Jeudi 23 juillet 2009

http://bouquins.cowblog.fr/images/livres/leschoses.jpg~> CHALLENGE ABC 2009, lettre P - 10ème livre lu <~

Sous-titre : "une histoire des années soixante"
 
Quatrième de couverture : Notre époque s'est reconnue dans le roman de Georges Perec. De là son succès immédiat et le fait que son titre ait passé dans le langage courant. Pour nous tous, désormais, l'idée de bonheur est liée aux "choses" que l'on acquiert : divans de cuir, chaussures anglaises, vêtements de cashemire, chaînes haute-fidélité, tapis indiens, tables campagnardes et fauteuils Louis XIII. Mais de quel prix nous faut-il les payer ? Choisirons-nous la liberté ou les choses ? Tel est notre dilemme.

Mon avis : Par certains aspects, ce livre a un peu vieilli. Il décrit avec moult détails un monde d'apparences, d'objets désirés par les héros. Mais c'est un monde sans téléphone portable, sans ordinateur, quasi sans télévision. Lorsque l'auteur parle de la guerre d'Algérie, de certaines rues parisiennes, cela ne me parle pas vraiment, cela devait plus toucher les lecteurs de l'époque. Ce roman, que j'ai un peu de mal à considérer comme un roman d'ailleurs, a une narration très étrange : les temps utilisés sont principalement l'imparfait et le conditionnel. Longue description de la vie, ou plutôt du mode de vie de ce couple. Jérôme et Sylvie ne sont jamais presque jamais dissociés, il s'agit toujours d'"ils", ils ceci, ils cela. Ce qui donnent l'impression, d'une part, qu'ils sont loin du lecteur, loin du monde des vivants, loin de toute action réelle. Mais en même temps, ce "ils" donne aussi l'impression qu'au contraire, l'histoire qui est racontée là est celle de n'importe qui, de plein de gens.
Histoire banale et effrayante d'une existence vide remplie par un désir de possession, de reconnaissance sociale, de richesse. Les héros de ce roman sont incapables de se détacher de ces désirs superficiels : quand, à un moment, ils se retrouvent loin du monde civilisé bourré de tentations matérielles, ils ne sont pas plus capables d'être heureux, ils restent vides, absurdes, leurs rêves de liberté sont creux et faux, et ils n'auront l'impression de revivre que lorsqu'il retourneront en ville. Ils sont abjects, et si semblables à nous ; je pense qu'au final, ce livre n'a nullement vieilli, ce qu'il nous disait en 1965 est encore plus vrai aujourd'hui...

Note à moi-même : Décidément, j'aime Pérec.
Par Raison-et-sentiments le Vendredi 24 juillet 2009
J'ai ai déjà entendu parlé mais ne l'ai jamais lu ni acheté. Il faudra que j'y pense !
Par versager le Lundi 27 juillet 2009
Je suis d'accord, on dirait au premier abord qu'il est vieillot, et en fait on se rend compte que ça correspond toujours à l'actualité, et même encore plus par ce côté vieilli puisqu'on se rend compte que notre actualité sera bientôt vieille aussi et donc aussi vaine que la leur.
Par Hazel le Samedi 12 septembre 2009
Je l'ai acheté aujourd'hui. Je l'entamerai dans les jours qui suivent, j'ai hate de voir ce que ca donne, car c'est la première fois que je m'attaque à Perec.
Par biblio-teck le Vendredi 2 octobre 2009
Je viens de le lire !
J'ai bien aimé. Je vois ce que tu veux dire, le "ça a vieilli". Ajd un roman sociologique comme ça, je pense que c'est à la portée de bcp et c'est le genre de live on se dit "ouais ok, on le sait ça, moi aussi jpeux le dire".
Sauf que là c'est ironique, et c'est ça a un côté neuf. La simplicité, la fausse objectivité. Je ne sais pas. Premier Perec en tout cas j'ai bien aimé.
 

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"La lecture suffit pour arrêter l'intelligence, la nourrir, l'élever, la purifier ; quoique peu fatigante, elle suffit pour éloigner l'oisiveté." Henri Lacordaire

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