Dimanche 25 mai 2008

Quatrième de couverture : « 8 octobre 1908 : Adolf Hitler recalé.
Que se serait-il passé si L'École des Beaux-Arts de Vienne en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, cette minute-là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d'artiste ? Cette minute-là aurait changé le cours d'une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde..
. »

Mon avis : je viens de finir ce livre et je dirais qu'il est assez lourd à digérer, je me sens un peu assommée... on suit en parallèle deux vies : celle d'Hitler (et on apprend à son sujet des tas de choses précises et instructives, sur sa vie, ses goûts, l'histoire de sa famille, ses relations avec les autres... apparemment l'auteur s'est beaucoup documenté !), et celle d'Adolf H. imaginée par Schmitt, la vie qu'il aurait peut-être eu s'il avait été accepté aux Beaux-Arts... effrayant d'imaginer Hitler autrement que comme l'immense criminel qu'il a été, ce qui implique aussi que chacun de nous aurait pu être un criminel ! L'auteur veut illustrer la "théorie du chaos", veut montrer que nos choix, nos vies sont orientées par des choses parfois infimes mais qui ont des conséquences vertigineuses ! Au-delà de cette portée philosophique, Schmitt est un grand narrateur, j'ai déjà dit qu'en général je n'aime pas trop le principe de narration alternée (avec changement de point de vue) qui est pourtant la règle de ce roman, mais là je me suis très bien adaptée. Il y a de vraies trouvailles dans ce roman, j'ai trouvé fascinant par exemple les rencontres d'Hitler avec Freud et les surréalistes... l'auteur a su inventer pour ce roman une foule de personnages tous plus vivants et intéressants les uns que les autres, coup de c½ur pour Onze-heures-trente et Soeur Lucie... cette ½uvre est très riche, il y aurait beaucoup de choses à dire dessus, j'aimerais beaucoup savoir ce que vous en avez pensé !

Mercredi 28 mai 2008

Quatrième de couverture : Edimbourg, 1874. Jack naît le jour le plus froid du monde et son c½ur en reste gelé. Mi-sorcière mi-chaman, la sage-femme qui aide à l'accouchement parvient à sauver le nourrisson en remplaçant le c½ur défectueux par une horloge. Cette prothèse fonctionne et Jack vivra, à condition d'éviter toute charge émotionnelle : pas de colère donc, et surtout, surtout, pas d'état amoureux. Mais le regard de braise d'une petite chanteuse de rue mettra le c½ur de fortune de notre héros à rude épreuve prêt à tout pour la retrouver, Jack se lance tel Don Quichotte dans une quête amoureuse qui le mènera des lochs écossais jusqu'aux arcades de Grenade et lui fera connaître les délices de l'amour comme sa cruauté.
Conte désuéto-moderne mâtiné de western-spaghetti, La Mécanique du C½ur vibre d'une rugueuse force poétique où l'humour est toujours présent. Mathias Malzieu soumet aux grands enfants que nous sommes une réflexion très personnelle sur la passion amoureuse et le rejet de la différence, donnant naissance à un petit frère de Pinocchio qui aurait fait un tour chez les Freaks de Todd Browning.

Mon avis : un conte magnifique, le style est un délice d'originalité et de poésie, l'auteur sait créer une atmosphère douce et fantastique à la fois grâce à des métaphores belles et inatendues, et c'est une histoire d'amour intense qui ne laissera personne indifférent, la fin surtout m'a bouleversée. Un régal, j'ai très envie de lire les autres bébés de Mathias Malzieu ! L'album de Dionysos qui correspond à ce livre est tout aussi enchanteur, et j'adorerais que cette histoire soit adaptée en film d'animation par Tim Burton (soyons fous ^^)

Lundi 16 juin 2008

Quatrième de couverture : Kath, Ruth et Tommy ont été élèves à Hailsham dans les années quatre-vingt-dix ; une école idyllique, nichée dans la campagne anglaise, où les enfants étaient protégés du monde extérieur et élevés dans l'idée qu'ils étaient des êtres à part, que leur bien-être personnel était essentiel, non seulement pour eux-mêmes, mais pour la société dans laquelle ils entreraient un jour. Mais pour quelles raisons les avait-on réunis là ? Bien des années plus tard, Kath s'autorise enfin à céder aux appels de la mémoire et tente de trouver un sens à leur passé commun. Avec Ruth et Tommy, elle prend peu à peu conscience que leur enfance apparemment heureuse n'a cessé de les hanter, au point de frelater leurs vies d'adultes.

Kazuo Ishiguro traite de sujets qui nous touchent de près aujourd'hui : la perte de l'innocence, l'importance de la mémoire, ce qu'une personne est prête à donner, la valeur qu'elle accorde à autrui, la marque qu'elle pourra laisser. Ce roman vertigineux, porté par la grâce, raconte une histoire d'humanité, de conscience et d'amour dans l'Angleterre contemporaine. Ce chef-d'½uvre d'anticipation est appelé à devenir le classique de nos vies fragiles.

Mon avis : J'ai beaucoup aimé la façon dont Kath raconte ses souvenirs, avec précision, en analysant son comportement et celui de ses amis, comme si cette analyse allait lui permettre de comprendre le mystère qui les entoure tous ; dès le début on est plongé dans un monde apparemment semblable au nôtre, mais il se passe des choses inquiétantes, avec des allusions aux "donneurs", aux "accompagnants" et ce n'est qu'au fil de la lecture qu'on comprend de quoi il retourne, et c'est d'autant plus effrayant qu'on s'attache aux personnages concernés par ces horreurs et que toute cette histoire est très crédible et cohérente... un excellent roman !!!

Mardi 17 juin 2008

Quatrième de couverture : Avoir pour amie la fille la plus admirée de la fac, belle, séduisante, brillante, enjouée, audacieuse ? Lorsque Christa se tourne vers elle, la timide et solitaire Blanche n'en revient pas de ce bonheur presque écrasant. Elle n'hésite pas à tout lui donner, et elle commence par l'installer chez elle pour lui épargner de longs trajets en train. Blanche va très vite comprendre dans quel piège redoutable elle est tombée. Car sa nouvelle amie se révèle une inquiétante manipulatrice qui a besoin de s'affirmer en torturant une victime. Au point que Blanche sera amenée à choisir : se laisser anéantir, ou se défendre.

Extrait : « J'avais seize ans. Je ne possédais rien, ni biens matériels, ni confort spirituel. Je n'avais pas d'ami, pas d'amour, je n'avais rien vécu. Je n'avais pas d'idée, je n'étais pas sûre d'avoir une âme. Mon corps, c'était tout ce que j'avais. »

Mon avis : génial, un des meilleurs Nothomb selon moi ! Ce roman cruel montre extrêmement bien comment une personne peut manipuler son entourage, dominer quelqu'un de façon insensée, envahir son foyer, la martyriser psychologiquement, la persécuter... et tout cela sous l'apparence de l'amitié ! Les deux personnages principaux sont fascinants, je me suis trouvée pas mal de points communs avec Blanche, et on continue à se demander, même après avoir achevé notre lecture, qui est vraiment Christa, et pourquoi elle fait tout ça. La fin, ambiguë, inattendue, est magistrale. Elle illustre bien l'étendue du pouvoir de Christa...

Lundi 23 juin 2008

Quatrième de couverture :"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.
Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. "

Mon avis : une belle histoire, très bien écrite... j'ai mis un peu de temps à m'attacher à Renée, je la trouvais un peu trop stricte, un peu trop "hérisson"... mais finalement je crois qu'elle est vraiment formidable (et j'ai tout de suite aimé Paloma, et l'arrivée de M. Ozu est une trouvaille), j'ai beaucoup aimé toutes les réflexions diverses qu'on trouve dans ce livre, il y a des passages qui sont vraiment géniaux, sur l'Art, la philosophie, le temps, l'amitié... un livre plein de tendresse aussi, qui donne envie de boire du thé, et la fin m'a définitivement convaincue (mais elle est terrible...) !!! Je vous le conseille !

Jeudi 26 juin 2008

Quatrième de couverture : Ce roman se passe à Paris. Et pourtant on y croise des crocodiles. Ce roman parle des hommes. Et des femmes. Celles que nous sommes, celles que nous voudrions être, celles que nous ne serons jamais, celles que nous deviendrons peut-être. Ce roman est l'histoire d'un mensonge. Mais aussi une histoire d'amours, d'amitiés, de trahisons, d'argent, de rêves. Ce roman est plein de rires et de larmes. Ce roman, c'est la vie.

Mon avis : la quatrième de couverture est assez énigmatique et pourtant elle résume bien le livre... tout commence lorsque Joséphine, mère de Zoé et Hortense, met à la porte son mari Antoine, au chômage et infidèle. On entre alors dans un tourbillon fantastique, et on se retrouve immergé dans sa vie. Sa vie et celle de ses proches : ses filles et son mari donc, mais aussi celle de sa s½ur Iris, s½ur trop parfaite, de son mari Philippe, de leur mère Henriette, la vieille rombière, de son riche mari Marcel, et de la maîtresse de celui-ci, Josiane. Il y a aussi la maîtresse du mari de Joséphine, les amis de ses filles, sa voisine et meilleure amie, la dynamique et mystérieuse Shirley, plus le bel homme de la bibliothèque, et Florine, et.... ouuuh je sens que je vous embrouille, vous avez peut-être peur de vous perdre dans ce roman de 650 pages aux personnages multiples? Vous ne devriez pas, ils sont tous liés de façon si naturelle, on se familiarise progressivement avec tout ce petit monde, mieux, on s'attache à eux, en effet tout cela est si passionnant car si proche de nous, de nos sentiments, à la fois si complexe et si simple, en un mot si VIVANT ! J'ai adoré ce roman irrésistible qu'on dévore en deux jours et dont on ressort content comme si on s'était fait de nouveaux amis. En ce qui concerne le style, il est fluide, simple, mais certainement pas ennuyeux, beaucoup de passages avec de chouettes métaphores, une jolie phrase qui nous touche, et bing... Lisez-le.

Jeudi 26 juin 2008

Quatrième de couverture : Nom de famille : Salmon, saumon comme le poisson ; prénom : Susie. Assassinée à l'âge de quatorze ans, le 6 décembre 1973. « Mon prof préféré était celui de sciences naturelles, Mr. Botte, qui aimait faire danser les grenouilles et les écrevisses à disséquer dans leur bocal paraffiné, comme pour leur rendre vie. Ce n'est pas Mr. Botte qui m'a tuée, au fait. Et ne vous imaginez pas que tous ceux que vous allez croiser ici sont suspects. C'est bien ça le problème. On n'est jamais sûr de rien... C'est un voisin qui m'a tuée. » Susie est au Ciel, et pourtant son aventure ne fait que commencer...

Mon avis : ouh là là, jamais eu à émettre un avis aussi dur, et autant en décalage avec les compliments de la 4è de couv' (que j'ai pas recopiés ici tellement ça me dégoûte mais que vous pouvez lire ).... j'en suis à la page 128 (sur 350) et mon dieu quel enuiiiiii ! Style fade, histoire lente et mièvre, je m'attendais à un truc fantastique qui parlerait du paradis, de la réincarnation ou un truc comme ça et je me retrouve avec une histoire banale qui évoque la difficulté du deuil.... on sait qui est le meurtrier dès le début, et le seul intérêt de l'intrigue apparemment c'est : les parents vont-ils oui ou non découvrir qui a tué leur fille ? Et en attendant, ils pleurent, oui, ok, la soeur malgré tout reprend goût à la vie grâce à un garçon, oui, et alors ? Cela m'étonnerait que je reprenne ma lecture. A moins que vous ne me laissiez un commentaire pour me dire qu'après la page 128 on a un rebondissement qui rende tout ça passionnant... parce que franchement là, je comprends vraiment pas le succès de ce livre !

Edit : livre rendu à la bibliothèque, je l'ai donc laissé tomber... très rare que je ne finisse pas un livre mais là j'aurais vraiment eu l'impression de perdre mon temps, pas envie de me forcer !

Jeudi 10 juillet 2008

Quatrième de couverture : Bella décide de quitter l'Arizona ensoleillé où elle vivait avec sa mère, délurée et amoureuse, pour s'installer chez son père, affectueux mais solitaire. Elle croit renoncer à tout ce qu'elle aime, certaine qu'elle ne s'habituera jamais ni à la pluie ni à Forks où l'anonymat est interdit. Mais elle rencontre Edward, un jeune homme de son âge, d'une beauté inquiétante. Quels mystères et quels dangers cache cet être insaisissable, aux humeurs si changeantes ? A la fois attirant et hors d'atteinte, au regard tantôt noir et terrifiant comme l'Enfer, tantôt doré et chaud comme le miel, Edward Cullen n'est pas humain. Il est plus que ça. Bella en est certaine.

Mon avis : J'avais pas mal de préjugés contre ce livre, son succès me paraissait suspect, je m'attendais à un truc niais et abracadabrantesque, et j'ai été très agréablement surprise, c'est un roman très réjouissant dont on sort l'âme plus romantique que jamais ! L'héroïne m'est très sympathique (sa maladresse me la rend familière ^^), et Edward, parfait en prince charmant si... spécial. Ce livre m'a captivée de bout en bout : au tout début, lorsqu'on ignore encore qui est Edward, l'auteur parvient à nous allécher, à nous intriguer complètement ; puis il y a une période de béatitude très plaisante (aaaaaah la scène de la clairière.... quel bonheur !!!) qui se gâte dans la dernière partie du livre où on est stressé à mort.... une histoire d'amour absolue et hyperbolique comme il n'en existe jamais dans la vie réelle, mais tellement séduisante ! J'aimerais bien lire les autres tomes, mais pour le moment la fin du premier tome me convient bien, je suis contente (j'avais peur que la fin soit chaotique et m'oblige tout de suite à acheter les autres tomes, j'aurais pris ça comme une stratégie commerciale dégoûtante, mais ce n'est pas le cas, donc tout va bien !) En un mot, un livre qui porte bien son nom...

Samedi 19 juillet 2008

Quatrième de couverture : "M. Lisbon continuait d'essayer de la dégager, doucement, mais même dans notre ignorance nous savions que c'était sans espoir et qu'en dépit des yeux ouverts de Cecilia et de sa bouche qui ne cessait de se contracter, ce n'étaient que les nerfs et qu'elle avait réussi à s'arracher du monde."
Des adolescents amoureux s'efforcent de percer le mystère des filles Lisbon. Du haut d'une cabane nichée dans les arbres, ils passent leur temps à scruter les fenêtres de leur maison. Vingt ans plus tard, ils rassemblent des fragments de ragots et de ouï-dire, de conversations téléphoniques, de rapports de médecins et de confessions crues et tourmentées. Autant de pièces à conviction qui expliqueront peut-être les morts successives de Cecilia, Therese, Bonnie, Lux et Mary.

Mon avis : Un roman rédigé à la première personne du pluriel, mais ce "nous" est flou, il désigne simplement un groupe d'adolescents liés par leur amour pour les filles Lisbon. Il y a trois groupes de personnages, si indéfinis qu'on dirait qu'il s'agit de trois personnages : d'une part, les adolescents qui enquêtent sur les filles Lisbon (et qui au moment de la narration sont adultes, amis on ne sait rien d'eux ni de leur vie, on ne s'attache pas à eux, et pourtant on s'identifie à eux en tant que personnes qui cherchent à comprendre les filles Lisbon) ; il y a le groupe des filles Lisbon, ces filles mystérieuses, inaccessibles, sublimées par l'amour des garçons, élevées au rang de déesses dont on garde religieusement toutes les affaires, dont on interprète sans fin chaque geste, l'enquête que les garçons mènent à leur sujet est si fouillée, si précise, c'est effarant, ils semblent presque fous dans leur quête de vérité ! Et enfin il y a le groupe des "autres", des adultes, des parents, des voisins, ceux qui croient savoir et qui n'y comprennent pourtant rien. Leurs noms sont fréquemment évoqués mais ce sont comme des mannequins, ils ne renvoient à aucune personnalité particulière, seule leur ignorance, leur indifférence, leur distance avec les filles Lisbon est notable.

Alors tout tourne autour des s½urs suicidées, ce livre fait résonner un énorme POURQUOI, les hypothèses évoquées à la fin sont terrifiantes, et franchement déprimantes... un livre sensuel, fascinant, envoûtant, les relations entre les garçons et les filles Lisbon sont troubles, presque malsaines... le style est magnifique, empli d'images uniques, divinisant, un peu fou parfois. Il se dégage de ce livre une atmosphère intense de mystère et d'incompréhension, je regrette certaines longueurs au milieu mais elles ne durent pas et les péripéties qui suivent sont si terribles et inattendues qu'on pardonne ce léger ralentissement, qui je pense est volontaire et nécessaire avant la fin si... vous verrez ^^. J'ai du mal à m'exprimer au sujet de ce livre, j'en suis encore toute retournée, je ne sais pas si je suis très claire... mais franchement lisez-le. Je vais bientôt voir le film, je vous donnerai alors mon avis pour clore cet article !

Film : fidèle au livre et surtout à son esprit, une ambiance unique, des acteurs et actrices bien choisis, musique parfaite aussi... développer mon avis sur le film reviendrait à répéter en gros ce que j'ai pensé du livre ! Vive Sofia Coppola...

Citation : "Nulle intensité érotique n'égala jamais le silence dans lequel Lux l'écorcha vif."

Mercredi 6 août 2008

Quatrième de couverture : Pauline et Claudine sont des soeurs jumelles que tout oppose : Pauline, rebelle, fidèle en amour, refuse le compromis. Fonceuse et paumée à la fois, un peu hardcore, un peu actrice, Claudine aime qu'on la désire. Pourtant quand Claudine se suicide, la soeur ennemie prend sa place. Elle s'enivre d'imposture, de succès et d'illusions. Chasse aux dupes de la réussite, jeu des faux semblants, plongée dans le monde frelaté des corps factices qui se vendent entre, marketing et cosmétiques, parfois au rayon de la prostitution. Le troisième roman de Virginie Despentes est le portrait à l'acide d'une femme d'aujourd'hui, garce et martyre, mutante et héroïne.

Mon avis : un chouette bouquin, style un peu saccadé, qui s'attache beaucoup à décrire les sensations, les atmosphères, on s'attache vite à Pauline, qui en endossant l'identité de sa s½ur défunte, se retrouve plongée dans un monde nouveau, malsain, opposé au sien, et dans lequel elle n'a aucun repère... et progressivement elle va elle-même changer, et comprendre cette s½ur ennemie, peu à peu on apprend leur histoire commune, leurs problèmes familiaux etc., je trouve que les personnages ont une certaine profondeur, cet aspect m'a beaucoup plu. Pour le ton, ça m'a un peu fait penser à Beigbeder, et à Lolita Pille aussi, c'est parfois tendre, parfois plus trash (scènes de sexe...) et désabusé. J'ai parfois trouvé le style un peu simple, et le milieu décrit (où tout le monde est jeune, riche, drogué et débauché) n'est pas mon sujet préféré, mais ce livre a cependant du charme, j'aime bien. J'aimerais bien voir le film (avec Marion Cotillard dans le rôle principal)

Vendredi 8 août 2008

Quatrième de couverture : A quinze ans, Michaël fait par hasard la connaissance, en rentrant du lycée, d'une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours, et l'un de leurs rites consiste à ce qu'il lui fasse la lecture à haute voix. Cette Hanna reste mystérieuse et imprévisible, elle disparaît du jour au lendemain.
Sept ans plus tard, Michaël assiste, dans le cadre de des études de droit, au procès de cinq criminelles et reconnaît Hanna parmi elles. Accablée par ses coaccusées, elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michaël comprend soudain l'insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée, et aussi cet étrange premier amour dont il ne se remettra jamais.

Mon avis : un livre coup de c½ur, très riche, qui mêle amour, adolescence, mystère, et Histoire.... les romans/témoignages qui évoquent la Seconde Guerre Mondiale sont nombreux, côté victimes (un des plus frappants est sans doute Si c'est un homme de Primo Levi), ou bourreaux (ex La mort est mon métier de Robert Merle). Ici on a un point de vue hors du commun, celui d'un jeune homme amoureux d'une ancienne SS ; il ignore son passé au moment de leur liaison, et même nous, lecteurs, qui savons à peu près ce qui nous attend, nous ne pouvons nous empêcher de nous attacher à Hanna, de la trouver sympathique... et quand on apprend progressivement ce qu'elle a fait, et pourquoi, tout devient plus trouble, on ne sait que penser... tout le roman n'est pas centré sur le côté historique mais au contraire sur les personnages, leurs sentiments, on ne peut que s'identifier et se demander quelle serait notre réaction en pareil cas.... une belle histoire donc, qui fait réfléchir, et qui est portée par un style brillant, à la fois fin et sensible....

Samedi 9 août 2008

Quatrième de couverture : Un simple échange entre enfants. Pas un timbre-poste, ni un jouet, ni un autocollant. Une BD, échangée contre un banal tuyau en plastique. Un acte anodin au départ. Mais avec le temps, le Superman numéro un a pris une immense valeur. Et Harvey, devenu libraire, de bandes dessinées justement, ne rêve que de le récupérer. C'est même une obsession, le seul but de sa vie d'adolescent attardé : retrouver ce comic rarissime... Mais après toutes ces années d'attente, son scénario longuement mûri va dérailler, et il se retrouvera pris dans un imbroglio impitoyable.
Conseil de l'éditeur : ne commencez ce livre que si vous avez du temps, car vous ne pourrez pas le lâcher.

Mon avis : un livre tout à fait divertissant, idéal pour se détendre, pas de commentaire particulier à faire sur le style. Le ton est assez drôle, alors que l'intrigue en elle-même est plutôt flippante à certains moments, le héros est attachant, un peu boulet.... et il se retrouve dans une drôle de situation, c'est bien ficelé, mais j'ai trouvé la fin trop rapide. Un livre très sympathique, lu d'une traite, mais je ne pense pas que j'en garderai un souvenir impérissable.

Extrait : "Harvey avait l'impression que ça ne s'arrêterait jamais. Pourquoi avait-il assisté à cette insupportable réunion dans cette petite ville merdique, pour se retrouver avec des gens affreux qui lui posaient des questions impossibles au petit déjeuner et lui faisaient manger des choses épouvantables qui avaient le goût de la mort ? Il frémit de la tête aux pieds."

Note sur le titre : "Swap" est un terme financier qui désigne un échange, en gros.

Lundi 25 août 2008

Quatrième de couverture : Sous la forme des mémoires d'une célèbre geisha de Kyoto, un grand roman sur un univers secret et étonnant, où les apparences font loi, où les femmes sont faites pour charmer, où la virginité d'une jeune fille se vend aux enchères et où l'amour doit être méprisé comme une illusion.

Une petite fille de neuf ans, aux superbes yeux gris bleu, tels ceux de sa mère qui se meurt, est vendue par son père, un modeste pêcheur, à une maison de geishas : ainsi commence l'histoire de Sayuri dans le Japon des années trente. C'est à travers son regard d'enfant malheureuse que l'on découvrira Gion la décadente, le quartier du plaisir à Kyoto, avec ses temples resplendissants, ses théâtres raffinés et ses ruelles sombres. C'est à travers son initiation et sa métamorphose que l'on apprendra l'art d'être geisha, les rites de la danse et de la musique, les cérémonies de l'habillage, de la coiffure et du thé, comment il sied de servir le saké en dévoilant à peine son poignet, comment surtout il faut savoir attirer l'attention des hommes et déjouer la jalousie des rivales.
Née sous le signe de l'eau, n'agissant jamais sans consulter son almanach, franchissant épreuve sur épreuve, Sayuri nous entraîne dans le tourbillon des choses de la vie, futile et tragique comme la Seconde Guerre Mondiale qui détruira Gion. Femme amoureuse toutefois, éprise d'un homme de qualité, convoitée par son ami, elle raconte aussi, toujours de sa voix limpide et inoubliable, la quête sans cesse recommencée de la liberté.

Mon avis : J'en avais beaucoup entendu parler, et je ne suis pas déçue : Geisha est un livre très instructif, on se retrouve immergé dans la culture japonaise, et plus particulièrement dans le monde des geisha des années trente, on découvre à quel point ce métier est complexe et passionnant... or toutes ces descriptions ne rendent nullement le roman ennuyeux : Chiyo est une héroïne très attachante, on est vraiment captivé par sa vie, on espère avec elle qu'elle réussira à séduire celui qu'elle aime... MAGNIFIQUE ! J'ai maintenant hâte de voir le film, qui semble très bien aussi.

Lundi 25 août 2008

Quatrième de couverture : Au-dessus des hommes, les Anges.
Au-dessus des Anges, les Dieux.
Au-dessus des Dieux :
?
Après Nous, les Dieux (2004) et Le Souffle des Dieux (2005), Le Mystère des Dieux est le troisième volet de la trilogie du Cycle des Dieux.

Mon avis : Ah quel plaisir de retrouver l'univers de Bernard Werber, cela faisait longtemps... ! J'ai préféré ce tome au précédent, plus de rythme, plus de suspense... quelques bémols toutefois : le style, trop "scientifique", trop simple à mon goût (je dois m'être trop habituée à des styles plus spécifiquement littéraires) ; et les répétitions : il y a beaucoup de passages de l'Encyclopédie que je connaissais déjà, ce sont toujours un peu les mêmes idées qui reviennent (je sais bien qu'elles sont importantes et que le lecteur peut avoir besoin qu'on lui rafraichisse la mémoire, mais tout de même...) Enfin j'aime toujours autant la vision de la spiritualité qu'a Werber, le fond rattrape amplement les quelques réserves que j'ai pu faire pour la forme... j'aime beaucoup le personnage de Delphine, et j'ai été bluffée par la fin, qui est parfaite à mes yeux...

Lundi 1er septembre 2008

(livre découvert grâce à oh-des-livres, merciiiii)

Quatrième de couverture : Une villa, sur une île, au plus fort de l'été. Un jour, un homme débarque et se présente comme l'ami de Philip. Seulement Philip n'est pas là. Il n'arrivera que demain, après-demain au pire, on ne sait pas. Et c'est là que s'opère un premier tri dans le collège des hommes: ceux qui d'emblée incommodent, et ceux qui s'installent. Celui-là s'installe, il se fond même tellement au décor qu'il s'avère vite le convive parfait, l'élément distrayant. Sur trois générations il n'en finit pas d'asseoir une sorte d'emprise, sinon de charme, au point que certains en viennent à le trouver irrésistible, et d'autres indispensable. Seul André-Pierre a décidé de se méfier. Il n'aime pas ce genre de type, balnéaire et bronzé, André-Pierre qui ne cesse de ressasser cette question: mais pourquoi Philip n'arrive-t-il pas? Pour lui tout alimente l'inquiétude, jusqu'à cette canicule qui entête, qui échauffe les corps avant les esprits. Jamais il n'a fait aussi chaud, jamais la mer n'est apparue aussi souhaitable et haute, juste là, en bas des marches, par où Philip arrivera.

Mon avis : Ne vous forcez par à lire le résumé moi je ne l'avais pas lu. UV est un livre fort étrange qui se définit surtout à mon avis par un style qui instaure une atmosphère tout à fait particulière... au début de la phrase, du paragraphe, du chapitre, du livre, tous ces mots semblent un peu abstraits, bien jolis certes, mais on se demande où l'auteur veut en venir, où ce soleil paresseux et cet inconnu injustifié vont nous mener, et progressivement, tout s'installe, on n'est pas plus avancé, mais on est intrigué, on ne sait quel parti prendre, que penser de tel et tel personnage... objectivement il y a "peu" d'action et pourtant cette histoire bizarre est pleine d'intérêt, on se sent concerné, on se demande comment cela va finir... et la fin justement, est à la hauteur du livre, bizarre et inattendue, sur le coup j'ai regretté que cela ne soit pas plus explicite, mais maintenant je trouve cela mieux, tout à fait dans l'esprit du livre, et... je viens d'apprendre que le film est sorti l'an dernier, j'aimerais bien le voir même si à moins avis il ne peut rendre le style si spécial de ce roman que je vous conseille si vous voulez lire un bouquin court et original !

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"Peu de livres changent une vie. Quand ils la changent c'est pour toujours." Christian Bobin

Un livre au hasard

Il ne se passait rien...
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