Vendredi 22 janvier 2010

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/thornytorinxcamilledeperetti080918103838.jpgQuatrième de couverture : Depuis toujours, Camille est une princesse. Elle doit donc avoir de jolies robes (traduisez: faire du shopping), être intelligente (comprenez intégrer une grande école de commerce) et être toujours la plus belle (en d'autres termes être mince). Elle s'attelle consciencieusement à la tâche et, à vingt ans, c'est une élève brillante, élégante, et une véritable brindille de 50 kilos pour 1 mètre 70. Mais lorsque ses études l'éloignent de ses rêves, que son cœur s'enflamme pour un beau ténébreux et que son poids commence à fluctuer, rien ne va plus. Son recours? Se faire vomir, systématiquement, jusqu'à l'obsession: Camille est devenue une boulimique anorexique. Seulement, les princesses ne sont pas malades, et pour l'ex-petite fille modèle va alors commencer un long et tortueux combat...

Mon avis : Un livre distrayant et vite lu, trop vite lu sans doute, je ne pense pas qu'il me marquera. Je ne me suis pas ennuyée, mais bizarrement ce livre m'a laissée froide. Je dis bizarrement car habituellement les livres qui parlent d'anorexie m'émeuvent beaucoup. Alors quoi ? Aurais-je trop lu sur ce sujet ? Je ne crois pas, il y a quelques mois j'ai bien lu Jours sans faim de Delphine de Vigan et je l'ai beaucoup aimé, rien à voir avec celui-ci.... en lisant Thornytorinx j'ai eu une impression de "déjà-lu", pas seulement à cause du sujet abordé, mais surtout à cause de la manière d'écrire. Ça va vite, c'est enthousiaste, ça interpelle le lecteur d'une façon un peu agressive parfois, avec une énergie un peu à la Lolita Pille. Je me disais qu'après Stendhal, j'avais envie d'une lecture qui demande peu de réflexion mais là en fait j'ai trouvé ce style trop facile, trop banal.

Et le problème surtout, c'est que je n'ai ressenti aucune empathie, aucune sympathie pour l'héroïne. Cette manie de se considérer comme une princesse m'a exaspérée. Et puis, quelle idée d'intégrer une grande école de commerce et de travailler pour une banque quand on a horreur des chiffres ? Facile de se plaindre après... alors ce n'est pas gentil de ma part de juger ainsi un personnage, d'autant plus que ce roman est autobiographique, mais... j'ai pas envie de me censurer non plus. On sent venir le happy end grâce au grand amour salvateur à des kilomètres, et l'image très complaisante que l'auteur a d'elle-même m'a agacée. A la fin elle semble un peu dédramatiser sa maladie d'une façon qui ne me semble pas très saine, et rien que le début, "j'ai vomi partout", me semble dit sur un ton provocateur, et je ne vois pas l'intérêt d'employer un tel ton... et ce qui m'a gênée enfin, ce sont les conclusions pleines de certitudes qu'elle nous fait subir, du genre "mon histoire, c'est l'histoire d'une fille qui..." Comment peut-on résumer en quatre mots des pans entiers de sa vie, sait-on jamais qui on est vraiment ?

Ce n'est pas un roman que je déconseille vraiment, si comme moi vous vous intéressez aux livres qui traitent de ce sujet vous pouvez essayer, mais si ce sujet vous intrigue et que vous n'avez encore jamais lu de roman abordant cette maladie je vous conseille plutôt Le pavillon des enfants fous de Valérie Valère, Petite de Geneviève Brisac, Jours sans faim de Delphine de Vigan ou Biographie de la faim d'Amélie Nothomb...
 


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Par Raison-et-sentiments le Vendredi 22 janvier 2010
Je ne pense pas que ce soit vraiment autobiographie, tous les autres romans de l'auteur sont censés l'être mais je pense plutôt qu'elle joue avec l'auto-fiction.
Je l'ai et je me souviens avoir bien aimé ; un autre de ses romans Nous sommes cruels, sur le modèle des Liaisons dangereuses m'a par contre énormément plu ! Un vrai plaisir de lecture !
Par Princesse-de-rien le Vendredi 22 janvier 2010
Le contraire de toi, ce livre m'a énormément marquée, je le connais quasiment par coeur, car je l'ai lu et relu dans les moments où ça n'allait pas. J'ai lu tous les romans de Camille de Peretti, je suis complétement sous le charme de cet écrivain. Son style est loin d'être banal vraiment, mais Thornytorinx est abrupt. Il doit l'être, comme le vomi qu'elle fait sortir. Ce sentiment d'agression que tu as eu, je pense que c'est volontaire, parce que la maladie est agressive, une vraie saloperie.
J'ai eu beaucoup d'ampathie pour l'auteur, je me suis reconnue en elle. Quand on veut être une princesse, c'est pour dire qu'on veut que tout soit parfait. La vie en apparence est plaisante, mais sous le masque, c'est un véritable enfer.
Il est vrai que le livre dédramatise un peu la maladie, et tant mieux, oh oui tant mieux. Camille l'écrit, que se faire vomir n'empêche ni d'aimer ni de se faire aimer. Trop de gens croient le contraire...
Le happy end, je ne sais pas. " Au fond on ne guérit jamais d'une pareille absurdité", et on sait seulement ce que Camille a bien voulu raconter, aucun détail de son passé familial ( elle a pourtant grandi sans père), aucune explication sur la thérapie...

J'ai lu aussi Jours sans faim. ça n'a effectivement rien à voir, c'est une autre histoire. Il y a probablement autant d'anorexies que d'anorexiques...
Quant à Biographie de la faim, lu aussi, ça ne traite pas tout à fait du sujet.
Je peux te conseiller La petite fille qui ne voulait pas grossir, d'Isabelle Caro. Tu en as surement entendu parler si tu t'intéresses, comme moi, à ce genre de livres.
Par MeL le Vendredi 22 janvier 2010
C'est vrai que le "happy end" est relatif, mais bon, je trouve qu'on devine quand même qu'elle va s'acheminer vers une guérison grâce à un nouvel amoureux (même si elle n'est pas totale comme tu le dis). Tant mieux, d'ailleurs. Le problème avec ce genre de livres, c'est que moralement, c'est bien qu'elle s'en sorte, évidemment. Littérairement, ça semble prévisible, et donc presque "décevant"... mais dire ça c'est assez odieux de ma part -_-

Je suis tout à fait d'accord avec toi quand tu dis "Il y a probablement autant d'anorexies que d'anorexiques..." c'est pourquoi je comprends que ce livre ait pu toucher certaines personnes, et heureusement.

Je pense que je chercherai à lire les autres livres de cet auteur, pour me faire une meilleure idée de son style.

J'aimerais aussi lire le livre d'Isabelle Caro (je me souviens que j'avais vu un reportage à la télé sur elle qui était assez impressionnant...), quand je le trouverai en bibli ou pas cher d'occasion.

Merci pour ton commentaire, en relisant je me dis que j'espère que je ne dissuaderais pas trop de lecteurs, j'aime donner mon avis mais je ne veux pas non plus être "trop sévère". Ton avis compense le mien ^^
Par MeL le Vendredi 22 janvier 2010
J'ai quand même tendance à penser que c'est très autobiographique... mais bon, elle a bien dû prendre des libertés avec la réalité aussi.

Je me souviens de ton billet sur Nous sommes cruels, j'essaierai de le lire, histoire de donner une seconde chance à cet auteur :)
Par Exlibris le Samedi 23 janvier 2010
Non non je crois bien qu'il est autobiographique..
A la rapide lecture que j'en avais fait pour le mag' à lire, j'avais bien aimé, parce que.. c'était facile et rapide, sans accroc. Mais en fait, ce qui m'a gêné, encore plus que le style, c'est le fait de résoudre le problème par l'amour.. C'est un livre en plus qui fera croire à toutes les petites filles que sans amour de sa vie, on est une pauvre petite chose. C'est en partie par l'amour, que le développement personnel peut s'accroître, mais j'ai trouvé la solution trop simpliste..
Par Raison-et-sentiments le Samedi 23 janvier 2010
Je n'ai pas écrit de billet sur Nous sommes cruels, mais je l'ai beaucoup beaucoup aimé ^^
Par MeL le Samedi 23 janvier 2010
Tiens ? Je confonds avec un autre blog alors, mais lequel ?
Par Véro le Samedi 23 janvier 2010
Bon, vu que j'avais beaucoup aimé celui de Valrie Vlère, je laisse celui-là de coté.
Par Nelfe le Lundi 8 février 2010
Ce livre me tente bien à la lecture de la quatrième de couverture mais à celle de ta critique j'hésite...
 

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