. Défiguré, il est transporté au Val-de-Grâce où il séjournera cinq ans dans la chambre des officiers. Au fil des amitiés qui s'y noueront, lui et ses camarades, malgré la privation brutale d'une part de leur identité, révéleront toute leur humanité. De cette épopée dramatique, émouvante, mais drôle aussi parfois, on retiendra que des blessures naît aussi la grâce.

Mon avis : J'ai emprunté ce livre (sans en lire le résumé, comme d'hab') parce que j'ai le DVD et que je voulais donc lire le livre avant de le regarder. Etant donné que le DVD fait partie d'un coffret de "films romantiques", je m'attendais à une histoire un peu légère d'amourettes d'officiers pendant la guerre... alors que ce n'est pas du tout le sujet de ce livre, je ne m'attendais vraiment pas à ça ! ^^

Au début, certes, Adrien n'est rien d'autre qu'un jeune homme comme les autres, un peu frivole même puisqu'il séduit Clémence, une femme engagée à un autre homme déjà parti à la guerre la veille de sa propre mobilisation. Mais très vite, cette intrigue sentimentale n'est plus sur le devant de la scène, l'"accident" d'Adrien bouleverse tout. L'originalité de ce roman réside dans le fait de nous parler de la violence de la guerre d'un point de vue peu utilisé dans la littérature (enfin peu utilisé, après tout je n'en sais rien... mais c'est le premier roman de ce genre qui me tombe entre les mains !) : celui des Gueules Cassées. Adrien, narrateur de la guerre, se retrouve défiguré et coincé dans un hôpital pendant toute la durée de la guerre, et comme on suit son histoire et voit tout à travers ses yeux, on n'aura aucun récit de combat par exemple... les horreurs de cette guerre nous sont rapportées d'une façon à la fois indirecte - on reste à l'arrière - et terriblement directe, puisque le héros se retrouve mutilé et donc on ne peut plus concerné par tout ce qui se passe....

La douleur, la répulsion que lui causent ses blessures, la peur du regard de l'autre nous sont racontées. Le lecteur se retrouve dans une situation ambivalente, d'un côté on est nous aussi un peu dégoûté par l'aspect que doit avoir Adrien (je me demande ce que donne le film d'ailleurs, comment cet aspect est rendu, si le réalisateur cherche à épargner le spectateur ou pas...), mais de l'autre, on souffre avec lui, qui partage son intimité avec nous. On s'attache rapidement à cette "chambre des officiers" habitée par des hommes détruits, différents mais unis par une amitié indéfectible qui continuera bien après la guerre.

Le ton est réaliste, assez désenchanté, j'ai surtout aimé l'humour noir assez présent et qui met habilement en évidence l'absurdité de toute cette situation... sans espoir pour son avenir, Adrien doit faire le deuil d'un certain nombre de choses mais refuse malgré tout de renoncer à vivre, et combat ses propres faiblesses par une gaieté touchante. Il manque quand même un petit quelque chose pour que cela soit vraiment un coup de cœur pour moi, j'aurais aimé peut-être encore plus de passages d'introspection (même si on comprend aussi pourquoi il s'efforce de ne pas trop réfléchir, afin de ne pas s'apitoyer sur son sort), ou que l'histoire des autres personnages soit plus développée ? J'aurais aimé en savoir plus sur Clémence par exemple, on la revoit, d'accord, mais j'ai été un peu frustrée par leurs retrouvailles !

J'ai été plutôt émue à la lecture mais je crains déjà que cette histoire ne me marque pas autant que son sujet le mériterait.... il ne me reste plus maintenant qu'à voir le film, et je me demande quand même quelles modifications ont pu être effectuées pour qu'il soit carrément considéré comme un "film romantique"....

Extraits :
"Clémence est en filigrane dans toutes mes pensées. Le sentiment de trahison qu'a fait naître sa lettre ne m'a détourné d'elle que pendant quelques jours. Je sais que je la reverrai, cela dût-il prendre des mois, des années. Je la regarderai se faner, je verrai le temps affaiblir ses contours, creuser sa beauté. Car moi, le mutilé de la face, je ne vieillirai pas. La guerre m'a fait vieillir à vingt-quatre ans. Je n'ai pas eu le courage de me suicider. J'ai eu le courage de ne pas me suicider. La rancœur, l'aigreur menacent. Je fais face à l'ennemi intérieur."

"Les jours se succèdent, tous pareils malgré nos efforts pour animer notre petite communauté. Une vie monacale, la souffrance en plus, l'illumination en moins. Le même renoncement. La même contrainte de rythmes immuables qui apaisent et qui oppressent. L'imaginaire d'un blessé, incarcéré par sa mutilation dans une chambre d'hôpital militaire pendant plusieurs mois, s'ordonne autour d'un petit nombre de pensées répétitives, rarement profondes et que d'autres trouveraient certainement obsessionnelles. La première tâche fut d'éliminer de notre champ de conscience tout ce qui pouvait rappeler que notre vie antérieure s'était normalement organisées autour de nos sens. Le seconde, de nous interdire toute projection dans un avenir autre que celui des petits progrès quotidiens de mastication et de prononciation."

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"Lire, c'est boire et manger. L'esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas." Victor Hugo

Un livre au hasard

Il ne se passait rien...
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