Mercredi 21 septembre 2011

http://www.leseditionsdeminuit.com/images/3/270731952X.jpgComme avec En attendant Godot il y a quelques années, me reste une impression d'être un peu passée à côté. Ce qui m'ennuie pas mal. A la fac, quelqu'un (z'étaient plusieurs d'ailleurs si mes souvenirs sont bons) avait fait un exposé sur Molloy, exposé ensuite repris par le prof qui l'avait élargi en nous parlant de toute l’œuvre de Beckett, on l'avait donc "étudié" sans le lire et ça m'avait plu, je m'étais dit "Tiens, Beckett, il faudra que je retente". Et hop, j'ai Mercier et Camier à lire pour les cours, ça tombe bien !

Mais une fois que je me suis lancée dans cette lecture, mon enthousiasme est retombé, zut.

Au début j'aimais bien pourtant, la maladresse des personnages qui les fait tourner en rond, leur pessimisme... ils sont exaspérants à souhait et c'est ça qui est bon, leurs défauts vont tellement loin - ils repoussent sans cesse leur départ pour des raisons idiotes mais qu'ils prennent très au sérieux en les examinant au cours de nombreux débats stériles -, et puis ces digressions "inutiles" (inutiles si on considère qu'on souhaite avoir une intrigue traditionnelle, ce qui n'est pas le cas ici) qui se contredisent et saupoudrent le tout d'humour absurde, cette vulgarité ici et là à laquelle on ne s'attend pas et qui laisse perplexe....

Je sens qu'il y a de la matière mais je ne sais pas quoi en faire. Dommage, mon côté snob serait ravi si j'arrivais un jour à apprécier pleinement Beckett, ahah ! Si on examine ma lecture, on pourrait dire en résumé qu'il y a les passages qui m'ont plu, et ceux où j'ai été plus ou moins perdue, qui ont fini par m'ennuyer à force d'être trop nombreux (ah oui, Mercier et Camier n'est absolument pas le livre adapté à des trajets en bus et train de 10 minutes, car dès que je reprenais ma lecture je devais revenir en arrière pour raccrocher les wagons, difficile souvent de retrouver le fil ténu et entortillé de leur "histoire".... comme souvent, les circonstances de ma lecture ont dû l'affecter.)

Mon extrait préféré, p. 34 :
"Assis au comptoir ils devisèrent de choses et d'autres, à bâtons rompus, suivant leur habitude. Ils parlaient, se taisaient, s'écoutaient, ne s'écoutaient plus, chacun à son gré, et suivant son rythme à soi. Il y avait des moments, des minutes entières, où Camier n'avait pas la force de porter son verre à sa bouche. Quant à Mercier, il était sujet à la même défaillance. Alors le plus fort donnait à boire au plus faible, en lui insérant entre les lèvres le bord de son verre. Des masses ténébreuses et comme en peluche se pressaient autour d'eux, de plus en plus serrées à mesure que l'heure avançait. Il ressortait néanmoins de cet entretien, entre autres choses, ce qui suit.
1. Il serait inutile, et même téméraire, d'aller plus loin, pour l'instant.
2. Ils n'avaient qu'à demander à Hélène de les loger pour la nuit.
3. Rien ne les empêcherait de se mettre en route le lendemain, à la première heure, et par n'importe quel temps.
4. Ils n'avaient pas de reproches à s'adresser.
5. Ce qu'ils cherchaient existait-il ?
6. Que cherchaient-ils ?
7. Rien ne pressait.
8. Tous leurs jugements relatifs à cette expédition étaient à revoir, à tête reposée.
9. Une seule chose comptait : partir.
10. Et puis merde."


Le cours de litté de la semaine prochaine qui portera sur ce livre est censé éclairer ma lanterne (j'avais écrit éclaircir, n'importe quoi !), nous verrons bien, peut-être vais-je avoir une illumination beckettienne qui va me faire revoir entièrement mon avis sur Mercier et Camier ??? (mais j'en doute, pas vraiment à cause de Beckett mais plutôt à cause du cours qui n'a hélas pas su me séduire jusqu'ici....)

Et la quatrième de couv' :
Mercier et Camier nous invitent au voyage. La contrée qu'ils vont parcourir, une île jamais nommée, est parfaitement reconnaissable. C'est l'Irlande, merveilleusement décrite ici, avec ses landes de bruyères, les jetées de ses ports lancées vers le large pour enlacer la mer, ses sentiers parmi les tourbières, les écluses du canal de Dublin, tout un paysage si cher à Samuel Beckett et si souvent présent en filigrane dans toute son œuvre.
Le but du voyage de Mercier et Camier n'est guère précis. Il s'agit " d'aller de l'avant ". Ils sont en quête d'un ailleurs qui, par nature même, s'abolit dès qu'il est atteint. Leurs préparatifs ont été extrêmement minutieux, mais rien ne se passe tout à fait comme prévu. Il faut d'abord parvenir à partir ce qui n'est pas une mince affaire. Il faudra ensuite rebrousser chemin pour moins mal se remettre en route derechef. Il pleuvra énormément tout au long du voyage. Ils n'ont qu'un seul imperméable à se partager et, après maints efforts, leur parapluie refusera définitivement de s'ouvrir. Leur unique bicyclette va bientôt être réduite à peu de chose : on a volé les deux roues. Cependant, mille embûches ne peuvent les faire renoncer à quitter la ville. Mercier et Camier vont nous entraîner par monts et par vaux, et d'auberges en troquets où le whisky redonne courage. C'est qu'il faut du courage pour affronter leurs rencontres souvent périlleuses avec des personnages extravagants, cocasses ou inquiétants, voire hostiles, au point qu'un meurtre sera commis. De quiproquos en malentendus, de querelles en réconciliations, ainsi va le constant dialogue entre Mercier et Camier qui devisent et divaguent chemin faisant.
Mercier et Camier sont unis dans l'épreuve et, si différents que soient leurs caractères, ils semblent à jamais indissociables. Cette solidarité survivra-t-elle aux péripéties du voyage ? Où vont-ils aboutir et peuvent-ils demeurer inchangés au terme d'une pérégrination si mouvementée ?

 
(Je ne renonce pas, j'aimerais aimer Beckett un jour, je reste persuadée qu'il y a chez cet auteur quelque chose qui a envie de me parler, mais ce n'est tout simplement pas avec ce livre-ci que le vrai déclic se fera, pas encore en tout cas...)
Par Raison-et-sentiments le Jeudi 22 septembre 2011
J'avais déjà dû en parler, mais moi non plus je n'avais pas aimé En attendant Godot ; du théâtre de l'absurde à ce moment de ma vie de lectrice, ça n'a pas marché du tout. Pourtant je veux bien être snob avec toi et scander "un jour j'aimerais (comprendrais) Beckett".
 

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